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Ces choses-là n'existent pas, voyons !

CQFD ou la "fessée d'État"

par Claude-Gérard Sarrazin, écrivain, formateur et conférencier

 

 

Dans notre société « libérée de la superstition », « sortie de la pensée archaïque », la « croyance aux univers supraphysiques et aux faits paranormaux qui en dérivent est en voie de disparition ». Telle est du moins l’affirmation souvent lue ou entendue. Le succès des livres et des films traitant du surnaturel et du paranormal tend à démontrer le contraire.

Grande presse, médias « sérieux », presse spécialisée, et l’École en catimini, tout se ligue pour parvenir à l’éviction de ce qui touche le « paranormal », le spirituel, le religieux. L’adjectif « sectaire » stigmatise « l’ennemi du peuple » (on parle en son nom, bien sûr ; il est régulièrement consulté par télépathie, sans aucun doute).

J’utilise les guillemets parce que ces expressions sont consacrées par l’usage et ne recouvrent rien que je puisse prendre au sérieux.

Je vais tenter de soulever un coin du voile et de montrer le dessous des cartes, du moins ce que je peux en connaître. On découvrira que l’argument d’autorité ne se gêne pas pour tordre la logique et s’imposer par l’affirmation abrupte. Il s’agira ici d’une mini-leçon d’épistémologie, comme j’en offrais à mes grands élèves il y a fort longtemps, comme tous les bacheliers devraient en avoir l’habitude et la pratique automatique. Je demande l’indulgence des philosophes professionnels habitués à ce genre d’exercice.

En quoi ces arguties philosophiques concernent-elles le bon citoyen ?

On commence par créer un consensus : l’athéisme est la religion d’État, la philosophie de l’homme moderne, libéré de ses vieux démons. Ensuite, on défend « le bon citoyen » contre les pervers qui, au nom de la liberté de pensée, menacent l’ordre public en grossissant l’armée des sectes retardatrices. Une fois les manœuvres d’approches bien rodées, on interdira peut-être, comme en URSS naguère, toute forme de religiosité, toute forme de spiritualité, toute publication « rétrograde » ; au passage, on interdira les médecines alternatives et l’agriculture « bio », qui semblent déranger des industries et des privilèges bien établis.

L’origine de ces attaques ciblées et progressives est, pour le moment, vague et multiforme. Même un ministre ne peut s’afficher dans une église ou un pèlerinage sans subir les attaques rageuses des « défenseurs de la liberté ». Un élu doit représenter « le peuple » (qui l’a élu, ou la catégorie de citoyens d’élite qui…).

Si nous n’y veillons, la devise française Liberté-Égalité-Fraternité fera bientôt partie de la mythologie, au même titre que les gestes du Moyen Âge.

Voyons donc le procédé utilisé au départ, celui de la démonstration institutionnelle.

 

Épistémologie

 

Les positivistes, les matérialistes (au sens philosophique du terme) les « esprits sérieux », les rationalistes, les réductionnistes s'expriment généralement ainsi : « La réalité, c'est le monde physique, l'univers matériel. Le vrai, c’est ce que mes sens perçoivent. »

Au nom de cette affirmation sans réplique, toute une partie de l'humanité dite civilisée (conditionnée ?) condamne les réalités supraphysiques (bases des croyances religieuses, des rites religieux, des regroupements dits sectaires, etc.) .

Néanmoins, tous les esprits instruits savent que la matière se dissout en une infinité de particules de plus en plus ténues, si bien que le terme « matière » ne recouvre plus qu'un concept vague mais commode. L’univers matériel, c’est ? Cependant, les sens de l'homme normal perçoivent la matière comme un monolithe sans failles.

Les sens (de tout le monde, scientifiques compris) perçoivent un Soleil tournant autour de la Terre , et les planètes capricieuses courant dans le ciel comme des anarchistes  (du grec planêtês, astre errant) tandis que les étoiles sont perçues comme des diamants piqués sur une voûte sombre qui s'illumine le jour.

Les sens de l'homme perçoivent les couleurs comme des entités réelles et non comme des fréquences particulières. Les sons, les bruits, les timbres sont perçus comme des entités réelles et non comme des fréquences simples ou associées. Les odeurs ne sont pas perçues comme un arrangement de molécules de base en nombre réduit.

Donc le mental formé reconstruit la « réalité perçue par les sens » et contredit systématiquement toutes les perceptions « évidentes ». Pourquoi alors la réalité reconstruite par le mental réductionniste serait-elle plus authentique que la réalité perçue et définie par les spiritualistes et autres élargissants ? La « réalité » construite par le mental n'est pas perçue mais obligatoirement inventée et modifiée au fil des découvertes.

On ne peut donc affirmer sans se couvrir de ridicule : « La réalité, c'est le monde physique, l'univers matériel. Le vrai, c’est ce que mes sens perçoivent. » La réalité, c’est ce que mon mental invente.

