Le rapport 2006 de la MIVILUDESMission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectairescommentaire de Michel de Courtelle michel.de.courtelle@hotmail.fr Par
rapport à 2005, le rapport 2006 franchit un degré supplémentaire dans
l’expression d’un totalitarisme à la française sur « la chasse
aux sectes ». Comme
l’an dernier le rapport met en évidence
que Comme
l’an dernier, le rapport est tout aussi
indigent, utilisant nombre d’amalgames, de jugements de valeur, de généralisations
abusives, de manipulations mentales, d’abus de position dominante
(cf. Annexe 2). Comme
l’an dernier, le rapport contient nombre
de propos induisant un questionnement sur la compétence des équipes
d’étude de Comme
l’an dernier, le rapport s’avère
aussi exempt de preuves tangibles et de résultats avérés sur le phénomène
pourtant stigmatisé. Le rapport ne contient
que seulement deux délits (un datant de 1997 et un datant 1999) ayant abouti à
une sanction pénale. La disproportion entre l’acharnement suspicieux sur le
mythe de la sempiternelle secte criminogène et la réalité du phénomène
observé est flagrante. En procédant ainsi, Comme
l’an dernier, Pour
la première fois depuis les rapports de Pour
la première fois aussi, il est à noter
que le domaine de la spiritualité et des religions
n’est plus autant stigmatisé que par le passé. Les membres de Pour
la première fois encore, La
portée ou les propos diffamatoires envers le CICNS et Pour
la première fois enfin, la conclusion du
rapport ne signale aucun axe de progrès pour les années suivantes, et
se limite à une simple conclusion politique de remerciements,
ce que l’on pourrait comprendre pour un rapport vide de résultats, même
s’il fait presque le double de pages par rapport aux années précédentes
(115 pages en 2004, 172 pages en 2005, 304 pages en 2006 ! Qui va le lire
en entier ?). Mais de là à ne se fixer aucun axe d’évolution, aucun
objectif concret mesurable il y a une marge de liberté que se permet Après
lecture d’un tel rapport, on est en droit de se poser les questions suivantes : Jusqu’où
ira la désinformation intentionnelle de nos concitoyens, et l’amplification
du phénomène de peur pour mieux les manipuler ? Jusqu’où
ira l’aveuglement de nos concitoyens qui cautionnent ce type d’organisme, ce
type de méthode de travail, ce type d’individus peu respectueux des droits
fondamentaux des êtres humains et du vivant ? Il
est grand temps que nos hommes politiques se positionnent par rapport à
l’attitude de Annexe
1 Pour
reprendre les 9 mêmes mécanismes sectaires que ceux employés dans le compte
rendu du rapport 2005 de
1)
En premier, le fait de se couper d’une grande partie de la société,
et des réalités
Elle prend donc la responsabilité de développer un corps social de plus en plus schizoïde. 2)
En second, le fait de critiquer systématiquement tous les domaines qui
peuvent la déranger
3) En troisième, le fait de prophétiser le chaos dans le domaine des « sectes »
Alors, elle assure de façon démagogique et autoritaire dans sa conclusion qu’elle fera preuve d’une « volonté sans faille » pour lutter contre ceux qui ont la « volonté soutenue de se noyer dans le paysage, de se fondre dans la masse, de s’insérer dans tous les rouages de la société, sous couvert de soins, de formation, d’assistance, de compétences spécifiques, voire de spiritualité, bref de tout ce qui peut paraître sympathique et honorable » (p 289). Cette
tendance de 4)
En quatrième, le fait de revendiquer une Mission, de faire la promotion
d’une doctrine sociale, politique, psychologique avec une idéologie d’éradication
sectaire bien définie pour se faire passer pour l’organisme Sauveur, tout en
employant des dogmes intouchables
Comme
chaque année, au niveau international, Asma Jahangir, la rapporteuse spéciale
sur la liberté de religion ou de conviction à la commission des droits de
l’Homme de l’ONU critique sévèrement de conscience de membres de ces groupes a été indûment restreint » (p 130). De plus, cette année, même dans les questions écrites des députés au gouvernement il est question de l’attaque du gouvernement américain « mettant en exergue la « législation restrictive » visant les communautés religieuses » en France (p 301). 5) En cinquième, le « système MIVILUDES » joue toujours sur deux tableaux
Une dépendance maternelle des organisations cultuelles, sociales, éducatives ou de formation vis à vis de l’état, ou une dépendance des thérapies officielles à la pensée médicale dominante en vigueur. Cette dépendance est apte à générer un sentiment d’impunité malsain quand chacun peut se sentir protégé par les diplômes ou les agréments donnés. Elle génère aussi son corollaire de perte d’autonomie d’existence et de pensée. Une
culpabilité pour ceux qui braveraient la loi du Père état,
à partir du moment où Le
fait de jouer sur les deux tableaux en même temps fait de 6)
En sixième, un dispositif législatif, administratif, exécutif,
judiciaire employant des méthodes contraignantes quasi-uniques au monde.
