Les minorités spirituelles seraient-elles dangereuses même quand elles n'ont rien commis de répréhensible ?Dans le cadre de la Commission d'Enquête Citoyenne qu'il a initiée, le CICNS conduit une enquête juridique auprès des 172 sectes de la liste parlementaire de 1995 afin de déterminer si ces groupes ont subi des poursuites ou des condamnations justifiant cette mise à l'index aux conséquences parfois dramatiques sur le plan humain. Un "antisectes" publie sur son site une critique de cette enquête qui nous a été transmise. Nous répondons aux points principaux (les propos extraits de la critique sont en italiques)
Le
CICNS a expédié en 2007 à un nombre indéterminé de sectes reprises dans la
liste établie par les députés en 1995, un courrier intitulé Enquête
Juridique dans lequel il demande que les responsables de ces mouvements lui
adressent divers documents tendant essentiellement à prouver que ces mouvements
n'ont jamais rien fait de mal; son courrier servirait à trouver de quoi démontrer
que "cette délinquance [des sectes] est très faible". D'emblée,
m'est avis qu'il confond les dangers et les poursuites judiciaires. Si Monsieur
Bouzou allait trop vite en voiture, il représenterait un danger, ce qui ne
signifie aucunement qu'il se ferait épingler ou même, qu'il créerait un
accident. On peut en dire autant des sectes, encore que les pires se soient fait
épingler moult fois, et qu'elles ne craignent pas du tout les contradictions théoriques
et pratiques entre leurs buts déclarés et leurs activités. Les
images de M. Gonnet créent la confusion plutôt qu’elles n'éclairent le
sujet du débat. Son propos vise peut-être à faire entendre que les sectes
sont systématiquement épargnées par Monsieur
Bouzou a-t-il questionné Rijke Hamer pour obtenir les condamnations subies ?
Lui a-t-il demandé combien de cancéreux sont morts pour avoir refusé les
soins médicaux au profit de Hamer, par conviction des pseudo-praticiens de la méthode?
Le
projet du CICNS est de reprendre la liste des sectes créée à l’occasion de
la commission parlementaire de 1995 afin de démontrer que ces personnes et ces
groupes qui ont été attaqués et dont les réputations ont été ternies sans
possibilité de se défendre ont été victimes de l’intolérance officielle
de Le
CICNS paraît ne pas vouloir regarder ce qu'il pratique et ce qu'il défend. En
effet, les sectes sont un fléau social du fait qu'elles capturent les gens dans
un faisceau d'absurdités anti-scientifiques ou de croyances partisanes fréquemment
totalitaires. « Les
sectes sont un fléau social » est une litanie antisecte sans fondement
qui ne recule souvent ni devant l’amalgame, ni devant la diffamation pour se
donner une crédibilité. Le fléau a été créé de toute pièce à des fins
de « purification laïque » dont les bénéfices nous paraissent
assez aléatoires. Il existe des fléaux sur notre planète qui mériteraient
plus d’attention que nous ne leur en accordons actuellement et des boucs émissaires
qui mériteraient d’être laissés en paix. M.
Bouzou voudrait-il qu'on laisse le christianisme reprendre ses mauvaises
habitudes médiévales - Une
illustration de la technique de l’amalgame : la roue et le bûcher (ou équivalent ?
Lesquels ?) seraient des pratiques de certaines minorités en France, si on
suit la logique du discours. L’effet de tels propos conduit les personnes les
moins réfléchies à s’effrayer devant des arguments aussi violents et les
conséquences de cette « manipulation mentale » sont lisibles dans
la conscience collective de notre pays et dans ses médias. Puisque
M. Bouzou s'étend dans son courrier sur le fait que des opposants chercheraient
à entraver les études à domicile, croit-il préférable d'enseigner les
inepties des fondamentalistes
créationnistes dans les écoles, au prétexte d'un droit 'religieux' ou
d'un droit à faire école chez soi, formant ainsi des générations futures
d'ignares dépourvus d'un minimum d'esprit scientifique? Le
droit de juger ce qui est inepte et ce qui ne l’est pas est certainement un
droit démocratique mais le jugement de M. Gonnet vaut ni plus ni moins que
celui de personnes qui croient autre chose et nous ne voyons pas pourquoi ses
propres croyances devraient être respectées par toute la société comme si
elles étaient des vérités absolues. A moins de croire être l’idéologue du
futur et de vouloir imposer une nouvelle idéologie par le despotisme, ce genre
de propos est contradictoire avec la volonté de lutter contre « l’emprise
totalitaire des sectes ». Le
CICNS, les sectes, les sectaires et leurs apologistes disent que les
antisectaires font des amalgames, mais ils se gardent de définir lesquels.
Comment devrions-nous appeler le type de recherche "juridique" menée
par M. Bouzou, qui consistera à mettre en exergue des chiffres concernant des
mouvements très divers, et dont certains sont disparus depuis longtemps, ou
dont les gourous en prison. Ces groupes prêchaient ou prêchent le même type
de combat que M. Bouzou et le CICNS. S’il
s’agit seulement d’une mauvaise lecture de nos informations ou d’une
incompréhension, nous allons redéfinir le sens du mot
amalgame dans ce contexte : il s’agit simplement du fait de « mettre
tout le monde dans le même sac ». Quand une personne commet une erreur ou
même un crime, la tendance à condamner le groupe spirituel auquel il
appartient est un amalgame. Il ne viendrait à l’idée de personne d’honnête
de condamner les appartenances à chaque fois que quelqu'un a commis un crime.
Et puisque M. Gonnet apprécie les images, en voici une : on peut
appartenir à un club de boulistes et blesser quelqu’un avec une boule de pétanque sans
que le club ne soit accusé de terrorisme sous prétexte que la boule était en
fait une « arme » du club dont la finalité serait moins pacifique
que ce qu’en dit le président du club. M.Bouzou
va-t-il tenir compte des démêlés judiciaires constants et permanents de la
scientologie depuis avant même qu'elle se prétende religieuse? Va-t-il
recommander que l'Instinctothérapie soit défendue (ou au contraire, critiquée?)
au prétexte que son gourou est sous les verrous? Nous
tiendrons compte de ce qui doit l’être quand l’enquête sera terminée.
Chacun pourra se faire une opinion à partir de faits objectifs plutôt que
d’une campagne antisectes qui ne s’est curieusement jamais inquiétée de
faire elle-même cette enquête afin de valider ses propos. Nous suspectons
qu’il doit y avoir une raison rationnelle à cela. Pourquoi
ne demandent-ils pas aux groupes qu'ils voudraient défendre de rectifier le tir
et de cesser de faire passer les bourreaux pour des victimes? Il
se trouve que le CICNS a pour objectif de faire exactement cela chaque fois
qu’il rencontrera un mouvement dont les agissements sont objectivement
criminels. Notre association ne cherche pas à défendre les dérives éventuelles
des citoyens français mais à les délier, comme cela devrait être le cas, des
« appartenances ». Nous ne sommes pas plus disposés à soutenir les
dérives d’une minorité spirituelle que celles des antisectes qui tirent à
boulet rouge dans toutes directions sans le moindre discernement. Il nous semble
que le désir de faire progresser nos sociétés devrait être accompagné de
plus d’humilité et de bon sens. Et, pourquoi pas, un jour, les hommes se
retrouveront-ils peut-être pour contribuer ensemble à un monde plus juste sans
avoir à opposer violemment leurs croyances, qu’elles soient laïques ou
religieuses. |
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