On a riposté à ce genre de démonstration (ô combien dérangeante) :

« L’ésotérisme et les religions sont basés sur des actes de foi ; la science est un acte de connaissance et d'expérience. Personne ne peut vérifier les dires des occultistes, mages et théurges à moins de devenir un soi-disant occultiste ; tandis que tout le monde peut vérifier les dires des scientifiques ».

Commençons par remarquer que bien peu de gens pourraient vérifier fa moindre théorie utilisée en physique nucléaire, en biochimie de pointe, en astronomie théorique, en virologie, en tératologie, etc.

En fait, chacun est forcé de faire acte de foi sur acte de foi.

Qu’on me permette de reprendre un exemple d’épistémologie élémentaire que j’enseignais, il y a trente ans. Cet exemple a peut-être vieilli ; tant mieux, il n’indisposera personne.

Il est admis (et rares sont ceux qui pourraient en douter) que l'homme a foulé le sol lunaire

Opposons « preuves » et objections :

1.     Les astronautes ont planté un drapeau sur la Lune.

   Les avez-vous accompagnés pour vérifier qu’il s’agit d’un fait matériel et non d’une photo ou d’un film ?

2.     On les a vus partir dans leur fusée.

Étiez-vous présent au moment où ils sont montés ? Êtes-vous certain qu'ils sont vraiment partis dans cette fusée sans débarquer de l’autre côté ?

3.     On les a récupérés dans l'océan à leur retour.

Êtes-vous certain qu'il s'agit d'un aller-retour sur la Lune et non d’une orbite autour de la terre ? Ou d’un simple parachutage depuis un avion bien terrestre ? Étiez-vous présent lors de la récupération pour affirmer qu'ils étaient là ?

4.     La télévision a retransmis leurs gestes depuis la Lune.

Êtes-vous certain qu'il ne s'agit pas d'un film de science-fiction ? Étiez-vous à leurs côtés ?

5.     On a ramené des roches lunaires et des laboratoires les ont analysées.

Étiez-vous présent lors de la cueillette ? Avez-vous visité ces laboratoires ? Êtes-vous certain qu'il ne s'agit pas de simples cailloux bien terrestres ?

6.     On a publié des photos.

N'avez-vous jamais vu de photos truquées ? (Aujourd’hui, on parlerait des logiciels de retouche photographique).

7.     Il faut bien faire confiance à quelqu'un.

Le grand mot est lâché : il faut faire confiance – on retrouve l'acte de foi.

Pourquoi alors peut-on décemment croire que des hommes ont foulé le sol lunaire ?

Grâce à un faisceau convergent de preuves. Plus les preuves sont nombreuses, plus le saut est court, plus l'acte de foi est réduit.

Chacun doit donc accepter le faisceau convergent de preuves, car il ne peut refaire, à lui seul, toutes les démarches qui ont conduit à telle ou telle loi ou théorie admise. Pour « démontrer » que les données supraphysiques (immatérielles, donc) sont irrecevables, on rejette ce faisceau de preuves, par principe, en invoquant l’argument d’autorité. Nous le verrons plus loin.

Il faut donc conclure que les connaissances dites scientifiques ne diffèrent en rien des connaissances dites occultes ou paranormales ou spirituelles :

1- les « spécialistes » reconstruisent un monde totalement différent de celui que nos sens perçoivent ; un univers logique mais théorique ;

2- on réunit un ensemble de preuves et on termine par un acte de foi.

On ne peut rien prouver directement, même dans le monde le plus trivial. À moins de refaire soi-même toutes les expériences ; en sachant que le mental sera forcé de tout reconstruire (la matière n’est pas un bloc dense mais un nuage immatériel, par exemple), on ne peut accepter comme prouvés une loi quelconque, un fait quelconque. C’est ainsi.

MAIS les intégristes athées continueront à nier. On délimite « la réalité » par une série de postulats gratuits, et tout ce qui la dépasse est irrecevable, « scientifiquement impossible ». Ça, c’est prouvé, puisque je le dis, n’est-ce pas ? Untel, prix Nobel de ceci ou cela, l’a dit ex cathedra, donc… Mais Untel, également prix Nobel, avait dit… Lui, c’était un naïf, qui s’est laissé abuser. Les deux scientifiques ont reconstruit le monde différemment ; l’un est accepté, soutenu par les médias (et « la majorité silencieuse » accepte), l’autre est muselé, effacé ou attaqué.

Voyons un autre canal de la négation.

 

Les instruments de mesure

 

Utiliser un thermomètre de précision pour évaluer le niveau sonore d’un haut-parleur ? Utiliser un compteur Geiger pour mesurer la vitesse du vent ? Qui oserait procéder ainsi ? Chacun sait qu’il faut utiliser l’appareil adéquat, en relation directe avec ce qui doit être évalué.

