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La Franc-Maçonnerie

Toutes les « sectes » sont égales, mais certaines sont plus égales que d'autres...

Par Valérie Dole du CICNS

Introduction

Les ordres maçonniques en France

Quelle différence, dans les textes, entre une loge maçonnique et une "secte" ?

Les coulisses d'une loge féminine

Les Francs-maçons et la police en France

Une controverse franc-maçonne

Mise à jour de 2011

Lire également La Franc-Maçonnerie et les «sectes»

Un ordre initiatique, avec des rites, des rituels et des symboles, dans lequel l'adepte parcourt un chemin d'évolution à travers les « Hauts Grades » et les « Ordres de sagesse » pour parvenir au statut de « Grand Maître »... après avoir traversé une période d'initiation et attendu parfois jusqu'à deux ans avant d'être accepté, où hommes et femmes sont clairement séparés, où les réunions sont secrètes, où l'on fait du prosélytisme pour se faire connaître, et bien sûr, recruter de nouveaux adeptes... à quoi cela vous fait-il penser ?

En lisant les textes qui suivent au sujet de la Franc-Maçonnerie, on se prend à rêver :

À quand : « le temps d'antenne » pour tous ? Une presse favorable à chacun ou tout au moins équitable et ouverte à toute forme de spiritualité en France ? un « salon du livre » ouvert à tous y compris aux nouvelles spiritualités ? Le droit pour chacun de suivre ouvertement et sans crainte la « méthode d'éveil spirituel » de son choix ? Celui « d'épanouir et de développer sa conscience » selon les chemins qui lui conviennent ? De réaliser un « idéal d'universalité » ? La liberté pour chacun « de choisir la Lumière qui peut le mieux éclairer son Etre » ? De se « réunir librement » pour des « réflexions spirituelles profondes »... sans être voué à l'opprobre de la communauté locale ?

La Franc-Maçonnerie aurait-elle droit à un régime de faveur ?

Si ce que dit Alain Pozarnik, Grand Maître de la Grande Loge de France, est vrai : en quoi la FM se distingue-t-elle des autres mouvements spirituels français qui n'ont pour la plupart d'autre intention que d'appliquer le sage conseil des sages : "Connais-toi toi-même" ? On nous rétorquera sans doute que nombre de « sectes » sont dangereuses, selon dix critères de dangerosité établis principalement pour servir les buts assignés aux Renseignements Généraux. Mais c'est un secret de polichinelle : un seul de ces critères érigés en épouvantail pourrait s'appliquer à n'importe qui ?

Pouvons-nous espérer que le traitement de faveur accordé à la Franc-Maçonnerie soit étendu à tous ? Si cela n'est pas possible, il faudra un jour dire pourquoi... à moins que la Franc-Maçonnerie soit autre chose que ce qu'en disent ses adeptes. Et qu'on ne s'y trompe pas : nous ne demandons pas une modification du traitement accordé à la Franc-Maçonnerie, que les droits qui lui sont octroyés soient mérités ou non n'est pas notre propos. Nous souhaitons qu'ils soient accessibles à tous pour que « Les droits de l'homme » deviennent autre chose que de simples privilèges de francs-maçons, qui n'est qu'un groupe ésotérique comme un autre.  


Les Francs-maçons en France :

Grand Orient de France
(GODF Fondé en 1773) :

Première obédience maçonnique française
1030 loges, 42 000 membres (35 000 maîtres, 10 000 hauts initiés, 
âge moyen 56 ans, budget annuel 5 millions d’euros).

Abandon du Grand Architecte de l'Univers (Dieu) dans les 
statuts du Grand Orient de France en 1877.

Grande Loge nationale française
(GLNF Fondée en 1913) :

 1400 loges, 30 000 membres.

Grande Loge de France
(GLF Fondée en 1738) :

700 loges, 26 000 membres.

Fédération française du Droit humain (DH):

500 loges, 14 000 membres.

Grande Loge féminine de France (GLFF) :

340 loges, 11 000 membres.

Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (GLTSO):

170 loges, 3 600 membres.

Grande Loge mixte de France (GLMF) :

80 loges, 1 800 membres.

Grande Loge mixte universelle (GLMU) :

50 loges, 800 membres.

Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM) :

35 loges, 850 membres.

Loge nationale française (LNF) :

25 loges, 250 membres.

