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Minorités spirituelles et abus sexuels ?

Par André Tarassi (Janvier 2006)

Introduction

Quelques leaders spirituels dans la tourmente

Conclusion générale

Sexe et Pouvoir, politiciens et leaders spirituels, un traitement inégal

Anne A. Simpkinson, dont les propos visent à dénoncer les déviances sexuelles dans les groupes spirituels aux États-Unis, dit ceci dans son ouvrage « trahison de l’âme » : Au milieu des années 1980, la vague d’articles détaillant les accusations à l’encontre de prêtres catholiques au sujet de leur conduite avec des adolescents, a déchaîné une succession de révélations sur le comportement de nombreuses autorités spirituelles dans pratiquement toutes les religions. Depuis, de nouvelles accusations surgissent régulièrement. Il ne se passe guère un mois sans qu’émerge une nouvelle au sujet d’un prêtre, d’un rabbin, d’un pasteur, d’un roshi ou d’un swami accusé ou démissionnant à cause d’abus sexuels. (…) Il serait tentant de montrer du doigt un groupe ou un autre et de dire “c’est leur faute, si on les mettait tous en prison, si on les éliminait, il n’y aurait plus de ces abus ! ». Cela ne serait pas une solution raisonnable ni même réalisable (sic). Si les abus ont toujours existé c’est à cause de certains principes que l’on traite avec plus ou moins de succès. L’un d’eux est appelé le « transfert ». Freud a été le premier à formuler ce concept qui se rapporte à notre capacité à transférer des sentiments du passé sur des individus du présent dans le but de revivre et résoudre une expérience antérieure. Le transfert ne permet plus de voir la personne telle qu’elle est réellement, mais à travers nos projections (…) les autorités spirituelles sont les objets de transferts.

Ces paroles d'Anne Simpkinson sont celles de quelqu’un qui comprend, pour les avoir étudiés, les problèmes relationnels humains mais elles révèlent aussi ce parti pris, maintenant généralisé, qui fait de la religion ou de la spiritualité la cause des déviances dans l’expérience humaine (spiritualité = violence, spiritualité = déviance sexuelle, spiritualité = enrichissement illégal).

La plus grande partie de son ouvrage, prise au premier degré, peut donner la nausée et inciter insidieusement, bien que sans doute involontairement, à fuir toute démarche spirituelle. Ce n'est peut-être pas l'objectif, bien que la tendance soit globalement au discrédit dans ce domaine. Ce genre de littérature me semble être le produit de cette douloureuse relation que nos sociétés ont actuellement avec la spiritualité. Heureusement, elle termine avec ces mots plus inspirés :

(…) La capacité à abuser de quelqu’un d’autre est “dans nos arrière-cours” et le point important de cette affirmation est que ce n’est pas seulement dans nos arrière-cours mais en chacun de nous.

Laissons donc les discours convenus et les citations et observons le problème sous un angle nouveau : Il y a deux aspects à la problématique de l’abus de pouvoir (profiter de son influence pour assouvir des besoins personnels)  :

- D’une part, ce phénomène ne peut être nié.  (Lire "Manipulations quotidiennes")

- D’autre part, ce phénomène n'est pas circonscrit aux religions et aux nouvelles formes de la spiritualité mais concerne la nature humaine. (Lire "la parole manipulée")

Ceci étant posé comme un postulat raisonnable, il découle qu’un autre abus invisible se dessine dans ce contexte : la dénonciation de la quasi-totalité des leaders spirituels de ces trente dernières années est en grande partie due à l’utilisation de cette campagne de stigmatisation des minorités spirituelles qui a permis et permet encore à de nombreuses personnes de régler des comptes personnels par le biais de ce sujet sensible. Nous sommes tous copieusement informés des accusations mais nous n’avons pas conscience de l’énorme quantité d’affabulations, d'exagérations et de diffamations plus ou moins intentionnelles sur le sujet.

Les quelques grandes affaires de ces dernières années, résumées ci-dessous, qu’elles aient abouti à des condamnations ou non, le confirment et apportent une perception d’ensemble plus équilibrée et instructive que celles fournie par les médias traditionnels.