Quand il s’agit de réalités dites supranormales (pour le moment, tant que le postulat matérialiste sera en vigueur), on n’hésite jamais. On utilise les instruments totalement inadéquats par construction. Des instruments de mesure conçus pour mesurer des énergies matérielles ne peuvent mesurer autre chose.

Prenons, pour nous faire comprendre, quelques exemples sans danger.

 

Les perceptions

 

Un daltonien ne perçoit pas les couleurs de la même manière qu’un individu à la vision normale. D’une manière encore plus évidente, un myope ne perçoit pas le paysage comme un emmétrope, et un hypermétrope ne peut lire des petits caractères typographiques comme l’emmétrope ou comme le myope. Les lunettes corrigent ces défauts d’accommodation. Les aveugles ne perçoivent rien de tout cela.

Les intégristes athées ne perçoivent (et ne veulent pas percevoir) les données dites paranormales. La différence entre ces limités de la perception et les daltoniens ou les aveugles est dans la prise de conscience. Les premiers sont convaincus d’avoir raison et ils mettront tout en œuvre pour le prouver ; les seconds savent qu’un pan de la réalité leur échappe. Voir l’aura, non, mais ! Voir l’énergie d’un cristal chargé, non, mais ! Les photos Kirlian et autres électrophotographies ? Des trucages, bien sûr.

 

Perceptions aiguës

 

Un dégustateur de vin ne lit pas les étiquettes sur les bouteilles avant de tremper ses lèvres dans le taste-vin : il est capable d'émettre un avis à partir de ce qu'il perçoit. Il n’existe pas de lunettes correctrices pour qui ne peut accomplir pareil exploit.

Un autre exemple concerne l’oreille absolue ; il s’agit d’une particularité mesurable, parfaitement « évaluable », bien qu’encore niée par quelques retardataires égalitaristes ou perdus dans leurs théories.

Qu’on veuille bien pardonner l’utilisation de la première personne du singulier : je suis certain de ce que j’avance ; plutôt que de compiler des statistiques ou des réflexions, j’ai préféré puiser dans mon expérience continue en la matière.

 

L’oreille absolue.

 

Lorsque je commençai l’étude du piano (j’étais un enfant), un cousin de mon père, ancien musicien de l'orchestre de l'opéra, s'amusa à me faire deviner le nom des notes qu'il enfonçait. J'étais à l'autre bout de la pièce. Il enfonçait, d'un doigt (il n'était pas pianiste) après avoir compté à partir du Do3, la touche que je nommais immédiatement (octave et nom). Il trouvait cela extraordinaire et je trouvais cela si enfantin que je me demandais comment il ne perdait pas patience.

Au Conservatoire, les dictées musicales me parurent des jeux d'enfant, des devinettes amusantes, alors que mes voisins gommaient sans cesse et transpiraient abondamment.

Je ne découvris l'expression « oreille absolue » qu'à l'âge de vingt-trois ans, dans un ouvrage prêté par un ami. Depuis cette lointaine époque, j'ai rencontré quelques musiciens doués de l'oreille absolue et j'ai pu savoir que tous l'avaient eue immédiatement et non avec de l'entraînement.

Des théoriciens sourds ont cru trouver une « preuve » géniale : les notes de musique ne sont que des fréquences arbitraires que rien ne distingue les unes des autres, donc est absurde la théorie des tonalités et des notes spécifiques. Ces sourds ne sont comparables qu'aux aveugles qui se permettraient d'écrire (en braille sans doute) que les couleurs sont toutes semblables parce qu'elles ne sont que des fréquences arbitraires... Les longueurs d'onde des couleurs ne procèdent pas par bonds mais sont progressives. Il est parfois difficile de distinguer un vert-jaune d'un jaune-vert mais, hormis les daltoniens, tout individu normal et surtout n'importe quel peintre — n'est-ce pas ce qui compte ? — peut distinguer un vert d'un jaune, et même un vert bleuté d'un vert franc ou d'un vert jaunâtre.

Il en va exactement de même en musique : les notes sont des longueurs d'onde, tout simplement, tout comme les couleurs. Cependant, il est étrange que la majorité des musiciens ne puisse, comme les peintres, mettre un nom sur ces longueurs d'onde.

Il faut déjà tirer une première conclusion : même si un vote majoritaire faisait pencher la balance du côté des tenants de l’uniformité des fréquences musicales (les notes n’existent pas), la réalité demeurerait inchangée : les tons existent dans l’absolu. Un pan de réalité que les sens de la majorité ne perçoivent pas et, dans certains cas, que ces majoritaires nient bruyamment.

Il n’existe pas de lunettes correctrices pour qui ne peut accomplir pareil exploit.

