Reportage/ Débat de la chaîne Public Sénat sur une communauté spirituelle en IndeÀ
l'heure où tout paraît s'effondrer, où les bourses jouent au yoyo, où les
plans sociaux se multiplient, où le libéralisme est remis en cause, nous
vous proposons un gros plan sur une utopie, Auroville, une ville créée au
sud de l'Inde il y a 40 ans.
C'est ainsi qu'est présenté ce numéro
de l'émission "Le débat" animée par Benoit Duquesne sur
le site de la chaîne
parlementaire (11 novembre
2008). Le
reportage précédant le débat, réalisé par Hélène Risser et Thomas
Raguet, peut être vu comme la suite d'un reportage de 1973 réalisé
par Jean-Pierre Elkabbach et Nicole Avril et présenté en ces termes sur
le site de l'INA
: "Auroville (La cité de l'Aurore) est située près de
Pondichéry dans le Tamil Nadu en Inde du sud. Cette ville, bâtie sur 20 km2,
a été créée par Mirra ALFASSA,
plus connue sous le nom de "La Mère", et Sri AUROBINDO, penseur
indien de "l'homme nouveau". Auroville repose sur une vie
communautaire "universelle", où tout le monde apprendrait à vivre
en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions
politiques et nationalités. Le projet vise à la création d'un homme nouveau". Hélène
Risser nous emmène à la rencontre de plusieurs habitants de cette communauté
pour recueillir à nouveau leurs témoignages près de 40 ans après pour
certains. Son reportage mérite d'être salué parce qu'il donne une parole
libre aux témoins qui peuvent ainsi exprimer simplement les raisons de leur
engagement, leurs doutes ou leur enthousiasme. La journaliste cherche à
comprendre et à nous faire comprendre, avec curiosité et respect, des
personnes qui ont un style de vie différent. Le
débat qui suit le reportage est équilibré. Aucun membre de la MIVILUDES ou
d'associations antisectes n'est présent sur le plateau ; la notion de
mouvement sectaire est évoquée lorsqu'est mentionnée la révérence des
habitants d'Auroville pour la Mère, mais cette mention est faite plus en
forme de point d'interrogation que d'affirmation péremptoire. Indépendamment
des efforts variables de chacun des débateurs pour véritablement comprendre
le sens spirituel prépondérant donné à leur projet par les habitants
d'Auroville, ils conservent un esprit ouvert et tolérant au fil des échanges. Une
minorité spirituelle en France est en revanche immanquablement affublée du
label injurieux de "secte" et n'est regardée par les médias et les
pouvoirs publics qu'à travers le prisme des apostats. Quelle est la
raison de cette différence de traitement ? Même si l'on peut admettre que la
faillite abyssale au sens propre et figuré de notre mode de vie marchandisé
ébranle les pensées dominantes et incite les citoyens à regarder
"ailleurs", aucun indice ne permet de conclure à un meilleur
respect de la liberté spirituelle. Comme le suggère Maurice
Duval, l'acceptation d'un choix de
vie différent est proportionnelle au nombre de kilomètres qui le sépare de
notre choix de vie dominant. La différence peut même prendre une valeur
exotique et sympathique lorsqu'elle ne risque pas d'interférer avec nos
habitudes. Les débateurs de l'émission ont d'ailleurs tous reconnu qu'une
expérience comme Auroville serait impossible en France. Il n'en reste pas moins que le reportage d'Hélène Risser est un exemple à suivre. La qualité du débat qui a suivi est largement dépendante de la qualité de ce reportage. Les médias ont l'opportunité (le devoir) de suivre cet exemple même si c'est à contre courant de ce que veulent imposer la MIVILUDES et les associations antisectes. |
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