Le thème des "sectes" dans les débats... télévisés et radiophoniques.Les médias américains ont
introduit deux règles dans leur relation au grand public : « C dans l'air », France 5, 6 janvier 2004 : « Les sectes contre attaquent ! »Une émission de désinformation dans le style
habituel. Trois adeptes virulents de la loge des anti-sectes exposent, dans une
intolérance maîtrisée, leur discours mensonger stimulé par un présentateur plein
de certitudes primaires sur une question qui le dépasse complètement. André Tarassi « Pièces à conviction », France 3, lundi 24 mai 2004 sur : « Voyage au pays des nouveaux gourous »Deux comptes-rendusLire également le droit de réponse de LandmarkCette émission est une entreprise de destruction de la société Landmark Education, comme nous en avons déjà vu de nombreuses à la télévision. Comme toujours, la volonté de discréditer les nouvelles formes de la quête spirituelle ou thérapeutique est à l'œuvre et, comme toujours, Les invités sont principalement des activistes antisectes. Une ancienne stagiaire du Landmark a cependant, malgré les pressions de l'animatrice et des autres invités, maintenu son appréciation positive de ses stages à Landmark. La mention du rapport parlementaire, comme un dictionnaire de référence des sectes, se poursuit, malgré l'illégalité de ce procédé. Les groupes listés ne sont pas nécessairement des sectes au sens criminel du terme. Ceci a été confirmé par plusieurs décisions de justice. Avoir affirmé à plusieurs reprises que Landmark Education est une secte parce qu'apparaissant dans ce rapport parlementaire, devrait donc exposer FR3 à être condamné à son tour par la justice. Tout au long de l'émission, des stagiaires enthousiastes expriment ce qu'ils ont découvert à Landmark Education. Mais plutôt que de les entendre, FR3 préfère écouter quelques spécialistes autoproclamés, véritables obsédés du secte, à seule fin de discréditer Landmark Education sans apporter aucune preuve. Tous les ans des milliers de personnes meurent de mort violente, meurtre ou suicide. Même s'agissant de chrétiens, fidèles ou clergé, les instances chrétiennes ne sont pas mises en cause pour autant. De même les hôpitaux psychiatriques ne sont pas mis en cause quand l'un de leurs pensionnaires commet un crime. Nous demandons donc à FR3 la cause de cette insistance à associer Landmark à un meurtre horrible et un suicide. La présomption d'innocence fait partie du droit français, aucun début de preuve n'a été apporté mais les conséquences de cette calomnie sont déjà à l'œuvre. Landmark Education et la Scientologie n'ont rien de commun. Pourquoi l'amalgame entre ces deux groupes ? FR3 manquait-il d'arguments envers Landmark Education et fallait-il appeler la Scientologie à la rescousse pour alimenter la peur ? Ou bien fallait-il en profiter pour ternir encore un peu plus l'image de la Scientologie ? 2) L'émission porte bien son nom ("pièces à conviction"), puisque elle présente d'emblée Landmark Education (L.E) comme une organisation dangereuse. Une association est faite entre leur méthode d'enseignement et la criminalité. Le reste de l'émission est le développement d'un jugement sans appel. Les journalistes font le lien entre un meurtre, un suicide et la méthode de L.E. L'accusation étant "grave", on s'attend à voir présentées des "pièces à convictions". Il n’en est rien. On s'étonne que la justice, comme l'état, n'aient pas mené leur enquête aussi loin. Le titre de l'émission : "Voyage au pays des gourous". L'ambiance est angoissante, musique et images chocs donnent le ton, la peur est entretenue par des extraits d'interviews sortis de leur contexte, mais qui, montrés de cette façon, visent à alimenter la psychose des sectes. L'émission est dite "spéciale". Équipé d'une micro caméra (bouton de la chemise), un journaliste, Laurent Richard, s'infiltre dans l'organisation de L.E. et participe à l'un de leurs stages, appelé Forum. Tous les visages sont cachés par trucage, sauf celui du responsable, Alain ROT. On y montre un contrat que les stagiaires signent avant de commencer. Il y est stipulé qu'ils sont libres de participer à ce stage et qu'ils sont sains d'esprit, toute personne ayant été suivie par un psy n’étant pas acceptée: "Chaque client déclare assumer tous les risques de dommage physique, psychologique et de troubles émotionnels pouvant survenir pendant ou après le forum "... et "dégage LE. de toute responsabilité" L'exemple d'un travail de groupe est montré. La méthode est présentée comme une violence psychologique que subissent les stagiaires. Le journaliste l'associe à une manipulation mentale, le stagiaire est "mis en danger" par les paroles du coach, Alain ROT, qui n'hésite pas à faire pleurer la personne. Un avocat sur le plateau de l'émission dit que les clauses du contrat sont abusives, car le coach du stage provoque chez la personne une « déstabilisation mentale » et pourrait se trouver responsable des conséquences.
C'est un argument mis en image, qui tente de faire la relation entre les méthodes de L.E. et les
évènements tragiques exposés par la suite.
Puis vient la présentation de L.E. On l'associe à une "secte" et on en profite pour montrer
d'autres mouvements spirituels. La liste du rapport de 96 est montrée, on y voit
L.E. inscrit parmi d'autres mouvements. "Le suicide des rives" et "le clan des
surhommes » entourent L.E. et sont nommés.
Interview de Jean-Marie Abgrall qui a fait un rapport sur L.E., il ne se positionne pas sur
le fait que l'organisation soit une secte ou pas. Les questions du journaliste le poussent à dire
qu'il s'agit bien d'une secte.