Il existe donc des phénomènes (le nom des notes) que la majorité ne perçoit pas, ce qui n’infirme pas leur existence. Alors, les énergies supraphysiques ?

Ces choses-là n’existent pas, voyons, puisque MOI, noble savant consacré, je ne les perçois pas... Déjà entendu cela quelque part ? Voir l’aura ? Non, mais ! Percevoir une énergie dans ou autour du corps ? Non, mais ! Vous feriez des choses que moi, au sommet de l’évolution, ne pourrais réussir ? Non, mais ! Tous les humains sont égaux et semblables, non, mais ! Mais moi, qui suis tout de même supérieur…

 

L’énergie

 

Pendant des millénaires, les acupuncteurs découvraient les points d’acupuncture et le trajet du ch’i SANS le moindre appareil électronique. L’Occident, rationaliste par respect pour la religion d’État instaurée à l’École, se gaussa : superstitions ridicules. Les méridiens ne suivaient aucun trajet anatomiquement reconnu. Vint le jour où la technologie (détecteur purement électronique, très matériel, facile à trouver dans un magasin spécialisé) permit de situer les points et de mesurer le ch’i. Aucun monsieur je-sais-tout n’est encore venu présenter ses excuses.

On peut sentir, on peut voir cette énergie. La Tradition l’enseigne depuis des millénaires. Mais il est de bon ton de dresser la pancarte : scientifiquement irrecevable. On admet (en soupirant) que des machines mesurent, détectent, injectent MAIS pas que des humains en fassent autant DIRECTEMENT.

De la même manière, les tenants du « bio » en culture et en alimentation sont des déviants. Ils dérangent sans doute le peuple… Leurs prétentions s’expliquent, comme les miracles, par l’effet placebo.

 

Placebo

 

Le mot « placebo » (du latin : je plairai) est devenu synonyme d’explication rationnelle pour tout ce qui concerne les effets thérapeutiques d’une médecine non alignée (énergétique, homéopathique, guérison miraculeuse ou empirique, etc.). On « explique » Lourdes par le placebo.

Les tenants du « ce n’est que… » réfutent les « histoires » : le malade imaginait sa maladie, et sa « guérison » n’est qu’un juste retour à la réalité ; dans les autres cas, ce n’est que l’effet placebo. L’autosuggestion joue donc dans tous les cas.

On pourra se demander, en premier lieu, pour quelles raisons ces bien-pensants n’utilisent pas systématiquement cet effet placebo, non destructeur, au lieu d’imposer des traitements difficiles et coûteux (le trou de la Sécu  ?), ou de condamner le patient à l’infirmité.

En second lieu, on se demandera comment un individu blessé (grave hémorragie par exemple) ou accidenté (articulation presque complètement détruite par exemple) puisse « imaginer » son désordre et se relever complètement guéri après qu’un guérisseur ait imposé les mains quelques brefs instants.

Les tenants du « ce n’est que… » alignent les listes de fraudes et se gardent bien de rapporter les faits authentiques.

Il n’est guère possible, dans le cadre d’un article, de rapporter des faits précis. L’auteur de ces lignes n’a pas constaté de miracles à Lourdes (il ne vit pas sur place) mais il a été témoin ou a pu vérifier l’authenticité de plusieurs « miracles » ; il ne s’agissait pas de « maladies psychosomatiques » ni de maladies imaginaires, d’hystérie ni de « compensations ». Il est plus facile « d’expliquer » par le placebo que d’aller vérifier sur place. L’argument d’autorité fait loi.

Un auteur célèbre est allé vérifier sur place. On le considère maintenant comme un halluciné. Le livre ? Le voyage de Lourdes. L’ouvrage a été publié à titre posthume, retrouvé dans les papiers de son auteur. L’auteur est connu sous le nom d’Alexis Carrel (de son vrai nom Marie Joseph Auguste Carrel-Billiard ; chirurgien, biologiste et neurophysiologiste français né à Sainte-Foy-lès-Lyon le 28 juin 1873 et mort à Paris le 5 novembre 1944. Prix Nobel de physiologie-médecine 1912. « Pour ses travaux concernant la suture des vaisseaux et la transplantation de vaisseaux et d'organes ».) Jeune médecin (doctorat en 1900) athée, il accompagnait (en 1903) un voyage de malades condamnés. Il a assisté au miracle, devant ses yeux. Il s’est converti. Il a eu l’audace de raconter les détails dans son livre. Il se met en scène sous le nom du Dr Louis Lerrac (son nom à rebours). Ce scientifique « s’est laissé abuser ».

Revenons au placebo.

Ainsi, quand on dit « effet placebo », on laisse entendre « illusion », alors que les résultats sont parfaitement mesurables.