Ce dispositif fait de 7)
En septième, l’égocentrisme de Ce septième mécanisme sectaire, qui la fait passer pour le seul « Gourou » guérisseur du mal que sont les sectes, est très présent dans le corps social étatique. 8) En huitième, les méthodes de persuasion et de focalisation médiatique de l’attention employées pour faire croire à de fortes dérives demeurent omniprésentes. Le dispositif de formation s’étend de plus en plus à toute l’administration sur la base de critères policiers et administratifs. En aucun cas il n’y a cette année, plus que l’an dernier, un dispositif d’étude traitant du contenu des pratiques des mouvements spirituels ou des thérapies alternatives. 9)
En neuvième, une normalisation faite par Cela permettrait de mieux connaître certaines pratiques et de les valider si nécessaire. Au
lieu de cela, Mieux
encore, elle stigmatise les nouvelles thérapies en déclarant sans se rendre
compte de la stupidité de ses propres remarques, à savoir que ces thérapies
ne sont pas validées (sous-entendu par l’état
Français qui se refuse d’en valider même une seule). Annexe
2 52
Amalgames, jugements de valeur, généralisations abusives (idem 2005): Pages :
6 (3 fois) , 7 (3 fois), 17,19, 21 (3 fois), 22, 23 (2 fois), 25 (2 fois), 26,
28, 35, 39, 51, 79, 91, 102 (4 fois), 108, 114, 124, 125 (2 fois), 127 (2 fois),
128, 129, 130, 131, 133, 134, 143, 144 , 150, 151, 249, 260, 272, 273 (2
fois), 275, 281, 285 L’emploi
du jugement de valeur à priori, de l’amalgame facile, des généralisations
abusives, sont un reflet du deuxième mécanisme sectaire. 16
Abus de position dominante (en baisse par rapport à 2005): Pages :
11, 66, 67, 69, 75, 77, 79, 80, 106, 107, 114, 231, 278, 281, 285, 301 Les cas d’abus de position dominante sont un reflet du sixième mécanisme sectaire. 61
Manipulations mentales (idem 2005): Pages : 7 (2 fois), 8 (2 fois), 10,16,18, 19 (3 fois), 20, 21, 23 (3 fois), 24, 25 (3 fois), 26, 27 (2 fois), 32, 33 (2 fois), 34 (3 fois), 35, 39, 51, 54, 55, 59, 60, 63, 64, 66, 67, 69, 70, 75, 78, 91, 103, 105, 106, 108, 127, 132, 133, 134, 148, 231, 251, 260, 273 (2), 275, 281, 285 Les cas de manipulation mentale sont un reflet du huitième mécanisme sectaire. Annexe
3 Les cas d’incompétences recensés sont encore nombreux dans le rapport 2006. Néanmoins, l’observation complète des rapports de ces trois dernières années reflète une autre incompétence, bien supérieure encore, sur un certain nombre de grands axes thématiques que nous allons inventorier. Au
moins 19 incompétences visibles dans le rapport 2006:
Pages : 19, 20 (3 fois), 22 (2 fois), 26, 28, 30, 35, 64 (3 fois), 66, 67, 69, 70, 164, 301 Thématiques
d’incompétence : Méconnaissance des lois de la douleur, des mémoires du passé engrammées au dedans de soi. Méconnaissance de la psychologie transpersonnelle, des processus d’éveil vers le bien être durable (discours uniquement fait de psychologie freudienne). Méconnaissance des processus initiatiques et ésotériques, des processus spirituels. Méconnaissance des thérapies alternatives. Méconnaissance du passage de vie à trépas. Méconnaissance de l’accompagnement humain pendant la grossesse. Méconnaissance sociologique, théologique et juridique dans le domaine des nouvelles spiritualités. Lorsque
Annexe
4 Domaine
de la santé par les thérapies alternatives et formations professionnelles
dispensées autour de ce thème Recensement
de plus en plus fin des formations professionnelles suspicieuses au regard de Verrouillage des formations d’animateur BAFA et BAFD (p 263), des formations d’ostéopathe, du titre de psychothérapeute (p 279-280). Interdiction de toute publicité commerciale et de toute recommandation pour les produits phytopharmaceutiques destinés au traitement des végétaux (nouvelle loi de Janvier 2006, p 76). Une nouvelle visite médicale de chaque future maman au 4ème mois de grossesse pour surveiller leur propre vulnérabilité psychologique (p 282). Une nouvelle visite médicale obligatoire et gratuite pour les enfants entre 6 et 15 ans pour faire un bilan physique et psychologique. Le