Dans son rapport il dit que L.E. semble avoir une approche scientifique, et que les clients ne
sont pas sous la contrainte, mais déplore le manque de suivi par la suite, une
critique >exprimée plusieurs fois au cours de l'émission. Jean-Marie Abgrall qui est psychologue et
conseiller auprès du ministère de la justice aurait été payé 45 000 € par L.E
pour faire une étude sur eux. Le journaliste ne cite pas ses sources. « Le vrai faux journal » sur « les faux prophètes », Janvier 2005 avec Karl Zéro
Spectacle de fin d’année : Karl Zéro caresse l’inconscient collectif dans le sens du poil pendant 1h30, sur le thème des « sectes ».Les enfants se racontent souvent, entre eux, des histoires grinçantes pour faire rire ou pour faire peur. C'est une manière pour celui qui les raconte de se faire valoir devant le public de ses camarades, d'attirer l'attention. Bien souvent leurs histoires tournent en dérision ou calomnient une minorité raciale, sociale ou religieuse qui reste pour eux un objet très abstrait de plaisanterie. Ils peuvent par exemple raconter innocemment les pires blagues racistes, ignorant un contexte dramatique réel fait d'exclusions, de conflits, de drames humains et d'un passé terrible. Puis ces enfants grandissent, et prennent peu à peu conscience de la réalité des êtres et du pouvoir des mots. Peut-on accorder la même présomption d'innocence à la télévision et à certains de ses acteurs? C’est ce que l’on peut se demander après avoir regardé l’émission « Faux prophètes » de Karl Zéro, le 26 décembre sur Canal+. Ces interviews où tout est fait pour déstabiliser et ridiculiser l’interviewé sont trop faciles, la sélection intentionnelle des faits pour entraîner le public dans l’indignation et dans l’effroi est irrespectueuse du public lui-même, dans son aspiration à comprendre et approcher vraiment ce qui lui est étranger. Les principaux clichés sont là de manière caricaturale : argent, sexe et pouvoir. Karl Zéro tire sur les ficelles universelles de la nature humaine pour faire danser son public comme un pantin docile. Ce pourrait être acceptable, si cette danse ne piétinait des aspirations parmi les plus belles, ainsi que des innocents, dans un amalgame grossier. Je me souviens avec émotion de l’interview du commandant Massoud, dans cette même émission, et de l’approche profondément humaine de ce personnage. Était-ce le meilleur du « Vrai-Faux Journal » ? Je ne reviens à cette émission qu’aujourd’hui, pour ce « spécial faux prophètes », où je constate le pire. Au-delà de la véracité des faits exposés que nous ne nous attarderons pas à remettre en question, il y a, dans la manière de les présenter et dans les commentaires qui les accompagnent, des conclusions induites et parfois très explicites qui, elles, sont à exposer et à examiner sans concession, ainsi que leurs implications et conséquences. Ces conclusions pourraient être résumées ainsi : - Les sectes sont
des lieux de perdition où le suicide collectif est à craindre à tout
instant Ce sont là des traits qui s’inscrivent dans le contexte français très particulier où l’État mène depuis une quinzaine d’années, sous l’appellation de « lutte contre les sectes », une véritable politique liberticide. Celle-ci a déjà fait de nombreuses victimes et mené, un peu plus chaque année, au rétrécissement du cadre de l’expression des choix de vie spirituels, thérapeutiques ou éducatifs. Le CICNS est né du constat de cette situation et travaille à révéler au grand jour la réalité préoccupante d’une population discriminée et de la violation aujourd'hui, en France, des droits de l’homme à la liberté de religion, de croyance et de convictions. Chaque émission de ce type rajoute une pierre à un édifice de propagande honteux, et représente une insulte pour les victimes directes de cette politique, mais aussi pour les millions de personnes qui trouvent ou ont trouvé au sein des minorités spirituelles un réconfort, et souvent un véritable éveil à une compréhension plus étendue de l'existence humaine dont l'art de vivre ensemble dans le respect et l'ouverture est une valeur fondamentale. Il y aurait là un beau sujet d’émission ou de reportage, pour journalistes courageux et soucieux de vérité... Le public, nous en sommes sûrs, le mérite et l'attend. Teva, « Sectes : simple communauté ou manipulation organisée »A l'attention des réalisateurs de l'émission :"Sectes : simple communauté ou manipulation organisée" diffusée le lundi 9 Mai 2005 à 20h50Le 6 Mai 2005, nous vous avons fait parvenir un courrier de réflexion sur l'annonce de votre émission. Nous étions interpellés par le texte d'annonce de votre dossier qui partait d'une question, mais donnait sans détour la réponse à cette question dans l'annonce même. Après avoir vu l'émission, le constat est affligeant. Il n'existe pas de mot assez sévère pour qualifier un dossier qui prétend rester factuel et ouvert en omettant aussi grossièrement à plusieurs reprises de présenter pour chaque situation les témoignages complémentaires. Vous pouvez avoir une position arrêtée sur le phénomène dit "des sectes" et tout ce qu'il recouvre, mais alors annoncez clairement qu'il s'agit d'une opinion. Votre dossier dans son ensemble ne laisse aucune latitude de réflexion. Il part d'un a priori qui donne les réponses finales au téléspectateur. Est-ce là votre idée du journalisme ? Prenons les séquences une à une. 1 IntroductionL'introduction de Marielle Fournier (présentatrice des dossiers de Teva) donne le ton. Dès la première minute d'émission, le téléspectateur est prévenu que les sectes recrutent, déstabilisent et manipulent. A aucun moment de l'émission vous ne donnerez une chance à l'opinion alternative. Comment pourrait-il en être autrement, le mot "secte" dans sa nouvelle acception (bien qu'il n'existe aucune définition sociologique et juridique actuelle du mot) est synonyme de délit. Le titre même de votre émission est une fraude intellectuelle qui se déploie tout au long des reportages. Comprenez bien que la signification courante du mot secte n'est pas un problème. C'est son utilisation inconsidérée qui est en cause, à l'égard de tout ce qui dérange, sans qu'on ai besoin de se justifier, une fois que le mot a été prononcé. 2 Premier reportage : les sectes profitent des catastrophes pour faire du prosélytismeLa scientologie aurait profité de la catastrophe AZF de Toulouse pour proposer son aide et gagner de nouveaux adeptes. La scientologie est l'emblème des boucs émissaires des sectes. Pas une émission sans que ce nom soit prononcé comme un épouvantail. Les seules preuves tangibles sur la dangerosité de ce mouvement seraient des preuves soit juridiques, soit basées sur une étude sociologique. Qui aujourd'hui possède de telles preuves pour étayer ses dires ? Qui est prêt à faire cette démarche d'étude qui semble naturelle face à un mouvement qui déclenche autant de peur ? En l'absence de ce regard sociologique ou ethnologique, toute accusation est abusive. Les témoins de Jéhovah (TJ) auraient profité des inondations de Novembre 99 dans le sud de la France, en aidant les victimes. La tentative du journaliste pour arracher aux différents témoins un mot, qui pourrait confirmer que les TJ ont cherché à faire du prosélytisme, est pathétique... Une directrice de centre témoigne simplement : les TJ lui proposent de l'aide, d'abord anonymement, elle est d'accord, puis ils précisent qui ils sont, elle ne voit aucun problème et elle témoigne formellement qu'il n'y a eu aucune tentative de prosélytisme. Un couple témoigne de leur interaction avec les TJ dans le même ton. Devant cette simplicité, le journaliste cherche la faille :" Mais si un jour ils vous rappellent et vous disent, vous vous rappelez, nous vous avons aidé, on vient vous voir ?" - 'Non merci, c'est tout', "Vous n'avez pas eu envie de faire un don ?"