 

Le placebo en soi

 

Toutes les recherches médicales, de nos jours, utilisent le protocole du double aveugle ; on compare les résultats obtenus avec une substance dite active et une substance inactive (le placebo). On utilise, théoriquement, par voie orale, le lactose ; sous forme injectable, de l’eau distillée ou du sérum physiologique ; le tout est présenté sous forme de gélules, de comprimés, de poudre, d’ampoules ou de gouttes ; tout est bien coloré, bien emballé, comme de véritables médicaments.

Le profane reste ébahi à la lecture des résultats bien connus de tous ceux qui participent ou organisent des recherches, ou se contentent d’en lire régulièrement les comptes rendus :

« L’effet placebo agit, bien entendu, sur les signes ressentis, mais il est également possible de le mesurer sur des paramètres objectifs, comme l’acidité gastrique, le diamètre pupillaire, le niveau de lipoprotéines, de globules blancs (éosinophiles, lymphocytes), d’électrolytes, de corticoïdes, de glucose, de cholestérol contenu dans le sang, ou encore la tension artérielle. »

(Lemoine, Dr P., Le mystère du placebo, Odile Jacob, 1996, p. 25).

On le voit, il n’est pas question d’impression subjective, vaguement exprimée par un patient mais bien de mesures objectives. Il s’agit là d’une action psychosomatique de premier ordre, dont la réalité est mesurable par tous les spécialistes.

« Les placebos [...] ont des effets physiologiques. Ils peuvent provoquer des réactions immédiates, nausées, éruptions cutanées, diarrhées, évanouissement, douleur et somnolence. Mais il a été également démontré que les placebos pouvaient accélérer la cicatrisation des plaies et le rétablissement après une opération chirurgicale, supprimer la douleur et réduire la fièvre. [...] Le placebo n’a pas d’impact physiologique direct sur les nerfs agissant sur les vaisseaux sanguins, mais ses effets curatifs n’en sont pas moins réels, et ceux qui n’ont pas lieu dans l’éprouvette (in vitro) peuvent assurément se produire in vivo — au sein de ce système complexe qu’est le corps humain. »

(Friedman, Dr H., Les secrets de l’autoguérison, Rocher, 1994, p. 156).

L’auteur (médecin et psychiatre) déjà cité plus haut résume les effets du placebo :

« Globalement, le produit serait efficace dans environ 30 % des cas. [...]

« Comme tout produit efficace, Placebo peut induire un certain nombre d’effets indésirables : asthénie, céphalées, nausées, vertiges, insomnie, diarrhée, constipation, anxiété sont les signes le plus fréquemment retrouvés (environ 20 à 30 % des cas). »

(Lemoine, Dr P., Le mystère du placebo, pp. 222-223).

Ainsi, l’effet nocebo (le contraire de placebo) existe, lui aussi.

Le Dr Howard S. Friedman, professeur de psychologie et de médecine sociale, précise même :

« On note avec intérêt que l’état des personnes traitées par le placebo s’améliore pratiquement toujours (par rapport au groupe témoin, qui ne reçoit aucun traitement). Il arrive que les améliorations dues au placebo soient plus importantes que celles dues au médicament. Mais cet effet est souvent négligé ; on le considère comme une variation aléatoire ou une erreur systématique, non pas comme un phénomène en soi. »

(Friedman, Dr H., Les secrets de l’autoguérison, p. 155).

Pourtant...

« Les résultats sont quelquefois curieux : les placebos se montrent dans certains cas plus actifs que les drogues réelles. Les amphétamines, excitants du système nerveux central, augmentent l’endurance physique de 88 %, alors que les placebos l’augmentent de 132 %. Cela donne une idée du rôle que joue la suggestion dans les performances sportives. »

(Godefroy, C., La dynamique mentale, Jour, 1990, p.  120).

On peut d’ailleurs se poser LA question : dans quel pourcentage une substance dite active tire-t-elle son efficacité de l’effet placebo ? Ce qui modifierait encore le tableau. Au lieu de 30 % des cas, ne faudrait-il pas lire 50% ou plus encore ?

En effet, on oublie généralement d’insister sur un fait constant : la substance active, lors de ces expériences comparatives, agit, dit-on, dans 50 à 65 % des cas, ce qui signifie en clair qu’elle n’agit pas dans 35 à 50 % des cas. Elle n’est donc pas forcément spécifique et peut-être n’est-elle qu’un placebo de plus.

Retenons l’essentiel : l’introduction d’une substance inactive (placebo) dans un organisme produit des effets mesurables. L’effet psychosomatique est donc prouvé. En termes profanes, l’action de l’ « esprit » sur la matière est bien réelle.

Pourquoi l’effet ne se vérifie-t-il pas à tout coup ? Un blocage peut survenir sur n’importe quel plan et le corps peut ne pas être capable de répondre (trop usé, trop intoxiqué, par exemple).

