Commentaires
du CICNS à la présentation du rapport de la commission parlementaire sur les
sectes et l’enfance
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Les
parlementaires qui ont présenté les résultats de leur enquête partiale sur
les minorités spirituelles et l’enfance le matin du 19 décembre 2006, s’en
sont pris dès les premières minutes de leur compte-rendu aux « pouvoir
publics », dont ils jugent l’attitude « négligente et
complaisante » à l'égard des sectes. Quelques-uns
de leurs propos illustrant cette accusation : A
propos de la communauté de Tabitha’s Place : « Il
a fallu que l'on se déplace pour découvrir que quatre enfants sur 18 n'étaient
pas scolarisés (Ceci est un mensonge, voir la réponse
de la communauté de Tabitha’s Place dans leur interview sur notre
site qui restaure la vérité sur ce point (écouter à 11:25) et également sur
leur communiqué
de presse). « Pourquoi
l'institution judiciaire ne traite pas les cas de défaut de
vaccination obligatoire ? » (peut-être
parce que ce sujet mériterait un débat intelligent plutôt qu’une répression
aveugle ? Le Danemark et l’Espagne n’ont pas de vaccinations
obligatoires, « Pourquoi
deux ans près le vote de cette loi, le décret d'application n'a pas été pris
pour la réglementation de la profession de psychothérapeute ? ». (peut-être
parce que ce sujet mériterait un débat intelligent plutôt qu’une régulation
déséquilibrée ?) « M
Leschi, du bureau des cultes, a soutenu une proposition contraire à la loi,
la jurisprudence et à la décision du conseil d'Etat de 1985 au sujet des Témoins de
Jéhovah »
(M. Leschi est la personne auditionnée qui leur a causés le plus de souci,
tant il exposait avec rigueur
la réalité des faits) « Les
Témoins de Jéhovah ont été
condamnés à un redressement fiscal de 45 millions d’euros qui n’ont pas encore été
payés » (un tel
redressement est une tentative de destruction d’un mouvement à peine voilée.
Cette somme ne correspond pas à une fraude des Témoins de Jéhovah mais à la
conséquence d’une campagne intensive contre eux) « Les
préfectures accordent sans difficulté la « petite reconnaissance »
aux Témoins de Jéhovah qui leur permet d’être
exonérés de taxe foncière » (Il
y a beaucoup de choses qui sont accordées et apportent des avantages aux uns et
aux autres. Comme, par exemple, le fait de donner largement la parole à des
personnalités antisectes sans confrontation à un regard contradictoire, ce qui
leur permet d’être exonérés de critiques) « Comment
M Garay, adepte des Témoins de Jéhovah,
est-il autorisé à parler dans un organisme international (l’OSCE) ?» (Pourquoi ?
L'apparrtenance devrait-elle être
une raison de ne plus avoir le droit de s’exprimer ? Si ces
parlementaires ont appliqué cette méthode lors de leur enquête, il n’y a
pas de raison que tout le monde en fasse autant) Introduction
du rapporteur :
M.
Vuilque, rapporteur de la commission, a parlé de la « vulnérabilité
des enfants » et d’un « constat inquiétant » :
« Les enfants sont une proie facile » (... de la
commission qui s'en sert comme d'instruments pour créer une réaction émotionnelle
du grand public et asseoir ainsi des lois liberticides ?) Il
ajoute qu’ils n’ont « pas de chiffres précis bien entendu, car il
est terriblement difficile de connaître le nombre exact des mineurs concernés »
… mais il n’hésite pas à donner cette fourchette généreuse de « 40 000
à 80 000 enfants » reprise par tous les médias depuis des semaines. Il
juge : La
sensibilisation insuffisante des administrations. Le
contrôle de l’instruction à domicile et de l’obligation scolaire trop lâche. Le
contrôle de l’activité des psychothérapeutes insuffisant. 50
propositions pour remédier à cette situation :
dont :
-
Statut cultuel soumis au critère des intérêts supérieurs de l’enfant comme
élément d’appréciation de l’atteinte à l’ordre public. - Régime
d’autorisation a priori pour obtenir le statut cultuel. -
Contre "l'enfermement social des mineurs" : compléter la
loi About-Picard en sanctionnant l’enfermement social du mineur. -
Redéfinir les conditions de l’engagement des poursuites pour prosélytisme (art.
