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Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS) La MIVILUDES introduit la phobie des « sectes » dans les crèches et à l'école
Montpezat de Quercy -
18/01/2012 -12h15 (CICNS)
La secrétaire d'Etat à la famille, Claude Greff, et le
président de la MIVILUDES, Georges Fenech, ont coopéré pour diffuser
« dans les lieux fréquentés par
les jeunes et leurs familles tels que les crèches, les écoles, les
services sociaux », 10 000
affiches sur le thème « Face
au phénomène sectaire, parents soyez vigilants », nous apprend le
Figaro (16/01/2012).
Quelle est la justification d’une telle campagne ? Le
Figaro pense la trouver dans l’affirmation suivante tirée de propos
de ces dernières années du président de la MIVILUDES: « On
estime entre 60 000 et 80 000 le nombre d'enfants victimes de dérives
sectaires ». Ces propos sont graves puisqu'ils mettent en cause
de nombreuses familles appartenant à des minorités spirituelles,
éducatives et thérapeutiques : les groupes arbitrairement qualifiés
de « sectes » par la MIVILUDES. Sont-ils étayés par une enquête
précise, scientifique, pluridisciplinaire, dont les résultats ont été
contrôlés et publiés dans des revues fiables et permettant d’arriver
à la conclusion d’un réel danger ? Non. Il n’y a pas le moindre début
de commencement de preuve confirmant ces données qui sont de la pure
désinformation. Rappelons par
ailleurs les propos de Jean-Yves Dupuis, inspecteur général de
l'administration de l’Education Nationale (Mission « sectes » de ce
ministère) lors de
l’enquête parlementaire de 2006 sur le
thème « Sectes et enfance » présidée par Georges Fenech :
« Nous avons demandé aux
inspecteurs d’académies quels étaient parmi ces enfants en danger,
ceux qui l’étaient à cause de mouvements sectaires, ils nous ont
répondu qu’il y en avait 8 [sur les 19000 signalements auprès des
parquets comme le commente Georges Fenech lui-même] ».
Les citoyens membres de ces minorités sont déclarés tantôt
ennemis publics, tantôt victimes, par une propagande antisectes qui a
su convaincre une intelligentsia française défaillante. Il est
désormais possible de dire n’importe quoi sur les « sectes » dans un
silence complice ou ignorant la plupart du temps.
Accepterait-on une affiche déclarant : « Face à la dérive
médicale, parents soyez vigilants » ? Pourtant, une étude récente de
l’Assemblée Nationale indique que l’«
on estime dans notre pays à 150 000 le nombre d’hospitalisations
annuelles liées à des accidents médicamenteux et de 13 à 18 000 le
nombre de morts provoquées par des médicaments » (Ouvertures).
N’y aurait-il pas là de quoi alerter légitimement les parents ?
Dans un autre registre, accepterait-on une affiche
précisant : « Face aux dérives pédophiles dans certaines religions,
parents soyez vigilants » ? Non, car malgré la gravité du sujet,
l’amalgame serait, à juste titre, vu comme trop grossier.
Aucun
délit de cette ampleur n'a d'ailleurs vu le jour au sein desdites
« sectes » et quant à ceux qui reviendraient inlassablement sur
l'exemple du
Temple
Solaire (drame datant de 1995 et non élucidé en terme de
responsabilité, faut-il le rappeler) pour illustrer qu'il se passe
bien des choses graves au sein des « sectes », ils devraient
s'interroger sur le deux poids deux mesures utilisé pour le
traitement d'événements isolés : les morts du sang contaminé n'ont
pas discrédité les partis politiques au pouvoir, ni le scandale et
les morts du Médiator l'ensemble des laboratoires pharmaceutiques.
Mais s'agissant des « sectes », qui toucheraient plus de
500 000 personnes selon la MIVILUDES, le simplisme est de mise. Et ce
simplisme méprisant entre dans le cursus éducatif de notre jeunesse
avec l’assentiment d’un public mis artificiellement en état de choc
permanent sur la question des « sectes ».
Le manifeste de l’Unicef donne les informations suivantes
pour la France : « Plus de 2
millions d’enfants vivent sous le seuil européen de pauvreté (971
euros/mois). 600 000 enfants, sont considérés comme mal logés. 20 000
enfants et leurs parents sont sans domicile fixe. En France
métropolitaine, 37% des enfants sont considérés comme pauvres et/ou «
vulnérables » (Unicef).
Et ne parlons pas de la faillite de notre système éducatif faisant
l’impasse sur le développement de la personne humaine, du taux de
suicides chez les jeunes, etc. Les « sectes » n’ont bien évidemment
rien à voir avec cela, mais l’on est moins étonné de voir que, face à
ce désastre, notre classe politique cherche à allumer des contre-feux
pour détourner l’attention des citoyens loin des vrais problèmes. La
commission nationale d'investiture de
l’UMP a accordé l'investiture à Georges Fenech dans la 11ème
circonscription du Rhône. Soyons certains que sa campagne législative
s’alimentera sur le terreau nauséabond de la peur des « sectes » ;
l’année 2012 sera probablement une
« bonne » année antisectes et
il aura l’entière collaboration des grands médias pour cela.
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