refus de se soumettre ou de soumettre ceux sur lesquels on exerce l´autorité
parentale, ou dont on assure la tutelle, aux obligations de vaccination ou d´en
entraver l´exécution est puni de six mois d´emprisonnement et de 3750 € d´amende
(p 281). Information
médiatique de plus en plus systématique pour toutes les petites structures ou
personnes utilisant des thérapies jugées déviantes par Ci dessous : Les
39 cas cités soit dans le rapport 2006, soit dans la commission de décembre
2006 sur les enfants.
Ces
cas viennent s’ajouter ou compléter les 51 cas de l’an dernier (20 à 21
cas communs), puisque Coaching,
team-building, p 60, 260 Guérisseurs à mains nues, biomagnétiseurs, p 61 Toucher massage chinois p 287 Brain Gym (Edu-Kinésiologie) p 63, Kinésiologie p 260 Hamer p 63 Décodage biologique p 63, Analyse et réinformation cellulaire p 65 Régressions, expansions de conscience, faux souvenirs p 63-64 Rebirth
p 65, 144 Doulas et accompagnement de la naissance p 67 Haptonomie, hyponatal, massages (non kiné) p 68 EMF Balancing Technique p 69 Purin d’ortie p 79 Analyse Transactionnelle p 136-159 Initiation chamanique avec plantes hallucinogènes Ayahuesca, Iboga p 160-168 Psychophanie, enfants indigo p 257, Kryeon p 69 Herbalife (suspecté p 261) Mouvement Shaolin (suspecté p 261) Groupes contre l’obligation vaccinale p 281 Energie Chromokinèse EthnoMédecins sans frontières Mormons p 173, 262 Bouddhistes p 262 Moon ou l’église chrétienne de l’Unification (cités 26 fois) Scientologie (cités 124 fois) Témoins de Jéhovah (cités 58 fois) Tabitha’s Place Les enfants d’Ilythie Les Loubavitch Les frères de Plymouth
Les 51 thérapies alternatives citées en 2005:
La
préparation fœtale de l’AMORC, la kinésiologie, EMF Balancing/Kryeon, le
chamanisme, la médecine traditionnelle chinoise, la macrobiotique, la méthode
Hamer, le Reiki, les thérapies des « faux » souvenirs, Mahikari,
l’hygiénisme, les médecines énergétiques, la médecine holistique, la
psycho-généalogie, la bio-psycho-généalogie, Les
6 mouvances spirituelles citées en 2005:
Le
Bouddhisme Zen, l’Antroposophie, la méditation, la physique quantique et les
phénomènes liés aux traditions de l’humanité, les enfants indigos/Kryeon, Les
autres mouvements suspects cités en 2005:
Le parti politique anti-Bush Solidarité et Progrès
Annexe
5 La
commission d’enquête « l’influence des mouvements à caractère
sectaire et les conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et
mentale des mineurs » Compte rendu complet de 56 pages sur le site www.cicns.net Source
: Les auditions sont disponibles sur le site de l’Assemblée Nationale : http://www.lcpan.fr/sommaire_secte.asp
Synthèse
des auditions Commentaires
généraux Absence de sociologues, d’historiens des religions, d’ethnologues Absence de preuves, d’enquêtes scientifiques, de statistiques vérifiables par des tiers indépendants. Chiffres approximatifs et interprétations aléatoires. Jugements de valeurs portés sur les doctrines diffamatoires. Absence de preuves pouvant étayer l’existence d’un quelconque problème sectaire sur les enfants : seuls trois cas sont recensés en France, 2 cas où les personnes membres d’un mouvement souhaitaient scolariser leurs enfants dans des écoles à l’étranger, un cas d’enfant considéré comme « indigo » où la scolarité posait problème avec l’éducation Nationale. L’UNADFI appelée à témoigner n’entend qu’un certain point de vue des victimes, et n’a pas de compétence sociologique, juridique, théologique.