19 de la loi About-Picard) et supprimer les conditions de plusieurs
condamnations pénales (1 seule sera suffisante). -
Redéfinir l’instruction à domicile. Questions
des journalistes : (paraphrasé) Q
: Sur quelles bases avancez-vous ces chiffres de 40 000 à 80 000
enfants concernés ? R
de M. Vuilque : Tous les
interlocuteurs nous ont indiqué ces chiffres... sauf ceux qui nous en ont donnés
des plus bas mais ils n’ont pas fait les recherches nécessaires. Q
: Y aura-t-il une nouvelle liste des mouvements sectaires? R
de M. Fenech : Il n’y aura pas de
liste de sectes, nos travaux sont axés sur les dérives sectaires … et établir
une nouvelle liste permettrait à ceux qui n'y figurent pas de se prévaloir de
ne pas y être ! Q:
Comment expliquez-vous la négligence des pouvoirs publics que vous dénoncez ? R de M. Brard : C'est à cause d'un manque de sensibilisation aux dégâts causés par les déviances sectaires. Il y a eu une sorte d’endormissement. C'est-à-dire que la mobilisation de l’opinion publique et des médias avec les journalistes d’investigation a laissé penser qu’il n’y avait plus de problème. Nous avons été très frappés lors de notre visite à Tabitha’s Place où l'inspecteur d'académie a découvert l’ampleur du problème… Les parents infligent des châtiments corporels aux enfants et ont refusé que ceux-ci parlent sans leur présence. (écouter l'explication des membres de Tabitha's Place à ce sujet) Q :
Une note remet en question la
validité du rapport parlementaire de 1995. R de
M. Gest Je ne connais pas cette note, mais quand nous avons fait le choix en
1995, nous l’avons fait sur la foi d’informations données par les RG. Nous
avons réfléchi et nous assumons ce choix, ceux qui se sont plaints sont
d’ailleurs ceux qui sont reconnus comme sectes (Le
CICNS a pu constater que les autres n’ont pas eu les moyens de se plaindre !) La journaliste insiste : Comment se fier à des infos qui sont vides ? R de M. Gest : Je fais confiance dans la police de mon pays qui a fourni ces informations... et pas dans les organisations sectaires qui le contestent. Brard
mentionne – tout en disant qu’il ne va pas la mentionner - une lettre des Témoins
de Jéhovah utilisée dans les cercles antisectes et qui tendrait à démontrer
qu’ils ont voulu collaborer avec les nazis dans la lutte contre les Juifs en 1933. Puis il
enchaîne... sur la
mortalité des femmes Témoins de Jéhovah pendant l'accouchement, qu’il déclare
être « 40 fois supérieure à celles des femmes acceptant la transfusion ». Q
Quels sont les chiffres de femmes
mortes dans ces conditions de refus de soins en France et des plaintes ? R de
M. Brard : Les morts portent
rarement plainte... Le manque de chiffre ne prouve pas
qu’il n’y a pas de cas, mais un manque
de mobilisation. Nous n’avons pas de chiffres mais une connaissance du danger… Q:
Quelle réponse faites-vous à M.
Vanneste qui pointe des dérives
dans votre lutte contre les dérives sectaires ? R de
M. Fenech : hum.. Vanneste,
qui est un de nos collègues, est très en retard, en réalité, cette
question a été traitée depuis longtemps : il est préférable de ne pas
définir ce qu'est une secte... Les sectes ne nous intéressent pas, les dérives nous intéressent, nous sommes
dans un pays de liberté ! R
de M. Brard qui ajoute : La secte n'est pas définie en droit mais elle existe de fait... On connait M.
Vanneste pour ses propos modérateurs qui ont déjà mis en difficulté le chef
de l’État et je vous informe que M. Vanneste n'a pas voté le rapport
parce qu'il était absent le jour du vote.... Conclusion
du CICNS : Un exposé pesant, sur le ton d’une récitation monotone, des propos sans substance et plein de calomnies. Les journalistes ont d’ailleurs posé des questions embarrassantes dont les parlementaires se sont bien mal sortis.
L’absence de faits, criante tout au long des auditions de la commission, est compensée par un coup d’éclat : culpabiliser la fonction publique sur le sort de nos enfants. Comment croire que quelques députés, auto-proclamés psychologues du comportement et de l’enfance lors d’une visite de 3 heures dans une communauté, aient vu ce que les personnes de terrain dans les administrations n’auraient pas vu ?
Il
reste un sentiment d’impuissance devant une machine d’État qui ne recule
devant rien pour arriver à ses fins. Jamais un rapport n’a été aussi
grossier et aussi attentatoire aux libertés d’une véritable démocratie.
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