Département
d’État des Etats-Unis
Rapport
2006 sur la liberté religieuse dans le monde
Bureau de la démocratie,
des droits de l’homme et du travail France (extraits)
Traduction par l'équipe du CICNS La Constitution prône la liberté de religion et le Gouvernement la respecte en pratique. Cependant, quelques groupes religieux s’inquiètent de la loi adoptée en 2001 qui permet la dissolution d’un mouvement dans certaines circonstances et celle de 2004 qui interdit le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles publiques par le personnel et par les élèves. Une loi de 1905, sur la séparation de la religion et de l’état, interdit les discriminations sur la base de la foi.
Le
gouvernement contribue de manière générale à la libre pratique de la
religion. Une loi interdisant le port de signes religieux ostentatoires dans les
écoles publiques par le personnel et les élèves est passée en force en
septembre 2004. Malgré les efforts significatifs du gouvernement pour combattre
l’antisémitisme et malgré une baisse générale des incidents, les
agressions antisémites se poursuivent. Le gouvernement surveille officiellement
les activités de sectes potentiellement “dangereuses” par le biais
de
La relation généralement amicale des groupes religieux dans la société a contribué à la liberté de religion. Les agressions antisémites ont chuté de 48% en 2005 mais d’autres actes continuent à se produire, comme l’enlèvement, la torture, et le meurtre d’un Juif de 23 ans. Les responsables du gouvernement, les représentants religieux et les ONG critiquent fermement la violence raciste et antisémite et le gouvernement a fourni une protection plus importante pour les institutions juives.
Le gouvernement américain discute des questions en rapport avec la liberté religieuse avec le gouvernement français dans le cadre de la promotion des droits de l’homme.
Section 1. Démographie religieuse.
En
accord avec sa définition de la séparation des Églises et de l’État, le
gouvernement ne gardait pas de statistiques des affiliations religieuses. Selon
des articles de presse, seulement 12% de la population assiste à des offices
religieux de toutes confessions plus d’une fois par mois. Dans un sondage récent
de décembre 2004, 64,3 % des sondés indiquaient être catholiques, même
s’ils n’avaient jamais été une seule fois à la messe. 27% disaient
n’avoir aucune affiliation religieuse et 8,7% citaient une autre religion.
Parmi ceux qui se disaient affiliés à une autre religion que le Catholicisme,
49,4 % étaient Musulmans, 21,8% Protestants, 7% Juifs, et 21,8% déclaraient
« autres ». Un sondage de février 2004 indiquait que 60% des sondés
croyaient en Dieu et 12% allaient fréquemment à des offices religieux. La
grande majorité de la population est catholique romaine mais selon un membre de
la hiérarchie catholique, seulement 8% est pratiquante. Les
Musulmans constituent le second mouvement le plus important. Il y a 5 ou 6
millions de Musulmans d’origine dans le pays (8 à 10% de la population) bien
que les estimations du nombre de pratiquants varient grandement. Les protestants
constituent 2% de la population, les Juifs et les Bouddhistes représentent
chacun 1% et les Sikhs moins de 1%. Selon plusieurs estimations, environ 6% des
citoyens de ce pays ne sont affiliés à aucune religion. La communauté juive est constituée de 600 000 personnes. Selon des articles de presse, 60% ne sont pas très pratiquants et ne célèbrent tout au plus que les grandes fêtes saintes. La grande majorité des pratiquants sont des orthodoxes. Il existe également de petites congrégations conservatrices et réformées.
Les Témoins de Jéhovah disent que 250 000 personnes suivent leurs cérémonies régulièrement ou périodiquement.
Les chrétiens orthodoxes sont entre 80 000 et 100 000, la grande majorité étant associée aux églises orthodoxes grecques ou russes.