Messieurs
Jean-Yves Dupuis et Pierre Polivka sont Inspecteurs généraux de l’éducation
Nationale et représentants de Ils
ont déclaré en commission le 10 octobre: Jean-Yves
Dupuis : « les inspecteurs d’académie ou les recteurs, ont
procédé à 19 000 signalements … enfin disons ... 19 000 signalements auprès
des Procureurs de Pierre
Polivka : « Les enfants éduqués dans les familles ne le sont pas parce
que les parents Jean
Yves Dupuis : « J’ai l’habitude de dire (…) pour l’Education
Nationale les enfants des Témoins de Jéhovah sont des (…) des élèves
parfaits (…) ils sont parfaitement disciplinés, ils travaillent (…) c’est
pas d’eux qu’on va avoir des problèmes (…) Pierre
Polivka : « Vous posez une question précise sur les Témoins de Jéhovah
(…) Je confirme ce que dit mon collègue (…), jamais nous
n’avons eu de signalement d’enseignants, de parents d’élèves, d’élus
nous alertant sur le comportement des enfants Témoins de Jéhovah … Il est
vrai que nous les connaissons souvent mieux que les autres, parce que souvent
effectivement les enfants Témoins de Jéhovah sont des élèves qui affirment
leur engagement. Monsieur
Didier Leschi est Chef du bureau central des cultes au Ministère de l’Intérieur. Il a déclaré en commission le 17 octobre: Didier Leschi : « (…)
En conclusion, j'aimerais souligner un paradoxe essentiel du point de vue de
l'action des pouvoirs publics. Je crains fort que la stigmatisation de
mouvements comme les Loubavitch ou Les Frères de Plymouth risque de faciliter
le passage à l'acte de personnes qui auront bon jeu de se couvrir d'une bonne
conscience antisecte pour justifier leurs actes de malveillance ou antisémite.
A ce titre, nous voyons augmenter les agressions contre les Témoins de Jéhovah,
autrement dit, je crains fort que cette stigmatisation, ce type de dénonciation
ne constitue à terme des troubles à l'ordre public ou pour le moins, des
manifestations d'intolérance à l'égard de l'une des libertés les plus
fondamentales de tout homme et de tout citoyen, la liberté de conscience. Georges
Fenech : (…) Je crois qu'aujourd'hui, après vous avoir entendu, nous
pouvons dire ici que vous allez nous confirmer que les Témoins de Jéhovah sont
la cinquième religion de France. (…) Et je vous demande, mais alors très
clairement car je crois que le moment est très Didier
Leschi : (…) Les dites associations aujourd'hui sont tout à fait en
conformité avec le droit fiscal, puisqu'elles ont le bénéfice du droit des
associations cultuelles. Certes il y a un Georges
Fenech : (...) Donc, Monsieur Leschi, je ne me suis pas trompé dans
l’interprétation de votre exposé de votre texte fondateur aujourd’hui ? Didier
Leschi : (…) Monsieur le Président, je suis prêt à tout examiner, mais
je ne vois pas aujourd’hui
de dossier montrant un trouble à l’ordre public (…) J’ai demandé à Philippe
Vuilque : (…) Je suis, je pèse mes mots, scandalisé par ce que vous avez
dit, parce que vous parlez du trouble à l’ordre public et vous avez évoqué
le fait qu’un certain nombre Martine
David : (…) Est-ce que vous accepterez de considérer que nous
n’inventons pas tout Didier
Leschi : (…) Je crois qu’il est difficile pour le Ministère de l’Intérieur
en tant que ministère de se substituer aux personnes pour faire des dossiers
qui incriminent d’autres personnes, ce n’est pas sa fonction je vous le
rappelle. Par ailleurs, il y a des institutions qui sont faites pour ça. Si le
défenseur des enfants qui existe, qui a été mis en place, par exemple,
m’envoie un dossier (…) et que le dossier est étayé, eh bien on en tiendra
compte. » Annexe
6 La
diffamation contre le CICNS et CAPLC Présente
dans l’introduction et la conclusion du rapport 2006 ainsi que dans les pages
78 à 80, 107 à 110, 124 à 134. Le CICNS est cité 17 fois, Plaintes
