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Infiltrations, rumeurs et effets d'annonce 

Par le CICNS (février 2009)

 

L’émission « Les infiltrés » décriée au sein même de la profession journalistique à cause de ses méthodes d’investigation (infiltrations et caméras cachées), se justifiait en introduction de sa dernière édition (28 janvier 2009) sous la forme d’un « droit de suite ».

 

Elle se félicitait notamment que depuis son émission sur « les sectes » et le reportage sur « les faux souvenirs induits » la MIVILUDES avait reçu une centaine de courriers écrits par des « familles brisées » par « ces mêmes gourous » et que, « devant la multitude de témoignages », elle mettait en place conjointement avec le Ministère de la santé un « groupe d’appuis technique » comprenant médecins, policiers et gendarmes chargés de « détecter de telles dérives ».

 

Il semble trop tôt pour juger de la pertinence et de la validité de la théorie des « faux souvenirs induits » que la MIVILUDES utilise pour se justifier de porter le soupçon sur de nombreuses pratiques psychothérapeutiques alors que ladite théorie se développe à peine en France et qu’aux Etats-Unis, où elle est née il y a une quinzaine d’années, elle n’a encore aucune reconnaissance ni de la profession médicale ni de la communauté scientifique dans son ensemble.

 

Qu’elle soit mise en avant par les medias et la MIVILUDES est un parti pris que nous avons déjà souligné.

 

Nous ne préjugeons pas non plus de l’authenticité des témoignages reçus par la MIVILUDES, mais il est à constater que « Les Infiltrés », eux, le font avec une indécente précipitation en regroupant cette centaine de courriers sous la mention : « familles brisées par des gourous », alors qu’il semble, d’après Georges Fenech lui-même, Président de la MIVILUDES, que seuls certains de ces dossiers seront instruits et qu’on est encore loin, bien entendu, de voir une condamnation.

 

Au-delà de l’évaluation des diverses méthodes thérapeutiques, il s’agit pour le CICNS de mettre en lumière, à partir de cet exemple, une méthode douteuse, caractéristique de l’action antisectes. Cette méthode consiste à « crier au loup », puis à attendre les échos inévitables du cri qui vient d’être poussé : plaintes plus ou moins opportunistes, expressions haineuses d’une ancestrale phobie, et aussi, immanquablement, des témoignages d’apparition de la bête dans les situations les plus invraisemblables. Dans la peur grandissante, il est alors facile de justifier une chasse tous azimuts.

 

Imaginons un reportage en caméra cachée qui piège, par exemple, un commercial en train de mystifier un client suivi d’une annonce de l’existence d’un organisme d’État en charge de l’aide et du soutien aux victimes des dérives des commerciaux. Il y a fort à parier que c’est bien plus d’une centaine de courriers réclamant justice, à tort ou à raison, que recevrait le dit organisme dans les jours suivants. Cela suffirait-il à justifier l’existence dudit organisme ou encore les dérogations à la charte des journalistes que constitue l’usage de fausses identités et de caméras cachées pour démasquer les "dangereux commerciaux" ?

 

Nous recevons régulièrement, par erreur (tant il est difficile pour la plupart des internautes d’imaginer qu’un site qui parle de « sectes » ne soit pas antisectes), des courriers réclamant justice contre une « secte ». L’exemple suivant montre combien ces manifestations peuvent être opportunistes. (Transcription intégrale et sans correction) :

 

urgent merci

Bonjour

Est ce qu'un  testament au profit d'une secte est valable.?

Nous avons un cas éloigné autour de nous, les héritiers non directs ne savant pas quoi faire...... »

merci de votre réponse et de votre aide

avez vous un texte de loi? 

Cordialement 

 

Le nombre d'accusations de secte dans les procédures de divorce dont l'explosion a suivi la parution du premier rapport d'enquête parlementaire sur les sectes en 1995, en est un autre exemple. D’après les avocats qui ont observé le phénomène, ces accusations auraient rarement été prises au sérieux par la Justice mais elles auront indubitablement contribué à entretenir l’amalgame entre spiritualité et criminalité que provoque le mot secte.

 

Un proverbe dit : Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage... Encore faudrait-il qu’il y ait une épidémie déclarée.

 

La désignation de « secte » est une épidémie galopante et toujours d’actualité. Une trentaine d’années plsu tôt, elle ne concernait que quelques minorités spirituelles mais elle se propage au fil des ans dans tous les milieux dits alternatifs. Son mode de transmission serait principalement hertzien mais la propagation se ferait aussi par voie orale, voie de presse, voie administrative…

 

Nous pensons qu’un minimum de précautions éthiques dans la profession journalistique, de même que l’application par le public d’une certaine hygiène de vie (alimentation en informations variée et équilibrée, exercice quotidien de l’esprit critique…) pourrait marquer un arrêt si ce n’est une régression de cette psychose de société.

 

En attendant, nous conseillons à tous, en traitement préventif et curatif, de prendre connaissance des deux documentaires du CICNS.  

 

Lire également fausses identités et caméras cachées

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