- 'non je ne donnerai pas'. A la fin de l'interview le mari de ce couple précise qu'il ne pense pas que nous ayons à avoir beaucoup de craintes de ces sectes. Seul le Maire de Cuxac d'Aude répond aux attentes non avouées de ce reportage : il précise qu'il ne se fait pas d'illusions sur les TJ. Le Maire nous parle de son cas de conscience : il s'est vu dans l'obligation d'accepter l'aide des TJ étant donnée la situation et malgré ses réticences devant ce groupe. Le reportage se termine par ses mots : "Depuis 3 ans les sectes sont présentes sur les catastrophes : a priori rien à redire sur cette générosité, mais quel est vraiment le but de ce bénévolat. Les TJ brassent des sommes d’argent considérables, les catastrophes finissent-elles par payer ? Combien permettent-elles de séduire, hier ou demain, impossible de le savoir mais la menace est réelle... Officiellement, les sectes sont là uniquement pour aider, en réalité elles voient souvent derrière chaque victime un futur adepte potentiel." Notre réflexion est la suivante : nous ne savons pas au bout du compte quelles étaient les intentions des scientologues et des Témoins de Jéhovah lors de ses événements. Doit-on forcément les imaginer négatives ? Quelle perversité cependant a poussé les réalisateurs de ce reportage a dégrader à ce point l'élan d'entre aide de certains, même en admettant qu'il y ait eu une arrière pensée, pour alimenter leur propos sur la peur des sectes ? Quelles étaient les arrières pensées des personnes qui n'ont pas aidé sur le terrain, doit-on les juger aussi ? 3 Un couple détruit par une secteC'est un cas qui devient classique maintenant. Un couple se déchire et l'appartenance de l'un a une minorité spirituelle est utilisée contre lui pour obtenir la garde des enfants. Le reportage prend fait et cause pour le mari. C'est homme souffre de la rupture de son couple et de ne plus voir autant ses enfants, cela est certain. Est-ce que sa souffrance est une raison suffisante pour passer dans le reportage un verdict sans appel sur son bon droit, et sur la culpabilité de son épouse, alors qu'un jugement puis un deuxième ont confirmé que la mère pouvait garder ses enfants ? Quelle faute a donc commis cette femme ?...Elle appartient à une secte. Cette appartenance n'est pas prouvée, mais qu'importe. Le mouvement accusé d'être une secte est la Sri Ram Chandra Mission. Deux journalistes se rendent dans un centre du mouvement à Augerans. ils sont forcés de reconnaître que les gens semblent paisibles, mais, selon eux, les loisirs ne durent pas, vient le temps de la méditation. En deux phrases, le journaliste parvient à évaluer la philosophie du groupe et à montrer le danger qu'il fait encourir à ses adeptes. Une autre preuve avancée de la dangerosité de la Sri Ram Chandra Mission est sa présence dans le rapport Gest-Guyard. Aucune mention n'est faite des conditions contraires aux règles élémentaires d'un pays démocratique, dans lesquelles ce rapport a été fait. Aucune mention n'est faite du communiqué du Ministère de l'Intérieur qui précise que ce rapport n'a aucune valeur normative et juridique. Puisque ce mouvement est dans le rapport, c'est un mouvement dangereux. Une fermière est interrogée sur le mouvement : sa première réponse est de dire qu'elle ne voit pas de problème avec ces gens là. Le journaliste la remet promptement sur le droit chemin en lui demandant si elle sait que c'est une secte : oui, une des pires parait-il, répond la dame. Donc, la mère des enfants qui appartient à cette prétendue "secte" fait courir un grave danger aux enfants. Le père précise qu'il est inquiet sur la santé des enfants, qu'il les voit maigrir. Intervention de Janine Tavernier qui au nom de l'ADFI pense qu'ils sont en danger sans autre justification. Le reportage utilise de façon outrancière des moments de tendresse entre le père et ses enfants en sous entendant que cette mère "coupable" les met en péril. La fibre émotive est utilisée sans retenue pour pointer du doigt un coupable désigné d'avance pour son choix de démarche spirituelle et cela en dépit de deux décisions de justice. Note ndlr : MécanismesDe ces deux reportages, il convient de dire un mot sur les techniques employées. Les accusations, les procès d'intention sont portés sans preuves. Ils font appel au témoignage d'apostats. On nous présente un témoignage d'Alain Vivien sans prendre la peine de préciser qu'il était président de la MILS qui n'existe plus et qui a été remplacée par la Miviludes; l'intérêt de son témoignage cependant est de permettre de faire la publicité des deux associations antisectes françaises, l'ADFI et le CCMM. Tout au long du reportage nous bénéficions des commentaires éclairés de psychologues spécialisés sur la question des sectes; d'un avocat qui explique que les membres d'une secte trompent les magistrats parce qu'ils sont sereins contrairement à certaines victimes non reconnues qui montrent leur trouble et perdent ainsi leur moyens de conviction. Ces techniques d'argumentation sont tellement similaires à celles employées par l'ADFI et le CCMM, que la source des informations de ce reportage semble ne faire aucun doute... 4 WacoSans doute le reportage le plus objectif de l'émission sur le drame de Waco aux Etats Unis. Un reportage anglo-saxon, à prendre en exemple. La voix off est sobre et se contente de décrire les faits. Toutes les parties s'expriment. Le téléspectateur peut se faire une opinion par lui-même. La responsabilité du FBI dans le massacre semble écrasante. Vous pouvez penser différemment. Vous pouvez aussi vous rappeler ce que vous avez dit de l'événement à l'époque des faits, sans prendre de précautions comme la plupart des médias concernés. Qui parmi les médias fait amende honorable aujourd'hui sur ces errements médiatiques du passé ? Qui parmi les médias, fait amende honorable sur l'affaire Guyana, un drame similaire à Waco, où les dossiers publiés par le FBI sont accablants contre les services de renseignements américains. Ces événements sont à l'origine du développement de la lutte antisectes par les pouvoirs publics français. On pourrait donner des exemples similaires en France où les accusations sont portées sans discernement et à peu de frais. Une rumeur sans preuve à la télévision est un usage courant. Nous vous recommandons l'interview de Maurice Duval, ethnologue, publiée sur notre site.
5 Colonia Dignidad
Nous ne nous
prononcerons pas sur ce reportage, ne connaissant pas suffisamment le contexte
dans lequel ce mouvement a évolué. Notre sentiment est qu'il est construit de la
même façon. Une question est posée au début, mais son traitement paraît sans
équivoque sur l'opinion des journalistes. Ce qui à nouveau n'est pas un problème
si il est clairement dit que cela est une prise de position subjective.
Marielle Fournier conclut l'émission par : "nous vous avons montré la réalité de ces mouvements et
leurs dérives"...
Posez-vous en
conscience la question ? Qui manipule qui avec un dossier comme celui que vous
avez présenté ? Vous perdez toute légitimité à exercer le métier de journaliste
lorsque vous vous éloignez à ce point, d'une démarche qui présente l'avis des
différentes parties d'un fait ou d'un événement. L'impact que vous avez sur le
public est grand : ce pouvoir se mérite.
Il y a un point
positif dans le dossier présenté, bien malgré vous. C'est l'ouverture avec
laquelle la plupart des personnes interrogées (dans le premier reportage)
parlent de leur rencontre avec les prétendues "sectes" et parfois même leur
incompréhension devant cette insistance sur le danger encouru. L'espoir d'un
nouveau regard ouvert, dépassionné est là, dans cette acceptation simple de
l'autre, même si on n'est pas d'accord avec lui ou qu'il est différent, même si
ces intentions peuvent être questionnées sans le rejeter. Un titre prétexte pour quelques-uns des artisans de l'anti-sectarisme à se vautrer dans les lieux communs les plus
grossiers. 45 minutes d'un salon de thé indécent entre copains de la croisade
contre les minorités spirituelles, où chacun s'appelle par son prénom, libre de
distiller le mépris et le mensonge dans l'absence de point de vue contradictoire
(voulue par les réalisateurs de l'émission). Un moment consternant et surréaliste de pure
désinformation. Les ficelles de ce "débat" nous ont semblé si
énormes et le parti pris d'Alain Bédouet si flagrant que nous avons négligé de
faire parvenir un courrier aux auteurs de cette émission désolante.