D’autres
religions sont présentes dans le pays : les Évangéliques,
Section 2. État de la liberté religieuse
Le cadre légal
La
Constitution prône la liberté de religion et le gouvernement respecte généralement
ce droit en pratique. Un ancien conflit historique entre les groupes religieux
et entre l’Église et la République française a conduit à la rupture de
l’État avec l’Eglise catholique au début du siècle passé et à
l’engagement ferme de maintenir le domaine public hors de l’influence de la
religion. La loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat,
fondation de la législation sur la liberté religieuse, interdit la
discrimination sur la base de la foi. Parmi les dix fêtes nationales, cinq sont
des fêtes chrétiennes. Les organisations religieuses ne sont pas obligées de se déclarer mais peuvent solliciter un statut fiscal particulier ou obtenir une reconnaissance officielle. Le gouvernement définit deux catégories sous lesquelles des groupes religieux peuvent se déclarer : les associations cultuelles (dispensées d’impôts) et les associations culturelles (qui ne sont normalement pas dispensées d’impôts). Les associations de ces deux catégories sont soumises à des exigences comptables et d’organisations. Une association cultuelle peut organiser des activités religieuses, définies comme des services et pratiques liturgiques. Une association culturelle peut avoir des activités lucratives. Bien qu’une association culturelle (association loi 1901 ndt)ne soit pas exemptée de l’impôt, elle peut recevoir des subventions de l’Etat pour ses activités culturelles ou éducatives. Les mouvements religieux se déclarent généralement sous ces deux catégories ; les Mormons, par exemple, ont des activités strictement religieuses dans leur association cultuelle et dirigent une école par le biais d’une association culturelle.
Sous le statut de la loi de 1905, les mouvements religieux doivent s’inscrirent à la préfecture afin d’être reconnus comme associations cultuelles et recevoir le statut fiscal d’exemption. La préfecture consulte l’objet de l’association qui ne doit indiquer que la pratique d’une forme ou d’une autre de rituel religieux. Le fait de diffuser des publications, d’employer un président de bureau ou de diriger une école peut conduire à rejeter une candidature à l’exemption d’impôts.
Selon
le Ministre de l’Intérieur, 103 des 1138 associations protestantes, 15 des
147 associations juives et à peu près 30 des 1050 associations musulmanes ont
un statut d’exonération fiscale. Environ 100 associations catholiques sont
exemptées d’impôts. Un représentant du Ministère de l’Intérieur
rapporte que le nombre d’associations catholiques non exonérées d’impôts
est trop important pour le chiffrer précisément. Plus de 50 associations des Témoins
de Jéhovah sont exemptées d’impôts. Selon la loi de 1905, les associations cultuelles ne sont pas taxées sur les dons. Cependant, la préfecture peut décider de réviser le statut d’un mouvement si l’association reçoit des dons importants qui viennent à l’attention des autorités. Si la préfecture détermine que l’association n’est pas en conformité avec la loi de 1905, son statut peut être modifié et il peut lui être demandé de payer un impôt de 60% sur les dons passés et présents.
La
loi About-Picard de Pour
des raisons historiques, les Juifs, les Luthériens, les Réformés et les
Catholiques romains dans trois départements d’Alsace-Lorraine, jouissent
d’un statut légal particulier en terme fiscal pour ce qui concerne les dons
à ces groupes religieux. Les adhérents de ces quatre religions peuvent choisir
de transférer une partie de leur impôt sur le revenu à une organisation
religieuse au travers d’un système géré par le gouvernement. L’administration nationale ou locale entretient des bâtiments religieux construits avant la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État. En Alsace-Moselle, des lois particulières permettent à l’administration locale d’apporter son soutien financier aux édifices religieux. Le gouvernement a partiellement apporté les fonds pour la plus vieille mosquée du pays, la grande mosquée de Paris, en 1926
Les missionnaires étrangers de divers pays non exemptés de visa doivent obtenir un visa de tourisme de trois mois avant de quitter leur propre pays. Ceux qui souhaiteraient rester dans le pays plus longtemps doivent obtenir un visa pour entrer dans le pays. A leur arrivée, les missionnaires doivent demander une carte de séjour à la préfecture et doivent fournir une lettre de recommandation de leur organisation religieuse.
