Un ancien juge devenu député, Georges Fenech, qui en appelle à la tête de l’exécutif, en l’espèce au Président de la République, contre une décision de la juridiction suprême de notre démocratie qui l’a invalidé et déclaré inéligible pour un an. Voilà qui est stupéfiant.
Il faut rappeler que le Président de la République lui-même avait demandé au président de la Cour de cassation de réfléchir aux moyens de contourner la décision du Conseil constitutionnel concernant la dernière loi sur la récidive.
Cette attitude signe plusieurs dérives de la démocratie française (...) [
(...) la
soumission souhaitée du juge constitutionnel à des institutions dont
il est chargé de limiter les dérives, l’Assemblée nationale et
l’exécutif, est inimaginable aux Etats-Unis, en Allemagne ou en
Angleterre. Que cette soumission soit souhaitée par un
parlementaire, certes de base, et qui plus est ancien juge nous éclaire
sur le peu de considération de certains parlementaires pour
leurs fonctions et pour la séparation des pouvoirs.
(...) Cet
appel est (...) la
preuve du peu de respect y compris chez les juristes de ce pays pour le
principe même d’une justice indépendante.
(...)
http://lajustice.blogs.liberation.fr/barella/2008/04/affaire-fenech.html
À lire également : la réaction de M. Fenech, l'auteur de "tolérance zéro" face à cette décision du Conseil Constitutionnel : "Je suis victime d'une loi absurde appliquée avec une rigueur implacable", sur http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=469039