Nous avons cependant reçu des dizaines d'emails de
personnes révoltées par autant de manipulations (des témoignages soigneusement
filtrés à l'antenne puisque seules les personnes acquises à la cause antisectes
ont pu s'exprimer). C'est peut-être le seul effet positif de cette émission et
sans doute qu'à force de matraquages sans discernement et dans la plus évidente
mauvaise foi, les minorités spirituelles ressentiront-elles la nécessité de
s'associer dans un élan solidaire. Dans les semaines qui précédait l'émission, on pouvait trouver sur le
site Internet de France 3 un encart de cinq pages faisant la promotion du
reportage : « Jim Jones, la folie meurtrière d’un Gourou
»
Compte rendu du documentaire
:
- Un fils de Jim Jones, Stephan,
décrit son père comme un fou furieux entièrement responsable de ce qui est
arrivé.
Rien dans le documentaire, ni
ailleurs, ne permet de justifier les affirmations du résumé présenté sur le site
de France 3 :
Le constat qui découle du montage et des commentaires supérieurs et ironiques, c'est que l'on pratique à l'étranger un
dangereux "libéralisme" alors que tous ces groupes sont "farfelus",
"inquiétants" voire "sectaires". Les tarifs et bénéfices étaient souvent
soulignés ainsi que d'éventuelles réprobations des autorités religieuses en
place.
Au milieu de cela,
un groupe pentecôtiste et des groupes paganistes chamaniques en Hongrie, un
groupe Zen allemand et un groupe polythéiste grec, tous ayant plusieurs milliers
de fidèles.
Des gens
tranquilles, l'air très heureux de ce qu'ils font, et heureux de le présenter
aux journalistes.
Pour l'Église
pentecôtiste, un apostat, ex n° 2 de l'Église, a exprimé que le pentecôtisme se
sert en réalité de la superstition pour le bénéfice d'un leader unique prêtre
superstar. On peut comprendre que ce soit dur pour un n° 2 !
On apprend qu'en
Hongrie, il suffit de cent signatures de fidèles pour se déclarer association
religieuse et recevoir de ce fait le droit de créer des dispensaires, des écoles
et de bénéficier de certains abattements fiscaux.
Ils sont fous ces
Hongrois, on se demande comment leur pays n'est pas déjà à feu et à sang
!
Les Grecs ne
semblent guère plus raisonnables puisqu'ils ont accordé le statut de religion à
des "originaux" qui vont se prosterner dans des temples qui selon un
représentant des affaires touristiques ne sont pas des lieux de culte mais des
monuments antiques destinés de toute évidence à être simplement admirés. Des
adorateurs d'Athéna à l'Acropole, ça ferait un peu désordre quand même, non
?
Pour boucler la
série sur le renouveau religieux, une "synthèse" des réactions d'internautes sur
le sujet en trois témoignages de personnes dans la tranche des 18-30 ans dont
nous retranscrivons ici l'essentiel :
Témoignage N°1 : Le
retour du religieux ? "En Allemagne, beaucoup sont venus pour voir le Pape, mais
je crois que c'est juste une mode."
Témoignage N°2 : Le
renouveau du religieux ? C'est surtout du folklore entretenu pour des besoins
touristiques."
Témoignage N°3 : Le
renouveau du religieux ? "Bof, dans le fond s'ils ne font de mal à personne, je
suis pour la tolérance."
Cette
émission reflète fidèlement l'opinion française qui ne veut pas croire au
renouveau du spirituel mais croit à sa dangerosité, campée derrière ses
certitudes « raisonnables » et son système antisectes unique au
monde. Des histoires racontant des drames familiaux, insistant sur les syndromes classiques de la
personne "embrigadée", la rupture avec les membres de la famille, les idées
loufoques... En fait, aucune "secte" n'est clairement nommée dans l'émission,
afin de se protéger de tout risque d'attaque en diffamation. Présentation de France 2 : Le 19 avril 1993, le monde découvre les images
d'un ranch en flammes ; Waco au Texas. A l'intérieur, 87 personnes, dont 22
enfants, sont retranchées. Les agents du FBI et les journalistes présents sur
place sont sous le choc, le bâtiment brûle en quelques minutes. Il n'y aura que
neuf survivants. Cela faisait six semaines que ces hommes et ces femmes vivaient
reclus, tous adeptes d'une secte, les Davidiens. Leur gourou s'appelle David
Koresh. Et cet homme qui se prend tout simplement pour Dieu va les conduire à la
mort. Que s'est-il vraiment passé à l'intérieur du ranch ? Pourquoi le FBI
n'a-t-il rien pu faire ? Comment des mères ont-elles pu aller jusqu'à sacrifier
la vie de leurs enfants ? Pour justifier ce recours à la
force, Byron Sage explique clairement dans le film que les Davidiens étaient
arrivés à bout de la "patience" des autorités. Impatience, orgueil blessé,
intolérance religieuse ou obscure « raison d’État » ? Ce pourrait être aujourd’hui le titre honnête
d’une émission sur le drame de Waco. Le CICNS a été contacté début juillet 2007 par
une assistante de M. Delarue, Virginie Dhers, dans le but d'inviter notre
association à une nouvelle émission antisectes ("votre point de vue serait
intéressant pour équilibrer notre plateau" "Nous voulons justement ouvrir le
débat pour la première fois dans l'émission" "votre parole sera libre").
Nous avons l'habitude de suspecter des traquenards dans ce genre d'émissions qui
n'hésitent jamais à avoir recours aux manipulations les plus grossières (même
quand il s'agit de les dénoncer chez les sectes !) pour inviter chaleureusement
un intervenant ... qui deviendra immanquablement, à ses dépens, le vilain
canard de l'émission. Voir ci-dessous les propos de Virginie Dhers, cousus de mensonges (l'émission n'était pas en direct, contrairement à ses affirmations, le jour de l'invitation était en fait celui de l'enregistrement, le titre n'était pas celui annoncé ("les nouvelles communautés religieuses " !) et celui qui avait été choisi - mais qui ne nous avait pas été communiqué - était en réalité bien fixé contrairement à ce qu'elle prétendait, le débat n'était pas du tout "ouvert" mais orienté "à charge" comme d'habitude etc.). Nous avons choisi de décliner l'invitation :"Nous gardons l'esprit ouvert et regarderons votre émission pour voir si elle reflète l'ouverture que vous annoncez mais de notre côté, nous n'accordons pour l'instant aucune confiance à la grande majorité des médias pour nous donner véritablement la parole."