La découverte de l’effet placebo s’ajoute donc aux connaissances classiques concernant l’autosuggestion. Les athées n’ont pas manqué de s’emparer de ces concepts clés pour expliquer les guérisons miraculeuses. Pour ces réductionnistes, la guérison s’explique aisément : autosuggestion ou placebo, donc coagulation mentale et affective intense, d’où action psychosomatique. Supposons que la guérison ne soit QUE cela ; ET ALORS ? Pourquoi ces maîtres du « ce n’est que... » n’ont-ils pas réussi à guérir ou soulager un patient condamné à l’infirmité ou à la mort en implantant une telle coagulation ? Pourquoi, au cas où ces lieux saints ne seraient que des usines à suggestion, détruire cette foi « naïve » qui permet l’implantation d’une coagulation salvatrice ? Pour offrir quoi en échange ?

Pourquoi pas une basilique de Lourdes laïque, où seraient appliqués tous les principes de suggestion ? Où tous les traitements seraient remboursés par la Sécu  ? Où les médecins seraient tous des réductionnistes convaincus, purs et durs ? On prouverait ainsi, définitivement, que les « miracles » ne sont que placebo.

Ainsi, on ne pourrait pas se cacher derrière l’habituel paravent : le premier diagnostic était faux. Pourquoi faut-il que les médecins qui ont posé le premier diagnostic soient toujours des incompétents, capables de confondre hystérie et désordre incurable, de se tromper de dossier, alors que les athées qui posent le diagnostic post-miracle sont infaillibles ?

MAIS reste le point clé, jamais abordé : si l’esprit que qu’une sécrétion du cerveau ou le fonctionnement électrique des neurones, quel est le mécanisme du placebo ? Puisque la substance physique est inactive, QUI ou QUOI agit sur le corps ? Le magnétisme du médecin ? Mais le magnétisme n’existe pas, puisqu’il n’est que placebo. C.Q.F.D.

On évacue l’explication spiritualiste en noyant le tout sous le parapluie du placebo, mais on se garde bien d’expliquer le processus en lui-même.

 

Fakirisme

 

Nous ne pourrions rédiger pareil article sans rappeler l’expérience bien connue d’hypnose de groupe ; Rémy Chauvin la rapporte dans un ouvrage très intéressant (La fonction psy, Laffont, pp. 252-253)  : un fakir joue de la flûte devant un rouleau de cordes ; l’extrémité de la corde se dresse et danse comme un serpent, défiant toutes les lois de la pesanteur. On filme... et  on découvre que les cordes sont restées bien tranquillement sur le sol. Les ricaneurs jubilent  : ce n’était qu’une illusion. Les gens sérieux comprennent  : un fakir a été capable d’hypnotiser un groupe de curieux, sans aucune mise en scène particulière, instantanément. Cette forme d’hypnose est inconnue en Occident et, si elle est pratiquée, elle n’est pas avouée.

Par un brillant tour de passe-passe, on évacue le phénomène (ce qui est visible) et on omet le fait : la réussite sur la foule des témoins.

Qui, parmi les savantissimes tenants du « ce n’est que… » peut hypnotiser une foule (ou même un groupe) sans parler, sans moyens techniques, ou même en parlant d’abondance ? Qui peut provoquer une hallucination collective ? La mauvaise foi est gage d’autorité quand il s’agit de défendre la pensée matérialiste.

Prenons un autre exemple.

 

L’Évolution

 

(Je ne mets pas en doute la théorie de l’évolution des espèces ; je n’ai pas les compétences pour en discuter les preuves tangibles ; j’en reste à la philosophie, à l’explication, au noumène par opposition au phénomène. L’explication matérialiste est impossible. Je rappelle au passage que théorie signifie hypothèse de travail et non certitude théologique.)

Le mot clé, pour le matérialisme, est : « peu à peu ». Tout évolue « peu à peu ». Il faut parfois compter en millions d’années.

Ainsi, « la fonction crée l’organe ».

Depuis un bon million d’années, l’homme rêve d’avoir des ailes ; il a dû se contenter d’apprivoiser le cheval puis le cheval-vapeur. Le besoin est pourtant là.

« L’homme a des orteils parce qu’il n’a plus besoin de doigts de pieds. » Les restes de l’homme d’il y a un million d’années montrent des orteils et non des doigts de pied. L’évolution s’est donc arrêtée dès… les premiers pas. Oublions ce détail inutile.

Imaginons une scène de science-fiction conforme à la théorie (pardon, au dogme).

Hitler, dûment conseillé par des scientifiques avides de lui être agréable, a découvert un moyen de vérifier la théorie de l’évolution. Avec son approbation, ils construisent une tour haute de cent mètres. Un ascenseur permet de gagner du temps. On fait monter, nuit et jour, à raison de cinq personnes à la minute, des hôtes des camps de la mort. L’un après l’autre, aidés par des gardes consciencieux, ils sautent, dans le vide. Un mécanisme bien monté les reçoit en bas pour débarrasser le terrain. On attend que des ailes leur poussent et leur permettent de ne pas tomber selon les lois de la gravité.