Soit environ 150 000 membres en tout. (Source)

Le Parti Socialiste français est depuis 1981 l'instrument du Grand Orient de France :

« On ne saurait dire aujourd'hui avec précision lequel, du Parti socialiste ou du Grand Orient de France, a investi l'autre » (...) « Les projets du gouvernement correspondent à la sensibilité des Francs-maçons du Grand Orient de France. (Roger Leray, Le Monde, 13 août 1981)

« En juin 2001, neuf obédiences françaises ont décidé de constituer entre elles un espace commun de dialogue, de travail et d'expression dénommé "La Maçonnerie Française" (ou l’institut maçonnique de France). C'est à ce titre que, quelques mois plus tard, ses neuf grands maîtres et grandes maîtresses furent reçus ensemble par le président de la République, Jacques Chirac. Cette initiative marque à l'évidence une étape nouvelle des relations maçonniques françaises et permet d'établir une "organisation harmonieuse de la franc-maçonnerie en France. » (Source)

Extraits d'un article aujourd'hui disparu d'Internet (comme tant d'autres, il semble y avoir eu un grand nettoyage...), où Alain Pozarnik, s'exprimait lors d'un salon du livre maçonnique en 2004,

Les principes évoqués ci-dessous ressemblent à s'y méprendre à ceux de nombreuses minorités spirituelles... On peine à voir la différence qui ferait des loges des espaces plus sécurisés que lesdites "sectes" telles que décrites par MIVILUDES et consorts ?

Est-ce que l’enseignement maçonnique est plus oral qu’écrit ?

« L’enseignement permettant l’évolution, le perfectionnement, et l’achèvement de l’homme se doit d’être adapté à chacun des chercheurs pour que celui-ci acquière la totale liberté propre à un Homme accompli.

« Ce chemin, qui se parcourt dans le secret des coeurs et de l’esprit, n’a jamais été apprécié par les autorités politiques ou religieuses ce qui a conduit ces transmissions à être orales.

« La franc-maçonnerie est le dernier bastion des valeurs que notre société recherche si ardemment." 

Est-ce qu’un franc-maçon peut publier des articles et des livres ? Ne risque-t-il pas de dévoiler le fameux secret maçonnique ?

« Le franc-maçon est un homme libre et de bonnes mœurs. En franc-maçonnerie il n’y a pas de secret puisqu’il s’agit uniquement d’une méthode d’éveil personnel. Tout peut être dit, la difficulté est de le vivre. La grande erreur consiste souvent à habiller une découverte possible avec ses vieilles idées et ses peurs. Au lieu de partir en voyage, on imagine le voyage. Le véritable secret maçonnique est le chemin que nous empruntons pour aller de l’homme que nous sommes à l’Homme que nous pourrions devenir. Il s’agit donc d’un secret personnel, intime, profond et indicible. 

« Le véritable travail maçonnique n’est pas occultiste mais spiritualiste et les livres maçonniques sérieux participent à l’épanouissement et au développement de la conscience. Ils font partie des richesses de l’humanité en évolution. »

« Les Francs-Maçons, dans la poursuite commune d’un même idéal se reconnaissent entre eux par des mots, signes et attouchements qu’ils se communiquent traditionnellement en Loge au cours des cérémonies initiatiques. Ces mots, signes et attouchements, de même que les rites et les symboles font l’objet d’un secret inviolable et ne peuvent être communiqués à quiconque n’a pas qualité pour les connaître." (Source)

"Les Francs-Maçons, dans la poursuite commune d’un même idéal se reconnaissent entre eux par des mots, signes et attouchements qu’ils se communiquent traditionnellement en Loge au cours des cérémonies initiatiques. Ces mots, signes et attouchements, de même que les rites et les symboles font l’objet d’un secret inviolable et ne peuvent être communiqués à quiconque n’a pas qualité pour les connaître."

Le véritable travail maçonnique n’est pas occultiste mais spiritualiste et les livres maçonniques sérieux participent à l’épanouissement et au développement de la conscience. Ils font partie des richesses de l’humanité en évolution.

À noter également, le "projet politique" de la Franc-maçonnerie :

« À l'heure où, dans un affrontement généralisé des civilisations, la guerre répond au terrorisme dans une spirale de moins en moins maîtrisée, où la laïcité n'a jamais été aussi violemment attaquée par les nouvelles formes de sectarismes idéologiques ou religieux, il appartient aux Franc-maçons de montrer l'exemple et de permettre à une Assemblée représentative des peuples issus des cinq continents de préparer l'avènement d'une Res Publica latitudinaire, autrement dit : la REPUBLIQUE PLANÉTAIRE" (Jacques-Georges Plumet, dans "La République planétaire", Ed. A l'Orient, 2007)

Avec un temps d'antenne, s'il vous plaît...

