23 mars
2009
Madame le
Ministre,
Depuis
maintenant cinq ans,
nous observons les
effets de la politique de lutte contre les dérives
sectaires conduite par le gouvernement français.
Si elle répond indubitablement à une inquiétude de nos
concitoyens, les moyens mis en œuvre nous semblent toujours gravement inadaptés.
Les réactions
épidermiques et la
rhétorique simpliste de certains responsables politiques
de tous bords, suite aux déclarations d’Emmanuelle Mignon au
début de l’année 2008, sont le reflet d’une situation de
non-débat, d’unanimité tacite de la classe politique française
sur une action qui soulève pourtant des questions fondamentales avec
des conséquences extrêmement significatives.
Notre travail
d’observation et les nombreuses sollicitations dont nous sommes
l’objet nous conduisent en effet à constater que la population
française est aujourd’hui profondément marquée par l’amalgame
spiritualité-criminalité véhiculé par le mot secte, que celui-ci
creuse un fossé quotidiennement au sein de très nombreuses
familles, et prive le pays de nombreuses expressions d’une
inspiration légitime et créatrice.
Le projet de Monsieur Georges Fenech, président de la MIVILUDES,
de constituer une nouvelle liste de sectes (propos recueillis
dans le journal Le Parisien), après celle du rapport
parlementaire de 1996 très critiquée aux plans national et
européen, n'est pas acceptable et détériorerait un peu plus,
s'il voyait le jour, un débat public qui doit être repensé.
Nous sommes très inquiets de voir un tel projet soutenu par le
Premier Ministre qui exprime son souhait « que la MIVILUDES soit
renforcée et qu'elle puisse régulièrement actualiser la liste
des associations considérées comme sectaires ». (Nouvelobs.com
22.06.2008)
Selon une
enquête réalisée par BVA en décembre 1999, un tiers des français
vivrait une spiritualité « distincte de toute pratique
religieuse ».
Cette
évaluation se confirme, nous semble-t-il, dans l’émergence
significative que nous constatons sur différents lieux
d’expression, forums Internet, courriers des lecteurs ou des
téléspectateurs et même les lignes éditoriales de certains
médias, d’une opinion bien plus nuancée et proche du CICNS que
celle qui domine les discours officiels et les grands médias.
Le CICNS se
tient prêt à apporter
son expérience de plusieurs années sur le terrain, ancrée dans
une action pacifique, et son témoignage à tout débat
constructif sur le sujet des minorités spirituelles de France.
C'est dans
cet esprit constructif et pacifique que nous avons l'honneur
de solliciter de votre haute bienveillance une audience pour vous
présenter plus précisément notre action.
Espérant que vous voudrez bien donner une suite favorable à
notre requête, nous
vous prions de croire, Madame le Ministre, à l’assurance de
notre très haute considération.
Marie-Christine Koenig,
Porte-parole
du CICNS
www.cicns.net