Deux
discours des favoris des sondages
Dimanche 11 février 2007
Nicolas
Sarkozy parlait à ses comités de soutien à Paris et Ségolène Royal présentait
son programme détaillé devant 16000 personnes à Villepinte. Nous les avons écoutés
attentivement afin d’en extraire des signaux pour la « liberté de
conscience ».
Il ne s’agit pas
d’un condensé de leur discours mais de la recherche de paroles positives ou négatives
en rapport avec la protection des libertés individuelles : santé,
spiritualité, éducation. D’autres axes de « réforme » méritent
certainement l’attention des électeurs
mais ce regard sélectif est édifiant
quant à l’attention de ces deux
candidats à l’égard de ce que défend
notre association.
Belles
paroles ? Vœux de campagnes ? Quoi qu’il en soit, le message est
contrasté, pas de surprises dans le clivage droite gauche eu égard à la place
de la spiritualité.
Extraits
:

Nicolas
Sarkozy :
« L’homme
et sa liberté individuelle » sont une valeur du libéralisme et M.
Sarkozy est plus prolixe sur le sujet qui revient maintes fois :
"Je
suis fier d'être l'enfant d'un pays où la conscience est libre (…) Si je
suis élu, je ne serai pas là pour moi-même (…), je veux être le président
qui réconcilie les religions et la laïcité, et les croyants avec les laïques
(…). Je veux aller voir ceux qu'on ne va jamais voir (...), rencontrer
ceux qu'on ne rencontre jamais. (...) Je veux aller parler à ceux qui se disent
victimes de discrimination. (…) Je veux rencontrer ceux qui ne sont pas
d'accord avec moi, je veux écouter leur point de vue (...) parce qu’eux aussi
(...) ont quelque chose à m'apprendre, eux aussi sont
la France.
(…) C'est un grand tort pour notre pays d'avoir perdu la valeur du respect :
respecter les autres. (...) Ceux qui sont rigides sont des gens faibles (…)
La fonction présidentielle exige d'ouvrir son esprit, (...) elle exige une
forme d'ascèse. (…) cette pensée unique que je combats... (…) Je veux une
démocratie irréprochable (...) où les libertés individuelles soient respectées...
(…) Ce ne sont pas les institutions qui affaiblissent la démocratie mais le
manque de volonté politique, le manque d'honnêteté intellectuelle, le manque
de clairvoyance (…) Je veux
parler de la liberté (...). On a privé l'homme de choisir lui-même son rythme
de travail, voilà l'erreur des 35 heures. (...) On a interdit aux familles de
choisir l'école de leurs enfants. (...) La prudence, c'est d'être en vérité.
(...) Je me sens l'esprit d'un challenger (...) Tout peut devenir possible si
j'arrive à rassembler les Français.

Ségolène
Royal :
« Le
social et la collectivité » sont dans la perspective socialiste, on y
entend parler plus d’environnement mais beaucoup moins de liberté de
conscience et surtout de « spiritualité ». Le passage sur l’école
semble même exprimer un cadrage plus sévère.
(...)
Je veux faire de
la France
le pays de l'excellence environnementale (moratoire sur les OGM, réduire le
nucléaire à 50% de la production d'énergie) (...) la protection de
l'environnement est incompatible avec le libéralisme (...) J'ai besoin de vous
pour construire une France qui se ressemble et qui se rassemble. (...) Avec
moi, plus jamais la politique ne se fera sans vous (...) L'école est le creuset
où se forme les futurs citoyens. Elle traverse une crise profonde.
Tiendra-t-elle demain sa promesse d'égalité des chances ? Enseignants, vous
serez soutenus par
la République
, sans que vous ayez à craindre les inspections un peu trop rigides.
Obligation scolaire fixée à 3 ans. Je rétablirai le plan Handiscol que
j'avais créé lorsque j'étais ministre de l'Éducation. Tous les enfants
handicapés pourront s'inscrire à l'école dès la maternelle et il
appartiendra à l'école et non plus aux parents de justifier un refus (...) Un
paysage que nous aimons, une grande histoire avec des moments sublimes (...) et
en arrière-plan la grande lumière, jamais éteinte, de
la Révolution
française. (...)
La France
doit se montrer intraitable pour le respect des valeurs liées à sa tradition
d'humanisme et de lumière.
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