"La Grande Loge de France vous parle" 

« Le troisième dimanche de chaque mois, à 9h40 sur France Culture, des membres de la Grande Loge de France s’expriment, en leur nom, sur des points de leurs parcours maçonniques respectifs, donnant l’occasion au grand public de se familiariser avec ce qui constitue à la fois l’unité et la diversité de points de vues des membres de la Grande Loge de France. (Source)

Lu sur : L'Express :

Des franc-maçonnes lèvent le voile

« Ils ont toujours agi dans la discrétion voire le secret. Mais de temps en temps, ils se dévoilent. Pour faire connaître le mouvement mais aussi, sans cependant jamais l’avouer explicitement, pour se faire de nouveaux adeptes. C’est ainsi que la présidente mondiale de la Grande Loge féminine de France (GLFF), Marie-Françoise Blanchet, et quelques franc-maçonnes mauriciennes ont fait face à la presse hier. Présentation de cette loge et des deux branches mauriciennes, celle de la Rose de l’Aurore et du Flamboyant.

Ces loges sont à 100 % féminines. Elles ne sont ni une religion, ni une secte, précise Marie-Françoise Blanchet. (voilà, il suffisait de le préciser...) Avec 10 000 membres en France et 1 500 dans une trentaine de pays, dont 35 à Maurice, les franc-maçonnes de cette obédience ont pour objectif de construire un monde meilleur dans la liberté, la fraternité et l’égalité.

« À 35 ans, j’étais une femme heureuse et épanouie. Mais je sentais qu’il me manquait un petit quelque chose et c’est à ce moment qu’un ami m’a proposé la franc-maçonnerie”, déclare Marie-Françoise Blanchet qui, depuis, a trouvé “cette petite étincelle” et a donné à sa vie “ une dimension supplémentaire” à travers les rites, “la réflexion spirituelle sans religion et les réflexions profondes” sur un large éventail de sujets avec ses sœurs de la loge.(Source)

Les francs-maçons ont pénétré la police plus que tout autre corps de métier : 

1 commissaire sur 4 serait frère. Presque autant chez les officiers. Mais moins à la base. 

par Laurent Chabrun, François Koch, Jean-Marie Pontaut, Romain Rosso (extraits)

(…) C'est une liaison troublante. Les policiers sont attirés par les temples comme les papillons de nuit par la lumière. «Parce qu'ils voient dans la franc-maçonnerie une grande institution républicaine, et même, consciemment ou pas, un grand corps de l'Etat», explique Roger Dachez, président de l'Institut maçonnique de France. «Parce qu'ils se sentent mal aimés et mal compris, ils plébiscitent des structures discrètes où ils peuvent se retrouver pour parler», ajoute l'ancien conseil maçon d'un syndicat de police. Confrontés à un quotidien morose et violent, les policiers, plus que toute autre profession, auraient besoin de s'aérer l'esprit.

(..) Un policier du nord de la France, vénérable au GO, affirme que son obédience compterait précisément 460 commissaires de police, actifs ou retraités. «Si l'on extrapole aux deux autres grandes obédiences, la Grande Loge nationale française (GLNF) et la Grande Loge de France (GLF), on pourrait compter jusqu'à 1 commissaire sur 4», ose ce gradé.

Pour Eric Vanlerberghe, président de la Mutuelle du ministère de l'Intérieur et initié lui-même au GO, ce taux est d'environ 20% sur les 14 939 officiers, c'est- à-dire près de 3 000 lieutenants, capitaines et commandants de police, majoritairement au GO. Ce qui est colossal au regard du nombre total de maçons au sein de la population française: 135 000.

Les services de police ne sont pas égaux devant la maçonnerie. La sécurité publique, les Renseignements généraux (RG) et les CRS seraient plus maçons que la police judiciaire (PJ).

Mais les maçons demeurent à des postes clefs. Actuellement, par exemple, l'un des sous-directeurs des RG porterait le tablier. De même, la plupart des syndicalistes les plus influents de la «grande maison» sont maçons. Les frères sont également très présents dans les associations internes à la police, comme l'orphelinat mutualiste ou l'Association nationale d'action sociale de la police nationale (Anas). De plus, leur pouvoir, réel ou exagéré, fait toujours peur. A ce jeune commissaire, affecté aux RG, un «vieux» directeur donna ce conseil: «Ne vous mettez jamais à dos les francs-maçons: ils peuvent briser votre carrière.»

(…) Pierre Joxe, initié lui aussi, avait truffé son cabinet de frères. De même, quelques fonctionnaires de la préfecture de police de Paris ont dû penser qu'il serait peut-être bon pour leur carrière d'être cooptés à la GLF , où Philippe Massoni occupe les plus hautes fonctions.

