Voile islamique - Le maire de Londres vilipende la loi françaiseLire également : Dialogue sur un forum au sujet du foulard islamique, par André Tarassi Réunie dans la capitale britannique le 12 juillet, l'Assemblée pour la protection du foulard islamique a vigoureusement dénoncé son interdiction dans les écoles publiques françaises. En maître de cérémonie, le maire de Londres, Ken Livingstone, a lui aussi décrié cette "loi réactionnaire". Ken Livingstone et le cheikh Youssef al-Qaradawi - AFP Quelque 250 délégués provenant de 14 pays se sont réunis lundi 12 juillet au London City Hall, à l'invitation du maire travailliste de Londres Ken Livingstone, pour la tenue du premier rassemblement du groupe de pression pour la défense du foulard islamique en Europe, également appelé "Pro-Hidjab". "L'organisation n'a été formée qu'au mois de février, après l'adoption par les députés français d'une loi interdisant le port de signes religieux ostensibles dans les écoles", indique le quotidien britannique The Guardian. "Pourtant, hier, la salle était pleine." Selon The Guardian, "les organisateurs avaient espéré que la présence du cheikh Youssef al-Qaradawi ne ferait pas d'ombre à la manifestation". Présenté comme "un homme de tolérance et de respect", selon les mots de Ken Livingstone, le religieux égyptien est l'objet d'une vive controverse en raison de ses propos tenus contre les homosexuels et de sa justification des attentats suicides. "L'arrivée du cheikh et de ses gardes du corps à la mairie de Londres a été saluée par des chants et une ovation debout", indique The Independent. Pendant ce temps, des militants gays et féministes étaient rassemblés devant l'hôtel de ville pour dénoncer certains propos "homophobes et sexistes" de l'orateur. Mais, homophobe ou pas, le religieux "a été chaleureusement étreint par Ken Livingstone", comme l'indique The Independent. "Le maire lui a présenté ses excuses pour les relents d'hystérie et de xénophobie qui ont pu être véhiculés par certains tabloïds anglais", ajoute le quotidien. "Lors de son discours, Al Qaradawi a vanté les valeurs de pluralisme et de diversité, et dénoncé la loi française comme rétrograde et contraire à la liberté individuelle et religieuse, avant de s'interroger : si une femme peut porter des minijupes ou des habits sans manches, pourquoi ne pourrait-elle pas porter une écharpe ?" Et Ken Livingstone lui a emboîté le pas, déclarant que "ce texte de loi est le plus réactionnaire qu'un Parlement en Europe ait eu a considérer depuis la Seconde Guerre mondiale". Avant d'ajouter, selon The Guardian : "Je suis déterminé à protéger les musulmans de Londres contre de telles restrictions, qui sont un pas vers une forme d'intolérance religieuse que l'Europe, témoin de l'Holocauste, avait juré de ne pas répéter." Plus mesuré, le philosophe suisse Tariq Ramadan a tenu à rassurer l'assistance : "Les Français ne sont pas racistes, mais plutôt effrayés par la nouvelle visibilité des musulmans. C'est une question de perception négative, de rejet psychologique." The Guardian rappelle toutefois que "la loi sur la protection de la laïcité, qui doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine, prévoit l'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école, dont le foulard islamique, la kipa juive, le turban sikh et les croix chrétiennes". Le journal anglais précise en outre que "la question ne se limite pas à la France. Plusieurs Länder allemands s'apprêtent à prendre des mesures similaires à l'encontre des enseignants de religion musulmane. Et la Cour européenne des droits de l'homme vient de rejeter l'appel d'une étudiante qui s'était vu interdire le port du voile à l'université d'Istanbul." Moins d'une semaine après que Jacques Chirac a défendu la loi sur la laïcité lors de son discours de Chambon-sur-Lignon, et alors qu'il doit réitérer le 14 juillet son intention de placer l'école "en dehors des pressions communautaristes", les autorités religieuses musulmanes paraissent toujours considérer le principe français de laïcité comme liberticide, mettant en avant la très noble liberté de croyance et de religion. Le cheikh Mohammed Sayed Tantaoui, imam de la mosquée égyptienne d'Al Azhar, la plus haute autorité de l'islam sunnite, avait pourtant reconnu le 30 décembre dernier le "droit" de Paris à régir les écoles publiques françaises. Le maire de Londres, lui, ne s'embarrasse pas de cette question de souveraineté. JC Pascal |
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