de Ces organismes cherchent à obtenir des renseignements administratifs sur l’action de l’état. (Légal) Ces
organisations sont de plus en plus nombreuses et protéiformes. (Ce qui justifie la réalité du problème qu’elles soulèvent) Ces
organisations font des tentatives visant à museler ou à paralyser l’action
de l’état. (Dans la limite de la légalité, car sinon il y a longtemps qu’elles auraient été interdites) Ces
organisations font croire à une chasse aux sorcières de l’état. (C’est la thèse effectivement avancée) Ces
organisation sont des sectes, ou affiliées à des sectes, ou associées à des
sectes, ou travaillant en synergie avec des sectes. (Jugement diffamatoire, voir arguments cités) Arguments cités : Dans
l’introduction « Dès
lors, les critiques étaient prévisibles, et les tentatives visant à la
museler ou à paralyser son action étaient inévitables. Il a donc fallu
expliquer, notamment sur la scène internationale où les grands mouvements
transnationaux mènent des actions effrénées de lobbying, pourquoi p 6 Dans
le chapitre « Stratégies d’influence mises en place par les mouvements
sectaires en 2006 dans les domaines juridique, médiatique et parlementaire
« Ces exemples sont le fait de deux groupes d’influence qui, au nom de
la défense de la liberté de conscience ou de la liberté religieuse,
soutiennent en fait des thèses favorables ou empruntées aux organismes à
caractère sectaire, le CICNS (Centre d’information et de conseil
sur les nouvelles spiritualités) et p 78 « Face à ce raisonnement tenu par un groupe d’influence favorable aux mouvements présentant des risques de dérives sectaires aux yeux des pouvoirs publics, comment s’étonner de l’intérêt croissant des entreprises pour l’action de la MIVILUDES, et de la prise en compte du risque sectaire dans la mise en oeuvre des pratiques d’Intelligence économique ? Le véritable enjeu est la confrontation d’intérêts entre les mouvements à caractère et à risques sectaires et le tissu économique, avec, en arrière plan, les menaces de désinformation, de captation de données « stratégiques » et de pressions psychologiques sur les personnels ». p 79 « Elle (cette offensive) révèle une attitude constamment paradoxale des mouvements à caractère sectaire vis-à-vis du droit économique. Leur prétention à être reconnus comme « minorités de conviction » ou « minorités spirituelles » les amène régulièrement à préciser ce qu’il faut entendre par là. … Or, les formes d’organisation de ces « mouvements, écoles et groupes » les conduisent naturellement à se structurer en prenant appui sur des statuts permettant à leurs promoteurs de développer un maillage d’associations et de sociétés dans lequel les liens juridiques sont déterminants ». p 80 « Le
principal risque est la communication aux associations sectaires de la ligne
d’action des services de l’État et de leur fournir ainsi les arguments «
sur mesure », en réponse aux médias ou devant les tribunaux. La conséquence
la plus grave est bien de vider l’action des administrations de son sens en la
rendant inefficace, et ce n’est pas un hasard. A titre d’exemple, p 107-108 «
Des actions sont menées à l’encontre des associations de défense des
victimes par les principaux mouvements sectaires M. Bécourt, porte parole
de p109 « p 110 « …Qu’elles aboutissent ou non, ces actions sont positives pour les mouvements sectaires. En effet, pour les individus et les associations visés, ces actions entraînent des frais d’avocat et, donc, l’utilisation de moyens financiers, non pour informer ou lutter contre les dérives commises par les mouvements sectaires, mais pour se défendre contre des attaques, sans fondement juridique la plupart du temps ». p111 « De