From: Virginie Dhers
To:
Admin@CICNS.net
Sent:
Thursday, July 05, 2007 4:20 PM
Subject:
Emission Ca se discute (
Je m'appelle Virginie Dhers et
je suis journaliste sur le magazine Ca se discute diffusé sur
France 2 et présenté par Jean-Luc Delarue. Nous
préparons une émission pour le 5 septembre sur les nouvelles communautés
religieuses.
J'ai retrouvé dans de nombreux
articles le nom de votre association et je pense que votre point de vue pourrait
être intéressant pour équilibrer notre plateau.
Je voulais savoir si vous
pourriez être intéressé pour qu'un représentant de votre association participe à
notre émission.
J'aimerais beaucoup pouvoir au
moins m'entretenir avec vous par téléphone. Pour plus de renseignements vous
pouvez me joindre au 01.53.84.31.28 ou par mail... Vous pouvez aussi me laisser
vos coordonnées et les heures où vous êtes joignable.
N'hésitez pas à me tenir au
courant que votre réponse soit positive ou négative...
En vous remerciant de votre
attention,
Virginie Dhers
Journaliste Ca se discute
(France 2)
Tel: 01.53.84.31.28
De :
Cicns9@aol.com
[mailto:Cicns9@aol.com]
Bonjour,
Pour répondre à votre
proposition, nous avons fait une recherche sur Internet qui nous a permis de
trouver votre annonce postée sur le forum de Vigi-sectes. Par rapport au mail
que vous nous avez envoyé, celle-ci indique de façon plus précise l'orientation
que vous envisagez de donner à votre émission.
De nombreuses émissions sont
diffusées sur ce thème et parmi elles, bien peu donnent la parole à une autre
voix que celle de la critique, de la dérision, de la stigmatisation et de la
diffamation. Les juristes et les universitaires que nous avons rencontrés et qui
ont étudié sur le terrain la question desdites "sectes" (ce que peu de
journalistes ont fait) s'accordent à dire qu'il n'est pas possible aujourd'hui
en France de faire entendre, en dehors des cercles avertis, une voix neutre et
dépassionnée qui viendrait équilibrer ce débat.
Le CICNS travaille depuis trois
ans à réunir une information montrant que la question des sectes en France est
traitée de façon partiale et que les idées reçues sur les mouvements spirituels
minoritaires ne reflètent pas de façon objective la réalité vécue sur le
terrain. Les procédés sont toujours les mêmes : réunir quelques "spécialistes"
convaincus a priori de la nocivité et de la dangerosité des "sectes" et
qui n'ont pour la plupart jamais rendu visite aux mouvements incriminés ; réunir
des témoignages d'anciens adeptes déçus dans leurs attentes et qui ne prennent
pas la responsabilité de leurs propres choix ; et enfin, refuser tout dialogue
avec les personnes ou les mouvements spirituels supposés être le sujet de
discussion.
Dans ces conditions, l n'est
pas envisageable pour notre association de participer à une émission dont
l'objet est de répondre à la question : « SECTE, GOUROU, embrigadement : comment
tombe t-on dans le piège de la manipulation ? » car un tel titre est déjà, en
soi, une manipulation. Il prend pour argent comptant des notions qui ont acquis
un poids dans l'opinion publique parce qu'elles ont été répétées par la plupart
des médias depuis plus de vingt-cinq ans, sans que, dans la grande majorité des
cas, la moindre preuve juridique ou sociologique n'en soit venue étayer le
propos. Nos recherches sur le sujet nous ont conduits à des conclusions très
éloignées des assomptions contenues dans le titre de votre émission.
Nous vous invitons à visiter
notre site Internet : www.cicns.net,
notamment la page http://www.cicns.net/FAQ.htm ainsi que nos interviews vidéo de sociologues, de juristes, et de divers
acteurs sociaux et les témoignages de personnes discriminées sur la page :
http://www.cicns.net/Video.htm. Le site propose également un large éventail d'analyses et de réflexions
sur la place des minorités spirituelles dans notre société.
Il est possible que vous
preniez alors conscience de la partialité dont la plupart des journalistes se
font les instruments, peut-être de façon souvent inconsciente, faute d'avoir
pris le temps de réfléchir véritablement au sujet traité.
Nous avons récemment réalisé la
première partie d'un film documentaire, "120 minutes pour la liberté
spirituelle", qui présente la genèse de l'antisectarisme aux Etats-Unis et en
France, évoquant au passage, à partir des documents souvent inédits dans notre
pays, les grandes affaires de suicides collectifs qui ont défrayé la chronique.
Ce film est dédié à la réhabilitation des minorités spirituelles et sa
réalisation soucieuse avant tout de vérité et d’ouverture. Vous en trouverez une
présentation plus complète sur la page http://www.cicns.net/Film1.htm.
En vous remerciant par avance
de l'attention que vous porterez à notre proposition, nous vous prions d'agréer
l'expression de nos cordiales salutations.
L'équipe du CICNS
Dans un e-mail daté du 09/07/2007 vdhers@reservoir-prod.fr a écrit :
Tout d'abord merci pour votre
réponse. Je comprends tout à fait vos réticences mais effectivement nous voulons
pour la première fois dans Ca se discute ouvrir justement le débat et je trouve
dommage que vous refusiez de profiter de cette occasion pour faire entendre
votre point de vue.
- Pour ce qui est du titre de
l'émission ce que vous avez vu sur le site de Vigisecte, nous étions partis sur
ce titre en début d'enquête mais nous ne savons pas encore quel sera le titre
définitif. Nous l'adapterons lorsque nous aurons bouclé notre plateau et lorsque
nous saurons vraiment quel sera le contenu (en gros qui acceptera de
participer...).
- Pour ce qui est des invités,
nous aurons comme dans les émissions classiques sur le sujet, des témoignages
d'anciens adeptes et il y aura également des représentants de l'ADFI ou de
- 3ème point, l'émission est en
direct, votre parole serait donc libre...
Si vous ne souhaitez absolument
pas participer est-ce que vous pourriez nous indiquer des juriste, sociologues
ou autres historiens qui pourrait apporter un discours différent sur les
nouvelles spiritualités. J'ai été longuement sur votre site Internet et j'ai vu
pas mal de noms... Je compte sur vos conseils...
En tout cas si vous voulez me
joindre pour en discuter, je suis à votre disposition
A très vite j'espère
Virginie Dhers
Journaliste Ca se discute
(France 2)
Tel: 01.53.84.31.28
Bonjour,
Nous vous remercions de votre
réponse qui semble indiquer une volonté d'ouverture.
Depuis 25 ans en France, les
mouvements spirituels minoritaires sont la cible des calomnies les plus odieuses
et des accusations les plus graves ; la liste en est longue et vous la
connaissez sans doute aussi bien que nous. L'opinion publique ayant été ainsi
"formatée" durant toutes ces années, les Français sont aujourd'hui soit
convaincus que les sectes sont criminelles et dangereuses, soit effrayés
d'aborder ouvertement la question, même en famille.