Note : Des liens conduisent au site Internet de chacune des personnalités, non pour faire la promotion de leur enseignement, ce qui n'est jamais l'objet du CICNS, mais dans le but d'équilibrer l'information à leur sujet tant le déploiement des allégations anonymes les plus grossières est grand sur Internet.

Deepak Chopra (Mars 2000)

Deepak Chopra a été blanchi par la justice après une délibération de 10 minutes. Le jury a rejeté la plainte d’une ancienne collègue, Joyce Weaver, qui l’accusait d’avoir été licenciée parce qu’elle se plaignait de harcèlement sexuel. «Le verdict du jury, unanime, déclare qu’elle a menti, qu’elle a fabriqué cette histoire et que Chopra a dit la vérité » a ensuite rapporté son avocat, Michael Flynn.

Swami Chetanananda(Août 2005)

Quelques adeptes ont accusé Swami Chetanananda (J. Michaël Shoemaker) de les avoir exploités financièrement et sexuellement. L’une d’entre elles, Dana Swift, une barmaid, raconte qu’elle avait été très attirée par « l’énergie divine » de cet homme qui « la rendait euphorique ». Au cours des rencontres avec lui, elle a noté que certains disciples suivaient le Swami dans ses appartements après les conférences. Swift est parvenue à faire partie de ce cercle intime qui l’attirait. En avril 1998, elle dit que le maître lui a finalement fait une proposition sexuelle. Quelques autres femmes ont fait les mêmes affirmations, mais sous couvert de l’anonymat. A la suite de ces accusations, Swami Chetanananda a déclaré officiellement qu’il lui arrivait d’avoir des rapports sexuels avec des femmes majeures et consentantes. Dans un texte qu'il a écrit pour l'occasion, il déclare que ces affaires sont le produit "d'un petit cercle d'anciens membres qui se rassemblent de manière régulière afin de planifier la distribution de calomnies sur Internet... Les allégations sont non seulement des mensonges mais les distorsions sont si grossières qu'il est tout simplement impossible d'y répondre". Diane Asay, disciple actuelle du Swami, confirme avoir vu certaines d’entre elles se battre pour « accéder à son lit » et que celles qui n’avaient en réalité pas obtenue ce qu’elles voulaient étaient maintenant parties en croisade pour le détruire. Pas de procès mais la rumeur circule.

L’existence d’une secte sexuelle satanique créée de toutes pièces, selon le tribunal. (Janvier 2004)

La justice allemande a déclaré que les accusations de tueries rituelles, de cannibalisme et de rites sexuels par une supposée secte satanique avaient été montées de toutes pièces. Les accusations provenaient d’une femme qui disait avoir été victime pendant 18 ans d’abus sexuels par des membres de cette secte. Elle avait construit une accusation si élaborée qu’elle racontait en détail comment elle avait dû subir les avortements répétés au cours de certaines cérémonies pendant que d’autres victimes y étaient tuées, découpées en morceaux et dévorées. Cette femme de 33 ans affirmait que les rituels se déroulaient dans la région de Trier, dans l’Allemagne de l’ouest et en Belgique. Horst Roos, le procureur général, a déclaré que l’enquête avait démontré que ces allégations étaient fausses.

Prêtres catholiques victimes de fausses accusations :

1) Après une délibération de sept heures et demi, Robert Schaeufele, prêtre catholique, connu sous le nom du « jovial frère Bob », a été acquitté. Les deux prétendues victimes disaient avoir été abusées par lui en 1984, quand elles avaient 9 et 10 ans. Son avocat a déclaré que Schaeufele était, lui, victime, de l’obsession de la société au sujet des abus sexuels perpétrés par des prêtres, un climat qui conduit facilement à de fausses accusations pour des règlements de compte. Il compare ces procès aux chasses aux sorcières du passé. « Schaeufele est innocent et honnête » dit-il.