Les
écoles publiques sont laïques. En mars 2004, le gouvernement a adopté une loi
interdisant aux employés et aux élèves des écoles publiques de porter des
signes ostentatoires religieux, incluant le voile islamique,
Le
gouvernement s’efforce de promouvoir la compréhension mutuelle entre les
diverses fois. Des lois strictes contre la diffamation interdisent les attaques
en raison de la religion ou de la race. Le révisionnisme des crimes contre
l’humanité est interdit. Le gouvernement a mis en place des programmes pour
combattre le racisme et l’antisémitisme par des campagnes de sensibilisation
du grand public et en encourageant le dialogue avec les autorités locales, la
police et les groupes d’intérêts. Les responsables du gouvernement, avec les
représentants de la communauté juive, les grandes mosquées de Marseille et
Paris,
Le
gouvernement consulte les religions majoritaires par différents organes. La
communauté catholique est représentée par le Conseil des Évêques.
Le Conseil National Français de la foi musulmane et 25 Conseils Régionaux affiliés servent d’interlocuteurs pour la communauté musulmane avec des représentants locaux et nationaux sur les questions de construction de mosquées, l’intervention dans les prisons et l’armée, et la certification des boucheries Halal. En novembre 2004, le ministre de l’intérieur Dominique de Villepin annonça la création d’une fondation pour l’Islam français pour soutenir le financement des mosquées, fournir un médium pour les donations et assister l’instruction des Imams étrangers à la langue française, à l’histoire et l’éducation civique ; cependant, ce conseil souffre de financement insuffisant tant privé qu’étranger. Le but du gouvernement était d’établir une organisation dont le financement viendrait des membres. L’intérêt du gouvernement pourrait être chancelant à cause d’un changement dans les ministères.
Restrictions à la liberté religieuse
Le
rapporteur spécial des Nations Unies pour la liberté de religion et de
croyance, Asma Jahangir, visita le pays en septembre 2005 et publia un rapport
sur ses recherches en mars 2006. Bien que le rapporteur y indique que le
gouvernement respecte de manière générale le droit à la liberté de religion
et de croyance, elle note plusieurs sujets d’inquiétude. Au sujet de la loi
de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat, le rapporteur spécial
reconnaît que, bien que les lois garantissent en principe le droit fondamental
à la liberté de religion et de croyance, « en certaines circonstances,
l’interprétation sélective et l’application rigide de ce principe (la
loi de 1905 ndt) a fonctionné aux dépens » de la liberté
religieuse. Le rapporteur spécial considère que “la politique du
gouvernement a pu contribuer à créer un climat de suspicion générale et
d’intolérance” à l’égard des groupes religieux désignés comme
« sectes » dans le rapport parlementaire de 1995 ». Elle note
que les autorités ont « adopté une approche plus équilibrée »
ces dernières années à l’égard des groupes considérés comme des « sectes »
et juge que
En
mars 2004, sur la recommandation d’une commission interministérielle établie
par le Président afin d’étudier le sécularisme, l’intégration et la
place de la religion dans le pays, le gouvernement adopta une loi interdisant le
port de signes religieux ostentatoires, incluant le voile islamique, la kippa
juive et les grosses croix, par les employés et élèves des écoles publiques.
En juin 2004,
En
2005, Certains groupes musulmans et sikhs ont protesté contre l’interdiction du port de voile ou de turbans sur les photos d’identité. Un cas présenté à la plus haute cour administrative par un Sikh souhaitant obtenir l’autorisation de porter son turban sur les photos de permis de conduire ou de passeport était en cours au moment de l’impression de ce rapport. Les Sikhs qui perdirent leur procès en mars 2006 ont porté plainte auprès de HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) et auprès de la Commission Européenne, pour discrimination indirecte contre des individus et des groupes d’individus en infraction des lois européennes.
En
juillet 2004, le Parlement adopta une loi permettant l’expulsion d’individus
pour “incitation à la discrimination, la haine ou la violence contre une
personne ou un groupe de personnes » Abdelkader Bouziane, Un Imam, fut déporté
du pays en octobre 2004, accusé d’avoir publiquement justifié le fait de
battre sa femme.
