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Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS) L'accusation de "secte" de la part des pouvoirs publics est-elle une injure gratuite ?
Montpezat de Quercy -
17/06/2008 - 16h45 (CICNS) Le
10 Juin 2006, une question au gouvernement sur le thème des sectes a été
consignée au journal officiel. Le député/auteur y fait allusion à une
minorité et libelle ainsi son texte : "Cette association a en effet
été répertoriée comme secte par la commission d'enquête parlementaire de
1995. Aussi, il souhaite savoir, treize ans plus tard, si cette association
est toujours considérée comme une secte." Ce
député n'est pas un néophyte en la matière puisque dans la législature précédente,
il a posé quatre autres questions sur le thème des dérives sectaires.
ll ne peut donc ignorer plusieurs faits précis : 1°) le terme
"secte" n'a aucune définition juridique, 2°) les sociologues des
religions sérieux ont montré l'inanité du rapport de 1995, 3°) ce rapport,
selon une directive du Premier Ministre de mai 2005, ne devrait plus être
utilisé, 4°) l'action publique de lutte contre les "sectes" a, au
moins en théorie, été remplacée depuis 2002 par la lutte contre les dérives
sectaires ; il n'est donc plus légitime (s'il l'a jamais été) de désigner
un groupe par le terme péjoratif de "secte" en particulier dans
l'enceinte de l'Assemblée Nationale même si on y bénéficie de l'immunité
accordée aux commissions d'enquêtes parlementaires ; cette précaution de
langage, cosmétique à bien des égards, est néanmoins respectée par la
MIVILUDES. Ajoutons que même si des délits sont constatés dans un groupe
donné, une dénomination péjorative pour l'ensemble de ce groupe n'a
pas sa place dans un état de droit. Que
signifie donc cette question au gouvernement ? Elle pourrait être l'expression
d'un "défoulement" à moindre frais de la part du député,
mais également le résultat d'un double langage entretenu par les
pouvoirs publics sur la question sectaire depuis plusieurs décennies. Nous ne
doutons pas un instant que la réponse saura corriger cette terminologie
fautive, jusqu'à la prochaine incartade. Mais plutôt que d'en rester à la
langue de bois consensuelle sur le sujet, le CICNS propose à
la Ministre de l'Intérieur, destinatrice de la question, d'affirmer la nécessité
d'un changement d'état d'esprit sur les minorités spirituelles. Ce
changement d'état d'esprit ne doit pas rester une déclaration d'intention
mais doit se traduire en applications concrètes.
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