Menu

Le Centre intercantonal d'information sur les croyances

CROYANCES - Le Centre intercantonal d'information sur les croyances a répondu depuis sa création à près de 700 demandes sur des mouvements religieux ou ésotériques.

Le Centre intercantonal d'information sur les croyances (CIC) vient de boucler son deuxième rapport annuel. Face à un avenir financièrement incertain, ses responsables réaffirment l'utilité de leur travail d'enquête sur les mouvements spirituels, religieux ou ésotériques. Un domaine que Nathalie Narbel, directrice du CIC, qualifie de "marché florissant, dont l'offre est en expansion". Elle maintient une politique d'objectivité et de rigueur scientifique, dans un contexte où "l'information est indispensable". En deux ans, le CIC, basé à Genève, a reçu quelque 660 demandes. Pour 2003, ce sont 365 réponses qui ont été données à des questions émanant pour deux tiers des milieux professionnels, particulièrement des services cantonaux et communaux. Les questions les plus fréquentes (30%) concernent des croyances et des mouvements de type thérapeutique, certains d'entre eux étant remboursés par les assurances maladies complémentaires. Au vu de l'importance croissante de cette problématique, le CIC organisera un colloque sur le sujet en octobre prochain.

En retour, le CIC dit vouloir donner une information "neutre et indépendante". Les réponses -fournies gratuitement- se présentent sous la forme de petits rapports de cinq à dix pages. Elles font la synthèse de différentes sources: ce que le mouvement religieux dit de lui-même et ce qu'en disent la littérature scientifique, les médias généralistes, ainsi que les différents groupements de lutte contre les sectes, les autorités publiques et les instances judiciaires.

La mission s'avère délicate: "Nous devons respecter la liberté de croyance garantie par la Constitution suisse, tout en exerçant notre mandat de prévention", explique Nathalie Narbel. Ce n'est pas au CIC de poser des jugements moraux, ni de dire ce qui est juste ou faux, affirme sa responsable. Les réponses contiennent donc rarement de conclusions: "Nous laissons au lecteur la liberté de se déterminer." Le but déclaré du CIC est de permettre aux demandeurs de développer leur esprit critique.

Au dire de ses responsables, le CIC a trouvé en 2003 son rythme de fonctionnement. Une convention de collaboration avec l'Observatoire des religions en Suisse (ORS, basé à Lausanne), qui mène des recherches universitaires, a été signée. Le CIC envisage aussi d'étoffer son offre en matière d'information générale et pédagogique.

QUEL AVENIR?

Fondation de droit privé créée en janvier 2002, le CIC s'est ouvert au public cinq mois plus tard, en mai 2002. Sa création fait suite à la publication à Genève de l'audit sur les dérives sectaire (1997), un document commandé par l'Exécutif cantonal après le drame de l'Ordre du temple solaire. La période d'évaluation du CIC, fixée à trois ans, s'achèvera à la fin de cette année. Que va-t-il se passer ensuite? "Nous n'en savons rien", déplore François Bellanger, président du Conseil de fondation du CIC. Il affirme toutefois avec force que "le centre a une raison d'être, il répond à un besoin du public". Le Département de l'instruction publique genevois confirme que rien n'a encore été décidé quant à la subvention du CIC pour 2005.

Le budget de la fondation est de 260000 francs, dont 200000 proviennent du canton de Genève, qui a été le promoteur initial du projet, 40000 francs du canton de Vaud, 10000 du Valais et 10000 du Tessin.

Suisse: un bilan de l'expérience du Centre d'information sur les Croyances

Religioscope

28 Sep 2004

Dans les années 1990, les pouvoirs publics de quelques pays ont pris l'initiative de mettre sur pied des centres pour répondre aux interrogations à propos de différents groupes qualifiés de sectes. C'est ainsi qu'est né en 2002 le Centre d'information sur les croyances (CIC), à l'initiative de quelques cantons suisses, menés par le canton de Genève. Religioscope a interrogé la première directrice du CIC, Nathalie Narbel, qui partage avec nous ses observations et tire un bilan de ses expériences.

Née en 1967, Nathalie Narbel est licenciée en lettres. Après des études en philosophie et en histoire des religions à l'Université de Genève et à l'Université de Fribourg, elle a obtenu une licence spéciale en histoire des polythéismes antiques à l'Université libre de Bruxelles. Elle a ensuite travaillé dans le domaine contemporain, avec un mandat de recherche sur les Eglises protestantes vaudoises et les réfugiés durant la 2e guerre mondiale. Un ouvrage en a été le fruit : Un ouragan de prudence: les Eglises protestantes vaudoises et les réfugiés victimes du nazisme, 1933-1949 (Genève, Labor et Fides, 2003). Elle a ensuite travaillé à l'Institut d'éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes, alors dirigé par le professeur Roland Campiche.

Enfin, début 2002, elle a été chargée de mettre sur pied le Centre intercantonal d'information sur les croyances et sur les activités des groupements à caractère religieux, spirituel ou ésotérique (CIC). Dans ce cadre, elle a également publié, avec Emmanuel Grandjean et Gabriel de Montmollin, Naissances divines (Genève, Labor et Fides, 2003).

A la fin de l'été 2004, Nathalie Narbel s'est engagée dans de nouvelles activités professionnelles. Cette occasion nous a paru bonne pour faire le point sur l'activité du CIC et tirer avec sa première responsable un bilan provisoire de cette expérience encore fraîche. En effet, outre le CIC, des centres financés par des pouvoirs publics pour répondre aux interrogations sur un certain nombre de courants spirituels ont été créés ces dernières années dans plusieurs pays. Chacune de ces expériences a ses accents propres, comme nous le voyons en lisant les réponses de Nathalie Narbel aux questions de Religioscope.

CIC, 27 bd Helvétique, 1207 Genève - Suisse, Tél : + 41 22 735 47 50 - Fax : + 41 22 840 08 58

Site du CIC : http://www.cic-info.ch/

Lire l'interview de Nathalie Narbel sur Religioscopes

Haut de page


Menu

© CICNS 2004-2008 - www.cicns.net (Textes, photos et dessins sur le site)