la permanence du lobbying prosectaire : l’exemple du contexte des travaux de La
mise en place et les travaux d’une nouvelle À
ce titre, l’analyse de l’agitation provoquée par les travaux Les mouvements sectaires remettent en cause systématiquement la légitimité des initiatives - quelle que soit leur origine, gouvernementale, parlementaire ou associative - destinées à dénoncer leurs excès ou à lutter contre leurs érives. À cet effet, leur stratégie ne fait pas preuve d’une grande originalité. Qu’il s’agisse de la nature de leurs critiques et la méthodologie employée (1°), ou du profil des lobbyistes « donneurs d’ordre » (2°), les caractéristiques restent, peu ou prou, toujours les mêmes au fil du temps. 1
- Arguments critiques et méthodologie
a
- L’atteinte à la liberté religieuse
Dès
lors qu’ils flairent le risque d’être mis en cause et comme
l’Iran ou (…)
»91. Dès la mise en place de
b
- Le déni de tout sectarisme
Selon le lobby prosectaire, tous les travaux menés sur le sectarisme, hormis ceux de certains sociologues, souvent célébrés, reposeraient sur des rumeurs et des approximations. 89
CAPLC in « Les anomalies d’une commission d’enquête 90 CAPLC, communiqué du 28 juin 2006. 91 Lettre du 19 juin 2006 à M. Philippe Houillon, publiée sur le site du CICNS. 92 AFP, 18 juillet 2006. 93 Lettres aux préfets, octobre 2006 p124-126 « Le
CICNS dénonce une politique qui fait croire « dans l’opinion
c
- La décrédibilisation de ceux qui combattent le sectarisme
Il est un autre lieu commun de l’argumentation prosectaire : la remise en cause systématique de la crédibilité des personnes ou des organismes qui témoignent des dérives sectaires. Dans le cas présent, on s’efforcera de décrédibiliser les parlementaires eux-mêmes (une infinie minorité et toujours les mêmes) et les personnes qui sont entendues par la commission d’enquête. La « dépopularisation » de « l’ennemi » figure d’ailleurs au premier rang des consignes qu’un célèbre gourou d’une grande secte internationale donnait à ses adeptes. La validité des travaux est contestée car, selon les lobbyistes, ils sont le fait d’une minorité d’élus « militants » et ils reposent soit sur les témoignages de personnes étrangères aux organisations, donc qui parlent de choses qu’elles n’ont pu vérifier, soit sur les signalements d’apostats considérés dès lors comme des renégats partiaux et peu fiables ».
95 CAPLC, communiqué du 28 juin 2006. p127 … «
d
- La dénonciation du refus du débat contradictoire et l’appel
Cette
constante de la critique du lobby sectaire est naturellement au programme. «
Les sociologues et experts ont
100 Lettre du 19 juin 2006 du CICNS à M. Philippe Houillon. 101CICNS, communiqué du 4 juillet 2006. p128-129 « 2
– Les acteurs du lobbying : le changement dans la continuité
Depuis
2000,
111 Cf courriers adressés aux préfets en octobre 2006 au sujet de la Commission d’enquête parlementaire. 112
Le CICNS, apparu en juin 2004, est en fait la nouvelle dénomination de p131-132. « Maintenant
que p 133-134 Et dans la conclusion : « Les mouvements (sous entendu sectaires) et les personnes qui s’en inspirent (de soins, de formation, d’assistance, de compétences spécifiques, voire, de spiritualité, bref, de tout ce qui peut paraître sympathique et honorable) profitent de la moindre faiblesse des pouvoirs publics, du moindre relâchement de la vigilance des institutions pour s’engouffrer dans la brèche et en retirer bénéfice. Il n’y a pas de trop petit profit, il n’y a pas de trop petit pas en avant ». p 289
Lire également "Le séminaire sectes et laïcité de la MIVILUDES" Le Guide de l'agent public face aux dérives sectaires et le rapport 2003 le rapport 2004 le rapport 2005 les commentaires du CICNS du rapport 2006 |
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