2) Monseigneur Michael Smith Foster est retourné à sa paroisse des environs de Boston, non coupable des accusations faites à son encontre. « Je suis profondément touché par votre amour et votre soutien » a-t-il déclaré à l’assemblée réunie à son église pour l’accueillir. Un ancien enfant de chœur, Paul R. Edwards, l’avait accusé de l’avoir régulièrement agressé sexuellement dans sa chambre entre 1980 et 1985. Le prêtre avait été suspendu. Les déclarations se sont révélées progressivement pleines d’erreurs factuelles et de mensonges.

3) Un juge a acquitté un autre prêtre catholique, Raymond Larger, 54 ans, accusé du viol d’un enfant de choeur dans les années 1990. Après avoir entendu le témoignage de deux heures de l’accusé de 21 ans, le juge s’est écrié : « Nous ne pouvons aller plus loin avec ce témoignage dont il est impossible de croire un mot. En toute conscience, je ne peux pas permettre que ceci se continue !». Raymond Larger est sorti de la salle d’audience embrassant sa famille et parlant de son accusateur : « Je lui pardonne tout à fait, je souhaite le meilleur pour lui maintenant ».

Swami Muktananda (Novembre 1994)

Les accusations, portées un peu avant le décès de Swami Muktananda (Baba), en 1982, disaient qu’il avait rompu son voeu de célibat. Elles ont été publiées en 1983 dans un article du CoEvolution Quarterly écrit par William Rodarmor. L’article était basé sur l’interview de 25 apostats de SYDA détaillant les supposées activités sexuelles de Muktananda avec de très jeunes femmes disciples. Du vivant de Muktananda, rien n’avait pourtant été publié, bien que quelques accusations commençaient à apparaître, verbalement, dans les dernières années de sa vie, juste avant qu’il désigne ses successeurs au sein de l’ashram. Il y avait d’ailleurs répondu par un texte, "Un message de Baba" dans lequel il citait Kabir, le poète du 15° siècle: L’éléphant se déplace à son rythme quand les chiens suivent derrière en aboyant, ajoutant que les disciples devaient connaître la vérité à partir de leur propre expérience et non par ce qu’ils lisent ou entendent. Les plus proches disciples de Muktananda, vivant parfois dans des chambres à côté du Swami, affirment qu’ils n’ont jamais rien vu ou entendu qui pourrait confirmer les attaques de ces apostats. Pas de procès mais la rumeur continue de circuler.

Sathya Sai Baba (1976 à nos jours)

Sathya Sai Baba a des millions d’adeptes dans le monde. Le chiffre exact est inconnu. Il est considéré, en Inde, comme un des sages les plus influents, un dieu vivant. Le premier ministre est un de ses fervents disciples, le chef de la police est son chauffeur. Il est réputé pour faire apparaître la cendre sacrée (Vibhuti) de ses doigts et pour ses miracles. Son ashram ne désemplit pas depuis des années. Pourtant, à l’instar de nombreux autres leaders spirituels dans le monde, et peut-être de manière plus intense encore, il est accusé d’avoir continuellement abusé sexuellement de jeunes garçons à son ashram. Les premières accusations datent de 1976, quand Tal Brooke, ancien adepte américain, écrivit « Avatar of Night ». Les allégations sont plausibles mais une explication alternative à cette rumeur est proposée par un adepte, Stuart Jones, qui indique que Sai Baba, au cours d’un dialogue privé ou public, masse parfois avec de l'huile certains points du corps en rapport avec des « centres d’énergie » (chakra). Carole Alderman, fondatrice de son œuvre de charité, déclare : « J’ai assisté à de nombreux miracles, j’ai vu des gens arriver sur des chaises roulantes et repartir en marchant. Je l’ai vu matérialiser toutes sortes de choses de nulle part, plusieurs fois par jour. J’ai pu constater qu’il savait tout. Pourquoi ma parole serait-elle moins vraie que la leur ? » et quand on l’interroge sur les accusations sexuelles, elle répond : « C’est sans fondement, tous ceux qui le connaissent le savent ». Bien que ces accusations circulent depuis plus de trente ans, Sai Baba n’a jamais été accusé officiellement et n’a jamais été appelé à comparaître en justice en Inde.