Le
gouvernement a continué d’encourager la méfiance à l’égard de minorités
religieuses considérées comme des « sectes ». Les suicides
collectifs de membres du Temple Solaire en 1994 ont provoqué une inquiétude du
grand public au sujet des sectes. En 1996, une commission parlementaire, étudiant
lesdites « sectes », a
diffusé publiquement un rapport identifiant 173 groupes appelés « sectes »,
incluant les Raéliens, l’association du Vajra triomphant, l’Ordre du Temple
Solaire, Sukyo Mahikari, les Témoins de Jéhovah, l’Institut Théologique de
Nîmes (un lycée évangélique) et l’Eglise de Scientologie. Le gouvernement
n’a banni aucun de ces groupes mais des membres de certains des groupes listés
ont dit avoir été victimes d'intolérance à cause de cette publicité. En mai
2005, Jean-Pierre Raffarin alors Premier Ministre, a publié une circulaire
indiquant que la liste parlementaire ne devrait plus être utilisée pour
identifier des « sectes » et demandait aux autorités de placer plutôt
leur effort à l’encontre des sectes qui représentent la plus grande menace,
notamment les « petits groupes, fluides » qui « moins
facilement identifiables » et qui utilisent l’Internet pour recruter.
Certains groupes religieux ont accueilli cette annonce comme une avancée mais
ont demandé au Ministère de
En
avril 2006,
En
janvier 2005,
Quelques observateurs continuent de dénoncer la loi About Picard de 2001 qui permet la dissolution de groupes religieux, s’il est établi que les pratiques violent les droits fondamentaux. En 2002, le Conseil de l’Europe a adopté une résolution critique à l’égard de cette loi et a invité le Gouvernement à la remettre en question. La loi reste pourtant en vigueur. Bien que les clauses permettant la dissolution de groupes n’aient jamais été appliquées, un autre aspect de la loi a été utilisé pour la première fois contre un leader de « secte ». Arnaud Mussy, le fondateur et leader spirituel du groupe Néo-Phare, a été condamné en novembre 2004 pour abus de l’état d’ignorance et de faiblesse d’un de ses disciples. Mussy dit être la réincarnation du Christ et fit plusieurs prédictions en 2000 au sujet d’une apocalypse imminente; un de ses adhérents s’est suicidé et deux autres ont fait une tentative de suicide, prétendument à cause de l’état d’esprit qu’avaient généré les manipulations de Mussy. Il a fait appel de cette décision.
Le
28 juin 2006, l’Assemblée Nationale adopta une loi créant une commission sur
le sujet de l’influence des sectes sur les mineurs, la troisième commission
parlementaire en 11 ans sur la question des sectes. Selon ses commanditaires, le
comité rechercherait à la fois « les moyens insidieux » par
lesquels les sectes font du prosélytisme auprès de la jeunesse, et les effets
négatifs sur la santé physique et psychologique de jeunes personnes.
Les
représentants de l’Eglise de Scientologie ont continué à rapporter des cas
de discrimination, de procès insensés, et de poursuites pour de supposées
activités frauduleuses. En 2003,
L’Eglise
de Scientologie se plaint du fait que de nombreuses remarques de Jean-Michel
Roulet, depuis qu’il est devenu président en octobre 2005, sont « pleines
d’informations fausses et diffamatoires qui ne permettent pas à
Des
Scientologues dans le pays ont rapporté de nombreux cas de discrimination. Dans
l’un d’entre eux, Danielle Gounord, porte-parole de l’Église pour Le
14 décembre 2005, une Cour de Paris a rejeté la requête d’un collectif
d’associations qui demandait la dissolution de l’UNADFI (Union Nationale des
Associations pour Certains
observateurs s’inquiètent des enquêtes fiscales dans les groupes religieux.
En octobre 2004,
Dans
le département des Vosges, les Témoins de Jéhovah ont rapporté leur
difficulté à obtenir un permis de construire pour une « salle du royaume »
dans la ville de Deyvilliers, l’affaire est actuellement auprès d’une Cour
Administrative. Les Témoins de Jéhovah ont également dénoncé des actes de
vandalisme, dont une voiture brûlée et le cambriolage d’une salle du
royaume. Le 1 décembre 2005,
Il n’y a pas de rapport concernant des prisonniers religieux dans le pays. (…)
Conversion religieuse forcée
Il n’y a pas de rapport de conversion religieuse forcée, ni de citoyen américain mineur qui aurait été enlevé ou illégalement retiré des États-unis, ou de refus que de tels citoyens puissent revenir aux États-unis. (…)
Publié
le 15 septembre 2006 |
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