(…)  Certains policiers maçons ont aussi été, par le passé, mêlés à de véritables affaires d'Etat. «La franc-maçonnerie est une réplique de la société française, plaide Vanlerberghe: il y a autant de déviances qu'ailleurs.»  (Source)

Francs-maçons, mise à jour janvier 2011

Des Francs-maçons font à nouveau « les gros titres des journaux pour leur affairisme »[1], d’une part en raison des querelles internes à divers loges et, d’autre part, en lien avec l’Afrique.

Grande Loge Nationale de France

 « Les membres de la GLNF sont en conflit ouvert avec leur président, l'avocat François Stifani, depuis le 26 mars dernier, lorsque l'assemblée générale de la GLNF l'avait sommé de démissionner. Ses membres lui reprochaient des prises d'intérêt et une prise de pouvoir totale au sein de la GLNF. Stifani avait alors fait démissionner son conseil (lui y compris), mais s'était maintenu en place, et continuait de se considérer le « Grand maitre » de la GLNF au moins jusqu'en 2012. En décembre dernier, le TGI de Paris avait invalidé l'assemblée générale du 26 mars pour permettre l'organisation d'une nouvelle AG, destinée à réélire un nouveau président. Lundi, elle est allée plus loin, en nommant un mandataire ad hoc à la tête de l'association. Non seulement, elle se substitue ipso facto à François Stifani, qui perd ainsi tout pouvoir, mais elle confirme que la nouvelle AG devra ratifier un candidat à la Grand Maitrise. (par Eric Tréguier, chef de la rubrique « Finances privées » à Challenges, jeudi 27 janvier 2011)

Dans son édition parue le jeudi 27 janvier 2011 et titrée « Francs-maçons, le grand déballage – révélations sur le scandale qui secoue les loges », le Nouvel Obs évoque la « réunion de famille » de « neuf grands maîtres et grandes maîtresses des principales obédiences françaises » : « Nous sommes là pour marquer notre opposition à la Grande Loge nationale française », finit par lâcher Guy Arcizet, grand maître du Grand Orient de France »,

 « Depuis bientôt deux ans, le grand maître de la GLNF est agoni par ses frères. Sur internet, des dizaines de blogs contestataires baptisés « Myosotis » dénoncent les turpitudes d’un autocrate souvent pris la main dans le sac. Abus de pouvoir, folie des grandeurs, gestion opaque, dérapage politique, montages financiers suspects, fréquentations douteuses en Afrique… Tout y passe. »

« Les loges sont incitées à recruter trois nouveaux frères par an en ciblant les décideurs économiques, administratifs et politiques. En trente ans, les effectifs passent ainsi de 6000 membres au début des années 1970 à 35000 en 2000 et 44 000 aujourd’hui. (…) (Stifani) suit la politique de croissance au pas de charge (les loges d’excellence doivent recruter huit nouveaux frères par an !) (…), remet des cadeaux luxueux aux frères Bongo et Sassou Nguesso (…). Le conseil d’administration est à sa main. Les 400 membres du « souverain grand comité » sont nommés par lui. Bref, Stifani se croit le maître du jeu et n’hésite pas à s’autoproclamer « guide spirituel » de ses 44 000 frères… »

« Compte tenu de la croissance des effectifs, les cotisations représentent un revenu de 17 à 20 millions d’euros. Que devient cette manne ? », s’interroge un frère businessman qui explore une nébuleuse qui n’a pas encore révélé tous ses secrets. « 70 % de cette somme part dans l’immobilier », indique benoîtement Stifani, qui a lancé un vaste plan d’équipement en temples maçonniques et sollicité l’épargne des frères de la GLNF pour constituer le capital d’une vingtaine de SCI opaques. Jean-Charles Foellner, grand maître honoraire depuis son retrait en 2007, est omniprésent dans ces structures financière de cette nébuleuse. »

« Les gendarmes marseillais s’intéressent aussi à l’activité d’une société d’affrètement qui expédie le matériel en Afrique », glisse un frère bien informé. »

« Au Luc-en-Provence, en 2006, un homme de 93 ans nommé Pierre Gaston a fait don à la fondation GLNF d’une SCI baptisée Gaston-Dessaux pour une valeur de 1 626 000 euros. Ce legs est aujourd’hui contesté par les nièces du défunt. Déjà son notaire (membre de la GLNF), sa compagne exécutrice testamentaire et son médecin ont été mis en examen « pour abus frauduleux de l’état d’ignorance et de faiblesse ». L’enquête suit son cours mais pourrait éclairer le rôle de Jean-Charles Foellner, devenu président de la SCI Gaston-Dessaux propriétaire au 87, boulevard Hausmann de murs loués à un restaurant. »