Sri Swami Satchidananda (1991)

Un soir de 1991, quelques anciennes disciples d’un célèbre maître de Yoga, Sri Swami Satchidananda, ont brutalement interrompu sa conférence dans un grand hôtel. « Comment pouvez-vous vous considérer comme un leader spirituel quand vous avez abusé sexuellement des femmes de votre communauté ? », l’interpelle Susan Cohen. Le sage à la barbe grise, âgé de 76 ans, assis en tailleur dans sa robe couleur safran n’a pas semblé perturbé par cette interruption. Il a même murmuré « Merci », ce qui a fait rire l’assemblée, puis a repris le cours de sa présentation sur la voie pour trouver la paix intérieure … alors que ses belligérantes quittaient la salle. Susan Cohen et Sylvia Shapiro l’accusent de les avoir forcées à une relation sexuelle alors qu’elles étaient ses secrétaires … 20 ans plus tôt.

Un des proches disciples du vieil homme pense qu’il est assez normal qu’une personne ayant des milliers d’élèves provoque des mécontents capables d’accusations infondées. Aucun procès n’a été intenté contre lui. Un journaliste l’a interrogé en privé sur ces accusations auxquelles il a répondu en disant « Elle savent que tout cela est faux. De plus, ma vie est un livre ouvert, je n’ai jamais rien caché à personne ».

Ananda (Mars 1999)

Ananda Church of Self-Realization (différente du Self realization Fellowship, créé par Yogananda) a été fondée dans les années 1960. Dans leur église, on voit les portraits de Yogananda et de son maître Sri Yukteswar ainsi que de Babaji.

En 1998, le tribunal de Redwood, a fait comparaître Donald J. Walters (appelé Swami Kriyananda), Levin, autre leader du mouvement et l’église elle-même, en tant que personne morale, pour abus sexuel sur d’anciens membres. Six femmes sont venues affirmer à la barre que le Swami les avait abusées quand elles avaient 20 ans. L’église a finalement été condamnée à payer 300 000$ , Walters 400 000$ et Levin 30 000$.

Jon Parsons est l’avocat d’Ananda depuis les années 1980. Il dit de ses membres et leaders : “Je les connais tous et je les trouve tous, sans exception, sincères, dévoués et honnêtes ». Il pense que l’attaque, très bien montée, est due à des personnes qui ont une rancœur passée, comme des amoureuses éconduites, en particulier l’une d’elles que Levin, marié, père d'une enfant, avait repoussée. Walters a admis avoir eu des relations sexuelles avec des femmes mais qu’il s’agissait de relations consentantes et sans abus. Les vidéos qui le montrent au tribunal ont fait dire, même à ses plus féroces adversaires, qu’il s’est toujours comporté comme un gentleman très raffiné, un peu vieille Angleterre, même à l’écoute des descriptions les plus humiliantes et qu’il jugeait pourtant mensongères.

Yogi Amrit Desai (1994)

En octobre 1994, Yogi Amrit Desai, directeur spirituel et fondateur du Kripalu Center for Yoga and Health à Lenox dans le Massachusetts (USA), démissionne après avoir admis avoir eu des relations avec cinq femmes, sur plusieurs années, à la suite du scandale que ces révélations avait créé. L’enseignant spirituel de 62 ans était jusque-là considéré par tous comme une personne douce et inspirante. Le centre Kripalu est ensuite passé par une intense catharsis mêlant enseignants, disciples et thérapeutes, afin de traiter, parfois de manière très émotionnelle, toutes les frustrations et les peurs que cette situation avait éveillées. Le résultat est que le centre existe toujours, avec un personnel différent, qui se dit « grandi par cette expérience ». Il n’y a pas eu de procès. Les relations admises par le leader spirituel étaient socialement admissibles, dans la mesure où elles avaient existé entre personnes majeures.