Le point de vue des
associations luttant contre les "dérives sectaires" est donc parfaitement connu
et le plateau de la balance penche trop fortement de ce côté pour qu'un
équilibre puisse être rétabli dans le cadre d'une émission comme celle que vous
proposez. Sans demander un temps de parole équivalent (25 ans !), nous pensons
qu'il est impératif de permettre que ceux qui n'ont jamais été entendus le
soient, et cela dans un cadre où leur parole pourra s'exprimer librement.
Nous gardons l'esprit ouvert
et regarderons votre émission pour voir si elle reflète l'ouverture que vous
annoncez mais de notre côté, nous n'accordons pour l'instant aucune confiance à
la grande majorité des médias pour nous donner véritablement la parole.
Le 20 mai 2005, nous avons
envoyé à M. Delarue une réflexion anticipée sur l'émission "Ça se discute" qui
devait être diffusée le 25 mai 2005 sur le thème : "Comment tombe-t-on sous
l'emprise d'un manipulateur ?" (un titre "classique", semble-t-il ?). Ce
courrier est resté sans réponse. Nous avons à nouveau contacté M. Delarue le 1er
juin 2005, à la suite de la diffusion de cette émission, par un courrier dans
lequel nous avons détaillé tous les points qu'il était impératif de souligner.
Cette lettre est également restée sans réponse. Vous trouverez ces courriers sur
les pages Courriers-france2-2.htm et Courriers-france2-1.htm de notre site.
Pour être du vrai journalisme,
le titre de l'émission devrait poser une vraie question à laquelle le débat
aiderait à trouver des éléments de réponse, par exemple : "Au-delà des idées
reçues, les minorités spirituelles sont-elles réellement un fléau social pour
Nous en revenons à notre
proposition : si vous réunissez un plateau pour une émission de fond qui
permette d'exposer les réalités de la situation des minorités spirituelles en
France - ce que l'émission du 5 septembre telle que vous nous la présentez ne
permettra pas -, nous serions intéressés de participer. Nous pourrions alors
vous proposer une liste de personnes qui seraient heureuses de partager leurs
connaissances.
En vous remerciant pour le
temps passé à lire notre message, nous vous prions de recevoir nos salutations
les plus cordiales.
L'équipe du CICNS
Nous n'avons pas eu de réponse de Virginie Dhers à la suite de cette proposition.
Le CICNS va diffuser les détails de ces procédés honteux, comme il le fera dorénavant à chaque émission de ce genre. M. Delarue, qui n'est pas connu pour être un modèle de comportement, n'a pas gagné en humilité malgré ses récents déboires avec la Justice et a perdu depuis longtemps le texte de déontologie journalistique qu'il devrait pourtant relire avant chacune de ses émissions. Le fait de lui attribuer un rôle d'animateur dans une émission sur un sujet aussi sensible est tout simplement scandaleux. L'émission avait besoin "d'un second souffle", selon France 2 (source). Quoi de mieux qu'une histoire de sectes et même que le départ d'un invité qui n'a pas eu la possibilité de s'exprimer (Lire le témoignage de M. Labrique + Lire la liste des coupes dans ses propos répertoriés par M. Labrique) ? Deux millions de téléspectateurs au total ont assisté au rituel de lynchage de tout ce qui n'est pas encadré par la pensée unique.
M. Delarue attaque dès l'introduction :"Leur évocation suffit à faire trembler ceux qui ont réussi à s'en sortir". Les sectes. Suit alors un petit reportage, chef d'oeuvre de propagande antisectes, dans lequel apparaît M. Roulet de la MIVILUDES. L'émission se poursuit dans une atmosphère très tendue que M. Delarue attribue à des personnes qui viennent d'être évacuées du plateau parce qu'elles auraient essayé de manipuler l'émission. Les témoins-victimes sont interrogés par l'animateur dans une tension palpable. Beaucoup de démagogie, d'opportunisme et de véritables intentions de nuire dans certains propos. Une femme témoigne en tout début d'émission, sa fille majeure est dans une "secte". Cette femme s'est opposée au mariage de sa fille en faisant intervenir un huissier. Elle a été condamnée pour opposition abusive. On ne revoit plus ce témoin de tout le reste de l'émission.
Des parents qui vivent très mal la distance que prend leur fille suite à sa découverte et son enthousiasme pour un groupe "évangéliste" (que les parents avouent avoir très vite haï), contactent une association anti-secte. Ils s’y voient confortés dans leurs inquiétudes. "L'association les aidera pas à pas pendant six mois", selon le commentaire. Un soir de 2005, les parents « aident un peu leur fille à s’endormir » puis la tiennent prisonnière pendant une semaine dans sa chambre malgré ses supplications (la mère : "C'était dur, on devait lui enfoncer les cachets dans la bouche !") pour la «désintoxiquer» de ses nouvelles croyances et relations. C’est, semble-t-il, la menace de l’envoyer à l’hôpital psychiatrique qui viendra finalement à bout de sa résistance et la verra renier sa nouvelle foi (pendant toute l'émission, la mère tient la main de la fille sans la lâcher, ce que note M. Delarue, qui lui dit : "Maintenant, elle va faire sa vie, non, elle n'a plus 20 ans ?"). De tels actes sont bien entendu passibles de prison, ce sont des crimes punis par la loi. Le journaliste qui commente le reportage conclut pourtant au nom de la « dangerosité des sectes » : « Les parents ont eu raison !». Personne sur le plateau de l’émission n’objecte quoi que ce soit ni n'apporte un bémol à cette conclusion.
Une autre
conclusion donnée par M. Boisset : « La plupart de ces mouvements
n’enfreignent pas la loi, mais ils sont tous dangereux parce qu’ils empêchent
les gens de penser par eux-mêmes » et il cite en exemple les grandes
« affaires de sectes » épouvantails Waco, Guyana, l’Ordre du Temple
Solaire. Un reportage sur les « adeptes heureux » (adeptes belges de la "Conscience de Krishna") les tourne en dérision et les fait passer pour de doux dingues. La tentative de parler plus en profondeur de leur expérience sur le plateau est "cassée" par Delarue qui fait alors de "grosses plaisanteries".
(Puis M. Delarue
interroge Mme Katz, représentant la MIVILUDES : "La MIVILUDES a épinglé les
Krishna dans son rapport de 2005?" Mme Katz, hésitante, répond : "Je
respecte tous les mouvements, en tant que magistrate.. Votre mouvement, est
heu... très démonstratif, je crois, et de par ses habitudes vestimentaires... il
a éveillé les inquiétudes et a été l'objet d'une vigilance..." Delarue vient à
son secours et lui souffle : "Par rapport aux enfants aussi, non ?" Elle répond
: "Oui les enfants aussi... mais je crois, il me semble que votre mouvement
depuis longtemps en France n'a plus fait parler de lui... Je vais vous étonner
mais je respecte tout à fait tous les mouvements et je vous dis que vous avez
tout à fait le droit de faire ce que vous voulez tant que vous respectez la
loi.....et bien sur si la situation devait évoluer, ça pourrait être
revu.")