« Autre donation, autre SCI. Les époux Kunzli ont légué à la fondation de la GLNF 1,2 million d’euros constitués de liquidités et d’une SCI, CNL, dont Jean-Charles Foellner est aussi devenu le gérant « désintéressé ». Car le grand maître honoraire, très énervé de devoir se justifier, a tenu à préciser dans une réponse à notre confrère « le Point » que toutes les fonctions qu’il exerce « ne sont pas rémunérées ». »

La Franc-maçonnerie et l’Afrique

Le Nouvel Obs publie également une interview d’Antoine Glaser, ancien directeur le « la Lettre du continent », pour qui « on ne peut comprendre la réalité du pouvoir africain sans pénétrer dans les arcanes de la franc-maçonnerie. »

« La franc-maçonnerie constitue un véritable système de gouvernement parallèle en Afrique noire. Dans la mesure où toute l’élite est maçonne, l’appartenance aux « fils de la veuve » permet de transcender la frontière entre majorité et opposition. Omar Bongo en a fait un système de verrouillage politique. L’opposition pouvait, dans une certaine mesure, le contester dans les instances « profanes ». Mais elle était en réalité muselée car menacée d’être radiée des obédiences si elle allait trop loin. Or, au Gabon, seuls les « frères de lumière » peuvent accéder aux pouvoirs politique et financier. »

 « En Afrique plus qu'ailleurs, la saga des « frères trois points » s'est trouvé un terreau fertile, tant ses codes et ses usages y font écho à la magie des rites initiatiques ou du bois sacré et à la force ancestrale du clan. Le désir d'accéder à ce sanctuaire laïc de l'élite blanche, puis le souci d'instaurer avec l'ex-métropole coloniale des canaux inconnus des profanes, discrets vecteurs d'influences, ont fait le reste. Au-delà des fables, un fait : sur le continent africain, une douzaine de chefs d'Etat de l'espace francophone ont « reçu la lumière ». »

« La raison avait quitté la Cité, soupire Joseph Badila, ancien Très Puissant Souverain Grand Commandeur du Grand Orient et Loges associées du Congo. L'appétit de pouvoir prévaut sur nos idéaux. C'est ainsi : les maçons sont partout, la maçonnerie nulle part. »[2]

« Les francs-maçons africains sont des guerriers mercantiles qui font prévaloir l'intérêt personnel sur l'intérêt général, l'individu sur la société... Une franc-maçonnerie d'égoïsme, de la violence et de la misère. Pourquoi l'Occident qui incarne les idéaux de ces pratiques continue-t-il d'initier les Africains en sachant bien que ces derniers dévient l'orientation et le sens des enseignements de ces confréries ? L'argent des cotisations est-il plus important que des vies humaines ? L'Afrique n'est pas libre. Peut-être, ne le sera-t-elle jamais, aussi longtemps que les sectes occidentales battront chaque jour des records d'adhésions au préjudice des rites traditionnels africains. »[3] 

Réseau d'influence ?

François Koch : "(...) J’ai l’expérience d’investigations sur des sectes comme la Scientologie, les Témoins de Jéhovah, ou le Man­da­rom. Je me suis toujours demandé si je ne risquais pas de tomber sur un membre d’une secte dans ma rédaction qui finirait par m’ennuyer, me bloquer… À ma connaissance, ce n’est jamais arrivé. Le risque est bien plus élevé avec la franc-maçonnerie, car ils sont plus nombreux et pénètrent facilement et discrètement les rédactions. Je les fréquente depuis sept ans et demi, et j’ai souvent entendu des rumeurs, plutôt inquiétantes, comme je le raconte dans mon livre?6. En 2005, des frères m’ont appelé à plusieurs reprises pour me dire : « Un frère d’une loge parisienne est journaliste à L’Express et te surveille : fais gaffe à tes dossiers… » Toujours en 2005, des « frangins » m’ont mis en garde, m’expliquant qu’à la suite d’un article, certains dignitaires voulaient me faire licencier. D’après eux, il suffirait qu’ils prennent langue avec Serge Das­sault — membre du Grand Orient et propriétaire de L’Express —, pour qu’ils obtiennent ma tête. C’était la première fois que j’entendais de telles menaces, ce qui ne s’était jamais produit après des articles sur des sectes." ("OÙ SE CACHENT LES JOURNALISTES FRANCS-MAÇONS ?, Médias, hiver 2009)

 


Valérie Dole est membre du CICNS. Journaliste indépendante, elle étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 1977. Responsable des News au CICNS. Presse@cicns.net

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