Sogyal Rimpoche(1995)

En décembre 1995, le premier procès historique contre un enseignant Bouddhiste s’est résolu par une médiation. Le procès, qui avait commencé en novembre 1994, contre le Lama Sogyal Rimpoche, l’accusait d’avoir incité, pendant 19 ans, ses étudiantes à avoir des rapports sexuels avec lui, « profitant de leur vulnérabilité et de la croyance qu’elles atteindraient l’illumination en servant les besoins sexuels et autres besoins de leur maître Sogyal ». La défense de Sogyal a suggéré un règlement financier à l’amiable, accepté par les plaignantes. Même si Sogyal Rimpoche n’était pas un moine et n’avait pas fait vœu de chasteté, il est certain que la réputation d’ascétisme du bouddhisme a été considérablement amoindrie après cette affaire.

ISKCON (Hare Krishna) (2000)

En 1998, un procès à 400 millions de dollars est intenté contre l’International Society for Krishna Consciousness (ISKCON), un million de membres dans le monde et 75 000 aux États-Unis et au Canada. Le mouvement a été fondé par le maître indien Srila Prabhupada en 1966. Une des accusations concerne d’hypothétiques abus sexuels sur de jeunes enfants entre 1972 et 1990 par certains membres du mouvement aux USA.

ISKCON a déclaré qu’ils avaient eu connaissance d’abus de la part de membres dans le passé mais qu’ils avaient immédiatement créé des organes dans chaque gurukala (centre spirituel) afin de protéger les enfants et les femmes. Mais c’est toute la réputation du maître et de son enseignement qui a été affectée par ces informations. En France, ceux que l’on appelait les « Hare Krishna » ont presque totalement disparus, à la grande satisfaction affichée de certaines autorités travaillant à l’éradication des minorités spirituelles et alors même que, depuis leur absence, on entend certaines personne affirmer qu'ils n'étaient pas si méchants et juste un peu "folkloriques" (Voir l'intervention de Mme Katz de la Miviludes à une émission télévisée avec Jean-Luc Delarue). Une religion établie comme le Catholicisme a, elle, bien survécue aux accusations de pédophilie de centaines de prêtres.

Sri Chinmoy

Le cas de Sri Chinmoy est étalé sur Internet. D’anciennes disciples témoignent avoir été abusées sexuellement par leur « gourou vénéré », qui (inévitablement) « avait un tout petit sexe » et « avait bien du mal à avoir une érection », d’autres parlent du fait qu’il se disait végétarien, mais aurait été surpris plusieurs fois en train de manger de la viande (« goulûment », comme dans cet exemple où le maître venu attendre une de ses disciples à l’aéroport (quand tout le reste de la littérature hostile laisse plutôt penser qu’il confierait cette tâche à quelqu’un d’autre), cette dernière arrive plus tôt que prévu et surprend donc son gourou mangeant (« comme un porc ») des morceaux de poulets en l’attendant et « très gêné » d’être découvert (il fallait donc qu’il soit à l’aéroport pour s’adonner au vice de manger du poulet alors qu’il ferait tout pour le cacher habituellement ?). Aucun procès contre Sri Chinmoy depuis toutes ces années, seulement des témoignages, souvent anonymes parce que « Sri Chinmoy  les menacerait ».

Sri Chinmoy n’est pas intervenu publiquement sur ces questions et a demandé à ses adeptes de ne pas répondre à ce qui était déversé sur Internet. Sri Chinmoy est décédé le 11 octobre 2007.

Le Mandarom (Gilbert Bourdin, Hamsah Manarah) (1993 à aujourd'hui)

L'exemple le plus proche de nous, en France. Une certaine Mme E témoigne dans le journal La Croix en 1993 : « Je ne pense pas qu’il y ait eu de problème de drogue, comme la rumeur l’a laissé supposer. Je puis affirmer en revanche que se pratique une exploitation sexuelle. Des centaines de femmes ont été sollicitées sexuellement. Le maître laisse valoir la nécessité de séances initiatiques. Comment expliquer autrement la quantité invraisemblable de divorces chez les couples qui ont fréquenté le MANDAROM ?» L'association des chevaliers du lotus d'or attaque en diffamation. La diffamation est reconnue par le TGI de Paris le 25/10/1993.

Par la suite, Mme F.R évoque également le viol. Sur la base de son témoignage 18 disciples et Gilbert Bourdin sont arrêtés le 12 juin 1995. F. R, B. N vont écrire un livre et seront condamnés  par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, le 17/11/95, pour ne pas avoir respecté la présomption d’innocence. La plainte de F.R s'est terminée en non lieu le 13 novembre 1998 après le décès de Gilbert Bourdin.