L'audimat ! dieu vénéré par de nombreux acteurs de la télévision et incitant à toutes les manipulations...
Lire le compte-rendu de Anne Morelli sur son expérience sur le plateau !
Lire également : Des techniques de manipulation à la télévision
Lire La condamnation de Jean-Luc Delarue à la suite de la plainte de Baudoin Labrique Émission sur Canal + le 8 octobre 2007« Sectes, des enfants sous emprise »Réalisée par Stéphane Haussy et produite par Story Box Press.Cette émission rejoint la longue liste des programmes télévisés sur les sectes qui prétendent à l'information à travers
une enquête orientée et qui s'inscrivent dans un processus de discrimination
systématique que l'on pourrait croire inconscient tellement il est
répétitif. Émission sur 13° Rue, 10 avril 2009L'enfer des BéatitudesReportage de Karl ZéroDémagogie ? Le mot est faibleDans les premières secondes, de ce qui tient plus du show et de
la fiction que de la réalité, Karl Zéro aligne les poncifs et raccourcis simplistes et surfe sur l’actualité du moment avec un
culot déconcertant :
« Si
nous sommes ici devant Notre Dame de Paris, c’est pour
demander des comptes à l’Eglise catholique. Qu’as-tu fait de tes talents ?
Pourquoi as-tu excommunié une fillette de 9 ans (…)
tout en couvrant de l’autre côté les scandales qui éclaboussent depuis des
années la Communauté des Béatitudes ? (…) dérives
sectaires, pédophilie, manipulation mentale (…) mouvement sectaire infiltré dans
l’Eglise catholique ? … » Le ton est donné et ne changera guère tout au long du
reportage. La thèse développée est la suivante : au
sein de la Communauté des Béatitudes,
c’était « l’enfer » : des leaders ont dérivé des bons
préceptes catholiques vers des pratiques « new age », « sectaires », et la
manipulation mentale et ont ainsi cautionné des actes pédophiles et pousser des
personnes au suicide. Le lavage de cerveau, le viol psychique
et les « faux souvenirs induits » seront aussi mentionnés et Georges Fenech fera
une courte apparition pour dire entre autres qu’il y a effectivement dans cette
communauté une emprise mentale « contraire au fonctionnement de l’Eglise
catholique ». Un positionnement pour le moins ambiguë
de la part du président de la MIVILUDES organe officiel de l'État
laïque français. L’essentiel du reportage est constitué des interviews
d’anciens membres « repentis » de la communauté. Interviews sans trace de
contradictoire. Aucune interview de personnes présentant
une opinion favorable à la Communauté des Béatitudes. Le suicide d’un jeune homme est longuement évoqué.
On apprend au fil des interviews, mais ça n’est bien entendu
pas souligné par l’enquêteur, que le suicide a eu lieu bien après que le jeune
homme ait quitté la communauté. On apprend aussi qu’étant donné son état
psychique, les responsables avaient un temps refusé de l’accepter et qu’il
n’avait été réintégré pour son dernier séjour qu’après avoir supplié de pouvoir
revenir. Aux yeux de l’investigateur,
ces éléments ne disculpent en rien les responsables de la
communauté, mais prouvent au contraire l’étendue de l’emprise mentale exercée. D’anciens
membres,
adultes et volontaires, se plaignent de pratiques
d’exorcisme, d’avoir dû
jeûner et prier la nuit, de n’avoir pas eu assez à manger. D’anciens
responsables dénoncent de supposées dérives auxquelles ils ont participé. Tous
manipulés, tous victimes de la « manipulation mentale » exercée par « les sectes »,
y compris l’Eglise catholique, abusée et infiltrée. Y aurait-il un exercice illégal de l’exorcisme ? Oui, si l’on en croit Karl Zéro
qui affirme :
« En
France, l’exorcisme est légal à condition qu’il soit
pratiqué par un prêtre ayant reçu le mandat d’un évêque. » Si l’on en croit le site Légifrance, le service public de la
diffusion du droit, le mot exorcisme est absent des différents codes en vigueur
en France. Pour conclure, il nous faut constater que
« les sectes » ont fait une fois encore office de
bouc émissaire et de faire valoir d’un journalisme à sensation dont l’avidité et
le cynisme sont un des reflets les plus cruels de notre époque. Le frère Pierre-Etienne s’est dénoncé
lui-même à la Justice en 2008 pour des actes de pédophilie. Dans l’attente de
son procès, il est en liberté surveillée. Plusieurs plaintes pour non
dénonciation des actes de ce frère ont été déposées. L’information pourrait s’arrêter là, dans une société respectueuse des libertés individuelles, de la présomption d’innocence, de la vie privée des citoyens, et consciente de la nécessaire sérénité de la Justice. Voir également notre article sur la Communauté des Béatitudes « Enquête exclusive » M6, 10 mai 2009«Chamans, gourous, nouveaux sorciers, nouveaux dangers»Présenté par Bernard de la VillardièreQuelques jours avant la diffusion, on pouvait lire sur le site de la chaîne : Enquête sur les nouvelles quêtes physiques et spirituelles, et sur leurs éventuelles dérives. Il semble que les chaînes communiquent avec beaucoup de « prudence » quand elles préparent une émission sur « les sectes », la présentation de leur sujet n'est pas complètement dévoilée. C'est certainement ainsi qu’elles arrivent encore à piéger ou séduire des thérapeutes ou des membres de nouvelles spiritualités qui ,une fois sur le plateau, ou au moment de la diffusion quand l’émission n’est pas en direct, se sentent trahis et impuissants à sauvegarder leur image et leur réputation. La 3ème partie du film 120 mn pour la liberté spirituelle éclaire ce « côté obscur » (les coulisses) des médias, notamment sur le procédé de réalisation et de montage d'une émission de télévision. À partir des enregistrements et d'une mise en scène orientée, la manipulation du son, des paroles et des images, permet de créer un effet subjectif, le but étant de stimuler et d'accrocher le téléspectateur, quitte à simplifier jusqu'à la caricature voire à déformer intentionnellement un propos ou une information.
Pour avoir un peu de recul sur ce genre d'émissions particulièrement bien « ficelées »,
il peut être bon de couper le son ou l'image. Je me suis,
pour ma part, attaché dans un premier temps à n'écouter
que le commentaire....
Ce qui est alors frappant, c'est la
construction de l’intrigue par le commentaire de la journaliste. Chaque mot
est choisi pour mettre en scène un scénario prédéfini : « Quelque part,
des personnes peu scrupuleuses vous veulent du mal. Elles sont organisées et
profitent de votre fragilité pour vous nuire ». Entrent alors en scène
les sauveurs (antisectes), désignant ce qui est fragile d'un côté et, d'un
autre, ce qui est malveillant. A partir de là, les « sauveurs » s'organisent
au nom du « Bien » pour combattre le « Mal ».