Les tenants de la théorie évolutive protesteront : cette expérience n’aurait pas duré assez longtemps.  On n’aurait vu plonger que 7200 personnes par jour, donc à peine 2 629 800 dans l’année moyenne. Deux millions d’échantillons, c’est insuffisant. Et deux ou trois années…

Quittons l’homme et ses rêves.

La vie terrestre est née de l’océan. Soit. Des poissons « décident » donc de quitter le milieu aquatique pour se promener sur le sable et les rochers. Même si des poissons « courageux » se sacrifient pendant un million d’années, aucun poisson n’aura le temps de voir pousser des poumons, tout comme l’homme sautant de sa tour n’aura pas le temps de sentir pousser ses ailes. Les poumons doivent pousser AVANT de sortir de l’eau.

QUI ou QUOI fait pousser ces poumons parfaitement inutiles sous l’eau ? Les millions d’années n’y feront rien. Le hasard ?

La naissance de l’œil et de la fonction « vision »…

On démontre que l’œil s’est formé « peu à peu » et que…  Pourquoi certains êtres, fort nombreux d’ailleurs, n’ont pas encore d’yeux, ce qui leur simplifierait la vie. QUI ou QUOI a généré des yeux ? L’animal élémentaire « imaginait » sans doute que le paysage alentour valait la peine de se forcer à fabriquer un œil rudimentaire ? Cet animal ne pense pas, il ne peut donc imaginer… Et la pensée n’est que la sécrétion du cerveau…

Une catastrophe cosmique ? Un rayonnement inattendu ? Dans le bon sens, évidemment, et sur certaines espèces seulement, bien ciblées… (par QUI ?)

De cette manière, on peut imaginer le processus en acte dans l’évolution des espèces, si chère aux matérialistes.

1.     Les atomes votent et s’unissent en molécules ; puis les molécules s’unissent en cellules, qui s’unissent en polycellulaires, qui se répartissent les fonctions pour devenir des organes.

2.     Beaucoup plus tard, les animaux marins se réunissent et votent que certains se feront pousser des poumons pour coloniser l’espace terrestre.

3.     Plus loin encore, les singes votent pour désigner certains d’entre eux qui deviendront des hommes.

4.     Et les hommes votent pour élire des chefs, des rois, des prêtres...

Les hommes répètent le geste originel (principiel) : les cellules se répartissent en organes pour que vive un organisme complexe.

Merveilleux processus logique, où tout part de la base...

Qui oserait croire à un pareil cirque ? Comment les cellules auraient-elles pu se répartir les fonctions d’un organisme ? Comment des animaux marins auraient-ils pu « décider » de se faire pousser des poumons ?

« Au cours des millénaires ou plutôt des millions d’années », répètent les matérialistes convaincus dans leur cécité volontaire.

En quoi les millions d’années peuvent-ils modifier un ordre déjà établi ? En quoi la « décision » d’une assemblée de singes peut-elle transformer une partie des primates en hommes ? Mais le code génétique… Qui lui dicte la transformation ?

N’importe quel « esprit » logique admet que ces transformations doivent être dictées par une Puissance supérieure, par un Ordre supérieur, par un Logos, représenté au niveau en cause par un principe actif, interne. Certes, certes, les mutations spontanées... sur des millions d’individus, évidemment. Telle est l’explication spiritualiste véhiculée depuis des millénaires.

Un arbre commence par ses racines...  C’est le phénomène visible (pléonasme nécessaire). Mais il a commencé par un germe enfoui, et la force contenue dans ce germe a DICTÉ la forme de l’arbre. L’Ordre part de l’invisible. On peut toujours imaginer faire pousser un arbre en plantant des racines.

L’évolution est un fait presque impossible à nier ; le processus évolutif ne peut être un simple mouvement matériel, fût-il d’ordre atomique : quelque chose doit dicter, quelque chose de conscient.

 

Les démonstrations « scientifiques »

 

Un sujet psy fait une démonstration filmée. Auparavant, il a été fouillé, étudié, vérifié, testé afin de vérifier qu’il ne porte aucun appareil dissimulé, aucun moyen de trucage. Les lieux ont été « passés au peine fin », les caméras tout comme les sièges et les supports. On épie le moindre battement de cil, le moindre mouvement de bras ou de jambes. Si on osait, on forcerait le sujet d’expérience à rester totalement nu. On attend qu’il fasse plier une barre métallique, qu’il torde une cuiller, qu’il fasse dévier une boussole, déplacer un cendrier, voler une tasse.