Conclusion générale :

 

Aujourd’hui, sur une accusation identique, les médias et nos concitoyens ont finalement plus de clémence et moins d'intransigeance envers les hommes politiques qui sont responsables d'une nation entière, et pour qui la présomption d'innocence, voire parfois l'immunité, est appliquée, contrairement à ce qui se pratique pour les leaders spirituels qui conduisent de petites communautés. Il nous semble qu'on accorde en tout cas à ces derniers une attention particulièrement malveillante compte tenu de la corruption de certaines personnalités politiques qui ont, elles, un véritable pouvoir d'influence sur l'humanité. En clair, notre société s'est habituée à créer et dénoncer des boucs émissaires qui servent à détourner l’attention.

 

L'affaire d'Outreau en France nous a-t-elle enseignés les limites de nos préjugés, de nos certitudes et de nos peurs (2) ? Les exemples ci-dessus ne sont-ils pas la démonstration d'une cacophonie et d'un parti pris ?

 

La plupart des cas que nous avons étudiés ne sont que des rumeurs, sans plaintes officielles ni procès, alors même que les accusations sont parfois très lourdes et courent sur des années. Lorsque ces affaires sont exposées au tribunal, de nombreux plaignants sont déboutés (y compris dans plusieurs affaires impliquant des prêtres catholiques jugés dans un pays à dominante protestante (USA)) et pour d'autres qui ne le sont pas, le doute demeure quand à la véracité des faits et l'argent semble soudain jouer un rôle important au point de faire disparaître toute plainte (si les plaintes avaient réellement pour motif de faire connaître « la vérité » ou de mettre en garde d’autres personnes, voire de guérir d'une blessure personnelle, nous pourrions nous attendre à moins de vénalité).

 

Au total, à l'exception de rares dérives démontrées, nous sommes devant une avalanche de réputations ternies conduisant au ban de la société des personnes parmi les mieux inspirées. Toutefois, même si, au milieu de ce torrent de mensonges, nous devions souligner les quelques actes réels qui méritent une condamnation en justice, saurions-nous développer une éducation adéquate pour notre humanité en dérive plutôt que montrer du doigt des boucs émissaires ? Saurions-nous reconnaître l'excès des amalgames ? Saurions-nous admettre que les dérapages éventuels ne suffisent pas à condamner un homme à vie et encore moins sa communauté spirituelle, sans parler de toutes les autres, dans un même sac ?

 

Sur ce sujet, comme sur d'autres, similaires, le CICNS exerce une veille patiente et attentive afin de restaurer un peu de clarté dans une nuit obscure. 

Lire également, Argent, Sexe, Pouvoir

Lire aussi Sexe et Pouvoir, politiciens et leaders spirituels, un traitement inégal

Lire Calomnie, l'affaire Dominique Baudis

Lire Les juges et les sectes en France et La Justice française

(1) Si un de nos lecteurs dispose de mises à jour sur ces affaires, merci de les communiquer à Admin@cicns.net  revenir au texte

(2) Cinq magistrats de la cour d'appel de Douai ont déclaré le 11 Janvier 2006  au sujet de l'affaire d'Outreau : "Nous avons une conscience aigue de nos responsabilités... lI faut y voir non pas une aberration isolée mais plutôt la révélation paroxystique d'un véritable emballement répressif et médiatique (...) Elle survient dans une époque où le crime sexuel a été érigé en horreur absolue par la législation  (...) Le verdict permet à certains de redécouvrir la valeur de la présomption d'innocence alors que depuis trois ans, au nom d'une politique sécuritaire de plus en plus envahissante, le législateur a érigé l'incarcération en principe de précaution revenir au texte

André Tarassi est né en 1961, il est le fondateur du CICNS. Chercheur indépendant, il étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 25 ans. Il a étudié le journalisme et la télévision aux États-Unis.  Il a publié, sous un autre nom, plusieurs ouvrages sur la démarche spirituelle.

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