Le rythme est soutenu, jusqu'à l'obsession, et j’ai
rapidement été écœuré devant l'irresponsabilité et la fausseté de la
manœuvre. Au point d'être incrédule devant ce que
j'entendais : une parodie de
journalisme…sans l’image. Parce qu’en regardant l’émission « normalement »
(son
et images), le doute
m’a envahi à nouveau, la manipulation ne
semblait plus si évidente. J’ai recommencé sans
l’image, puis avec l’image à nouveau et c’est soudain devenu une évidence :
l’image, même si je la sais manipulée par le montage, par les coupes
effectuées, par les raccourcis, me paraît plus lisse, plus facile à « avaler »
que le propos lui-même : elle rend mon cerveau docile. L’image fait
« passer » le commentaire, quel qu'il soit.
Fin de l'émission, où le présentateur remercie l'UNADFI et autres
associations de lutte contre les « manipulations sectaires », pour leur noble
travail.
Une image me vient alors :
Une image du Moyen-âge où on dit aux villageois : « Voyez que ça ne pousse
pas dans ce champ, malgré votre dur labeur »,
« Voyez la vilaine sorcière qui vit à côté dans sa masure … »
Et le tour est joué, il n’est pas nécessaire d’en dire plus.
Conte maléfique d’hier et d’aujourd’hui…
On désigne la victime et l'objet de la souffrance et on désigne ce qui fait
le mal, par son caractère étrange, sa marginalité, sa différence. On
fabrique ainsi un coupable qui nous délivre du mal en nous distrayant ou en
focalisant la haine. Un mot, un nom, une image, une silhouette vient
contenir le besoin de vérité du spectateur. Vérité
dont on croit à tort qu’une fois démaquillée, elle serait trop peu
intéressante pour le « grand public », auquel il serait peut-être temps de
rendre sa « grandeur » et son libre arbitre.
Il serait temps de songer à l'émancipation des médias dont le rôle n'est pas de se faire le porte-parole d'un seul discours, ni d’être les esclaves de l’audimat mais bien d'être témoin impartial, objectif et indépendant de toutes les croyances et de tous les pouvoirs, pour orchestrer le débat avec un minimum de recul et de curiosité.
On peut lire sur ce blog des témoignages dignes d'intérêt à la suite de cette émission. « C dans l'air », France 5, 3 août 2009150 000 témoins de Jehovah se réunissaient dans
diverses villes françaises, le week end du 1er août 2009 (La
Croix). Le numéro de
C dans l'air du 3 août 2009 sur
France 5, présenté par Thierry Guerrier et intitulé "Secte ou pas secte !",
s'appuyant sur cet événement, proposait une analyse de "la différence
entre les mouvements sectaires et dangereux et les vrais cultes". Les
invités étaient : Georges Fenech, président de la MIVILUDES, Jacques Miquel,
président du
CCMM, une association antisectes,
Jacky Cordonnier, historien des religions et membre du conseil d'orientation
de la MIVILUDES, Nicolas Jacquette, ex Témoin de Jéhovah devenu apostat.
Les Témoins de Jéhovah, ayant pris connaissance de la composition du plateau
ont décliné l'invitation à participer à l'émission. Après trois décennies de
lynchage médiatique à l'encontre des minorités spirituelles, il est
surprenant de voir des journalistes s'étonner du refus de participation de
ces mêmes groupes à de faux débats, d'emblée déséquilibrés par la
constitution même des plateaux.
Cette émission a donc été une tribune libre pour des activistes antisectes
organiques. Reconnaissons à Thierry Guerrier d'avoir posé quelques questions
pertinentes - contrairement à sa précédente émission sur le sujet qui avait
été des plus décevantes (C
à dire) -. Il a notamment demandé au président de la MIVILUDES si
le rejet appuyé des Témoins de Jéhovah par la population dans certaines
régions (notamment à Deyvillers) ne s'apparentait pas à une forme de
racisme. Georges Fenech a reconnu qu'il pouvait y avoir en effet des
discriminations à l'œuvre.
Néanmoins, et l'échange mentionné ci-dessus mis à part, ce type de débat
avec un plateau complètement partial, de plus en présence du responsable
d'un organisme d'Etat, nous parait être la pire forme de journalisme qui
soit puisque seules certaines questions sont contradictoires et donnent
l'illusion d'un équilibre de bon aloi ; les réponses des interlocuteurs vont
toutes dans le même sens et permettent d'asséner la pensée unique sur la
question des sectes, à quatre voix dans le cas présent, ne laissant aucune
place à des réflexions alternatives.
Georges Fenech a notamment indiqué que la MIVILUDES réunissait "2 fois
par mois l'ensemble de la société civile qui vient dire ce qu'elle pense et
fixer les objectifs". Si Thierry Guerrier avait eu une meilleure
connaissance du dossier, il aurait pu demander à Georges Fenech pourquoi les
contributions d'une association comme le CICNS sont ignorées, de même que
celles des sociologues des religions et de bien d'autres
acteurs sociaux.
La conclusion de l'émission, quant à elle, se passe de commentaires. Jacques
Miquel a fait allusion au
référentiel des sectes de la
MIVILUDES : "Il a été question à un moment d'un référentiel sur les
mouvements à dérives sectaires et j'ai entendu qu'il ne serait
malheureusement pas donné au public, j'aimerais faire remarquer une chose
qui m'étonne quand même beaucoup : dans ce pays personne n'a l'idée d'aller
aux champignons sans une flore et croyez-moi, je suis mycologue amateur, les
mouvements à dérives sectaires, c'est bien plus toxique que les champignons".
Réponse de Thierry Guerrier : "Donc vous voulez une liste comme il y a
une liste des mauvais champignons; on a compris votre appel ".
Nous proposons à Thierry Guerrier de consulter notre documentaire "120 minutes pour la liberté spirituelle" en trois parties (Partie 1, Partie 2 et Partie 3), le troisième volet traitant plus particulièrement du rôle des médias. Le CICNS est prêt à apporter sa contribution à tout dossier équilibré et factuel sur la question sectaire. La situation est telle qu'un retour à l'équilibre dans le débat ne pourra s'effectuer qu'en laissant, dans un premier temps, un espace dédié et suffisant à l'exposé de réflexions alternatives. Mais le temps médiatique le permettra-t-il et l'ouverture d'esprit nécessaire sera-t-elle au rendez-vous ? Ces questions sont posées à la rédaction de France 5. « Prise Directe » France 2, 17 novembre 2009Présentée par Béatrice SchönbergNotre analyse en vidéo Adsl ou bas débit Le docteur Guéniot est un médecin qui fut accusé d’être responsable de la mort d’une jeune femme puis blanchi par la Justice après 14 ans de lynchage médiatique et antisectes. Alors que ce médecin est maintenant décédé, cette émission n’hésite pas à le calomnier à nouveau au milieu d’un déballage antisectes primaire comme la télévision sait nous en offrir depuis deux décennies. Notre clip vidéo donne un aperçu de la désinformation et de la calomnie impunément pratiquées aujourd'hui. |
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