Il réussit. Des prestidigitateurs s’empressent de démonter qu’il s’agit d’un truc élémentaire et reproduisent les mêmes phénomènes. Le pouvoir sur la matière n’existe pas.

 

C.Q.F.D. ou presque.

 

« La majorité silencieuse » est ainsi protégée du charlatanisme et des exploiteurs de la crédulité. Amen.

Un extraterrestre au fait de nos habitudes intellectuelles demanderait une expérience scientifique, comme on le ferait pour tester un nouveau médicament : des groupes parallèles, dans les mêmes conditions, selon le même protocole. Ce qui, en l’occurrence, signifierait que les prestidigitateurs seraient fouillés, mis à nu, dans un laboratoire aussi dépouillé. Réussiraient-ils le moindre « truc » ? Certainement pas, puisqu’ils démontrent que tout est truqué. Alors, le sujet psy ?

« Ces choses-là n’existent pas, voyons ! ». Protégeons le bon peuple (il est encore en enfance, n’est-ce pas ?) des charlatans et des exploiteurs de la crédulité.

Démontrons-lui que Dieu n’est qu’une chimère, l’expression d’une névrose fondamentale, et la boucle sera bouclée.

 

Dieu n’existe pas, c’est évident

 

L’argument de base, le postulat « incontournable » des athées : d’où vient ce Dieu, origine de toute chose ?

Retournons vite l’argument et ne nous laissons pas abuser par l’habituel ensemble clos des arguments enchaînés. Les matérialistes créent des ensembles (au sens mathématique du terme) et triomphent : est irrecevable ce qui n’entre pas dans l’ensemble défini.

L’univers matériel provient d’une coagulation originelle selon les théories admises ; les modalités de l’expansion ne font pas l’unanimité (et c’est secondaire dans notre réflexion).

Posons LA question qu’on se garde bien de poser : d’OÙ provient cette matière originelle ? Qu’y avait-il avant ? Les physiciens refusent de répondre : irrecevable...

Il n’est pas plus logique d’accepter l’existence (constatée) de l’univers né de rien que celle (indémontrable) d’un dieu éternel.

Le mot « Dieu » est difficile à accepter : il a été si galvaudé, si souvent associé au vieux barbu sur son nuage... Il n’empêche : « quelque chose » existe ; il est impossible de « prouver » que Dieu existe ou qu’il n’existe pas. Le faisceau convergent de preuves fait défaut.

Qui ou quoi pourrait réveiller cette majorité silencieuse qu’on tient tant à protéger ?

 

L’École

 

L’École a pour mission… a-t-elle encore une mission ? Reprenons. L’École devrait avoir pour mission de former des individus capables d’analyser, de comprendre, de manipuler des concepts, et surtout de savoir construire un raisonnement (et réciproquement, percevoir les failles d’une pseudo-démonstration).

Créé en 1808 par Napoléon 1er, le bac devrait couronner douze années d’études et démontrer l’aptitude à la réflexion. En 1900, 1 % des élèves terminait avec un bac ; en 1970 encore, on passait à 20% ; nous en sommes, en attendant mieux, à 63%.

Puisque presque tout le monde obtient le bac, presque tout le monde devrait pouvoir crier halte aux fausses démonstrations. Mais si Napoléon Bonaparte voulait former « l'élite de la nation », cette élite est peut-être anesthésiée ou abandonnée sans la moindre formation intérieure.

À moins que notre société vive volontairement le prélude à la décadence qui a détruit la civilisation romaine. Juvénal (Decimus Junius Juvenalis) poète satirique latin (≈50-≈130) écrivait déjà, il y a près de deux mille ans :

 «  ... [populus Romanus] qui dabat olim imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se continet atque duas tantum res anxius optat, PANEM ET CIRCENSES. »

« ... [le peuple romain] qui distribuait autrefois pleins pouvoirs, faisceaux, légions, tout, maintenant se replie sur lui-même et ne s’inquiète plus que pour les deux choses qu’il souhaite : DU PAIN ET DES JEUX. »

 (Satires, 10, 78-81)

À chacun de jauger l’opportunité de citer Juvénal.

 

Conclusion provisoire

 

Nous n’avons pas de goulags en France ; nous sommes en démocratie. Néanmoins, une force étrange, supragouvernementale peut-être, semble organiser les événements pour que « le bon peuple » soit conditionné, comme dans les camps de rééducation.

Démocratie ne peut et ne doit pas être synonyme d’anarchie ; le terme doit exprimer un état de droit et de droits ; chacun doit être libre, pour autant qu’il sache que sa liberté s’arrête où commence celle d’autrui.

Les tenants du matérialisme et de l’athéisme doivent partager l’ordre avec les tenants du spiritualisme et de la foi en d’autres vérités intimes. Les guerres sévissent en bien trop de pays pour que des intégristes tentent de la faire naître chez nous.

 

 

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