Commentaire du CICNS sur les propos de Mathieu Cossu parus dans le Nouvel Observateur
Un commentaire entre les lignes d'un récent article de Mathieu Cossu,
du site Prévensectes, interrogé par le Nouvel Observateur le 6 août 2007.
Titre de l'article : "Nous sommes tous vulnérables face aux
sectes"
Les déclarations de M. Cossu publiées par le Nouvel Obs sont en italiques et les commentaires du CICNS sont en caractères gras. Nouvel Obs: "Y a-t-il des comportements qui trahissent l'appartenance à un groupe sectaire ?" M. Cossu : Certainement, on n'entre jamais volontairement dans une secte. Une nouvelle analyse sociologique de M. Cossu, un des quelques experts auto-proclamés de la chasse aux sectes : "on n'entre jamais volontairement dans une secte". C'est avec de telles affirmations que ces personnes qui font de la prévention "depuis sept ans" tentent de se donner une crédibilité ! Mais la remarque n'est pas innocente, cependant. Elle vise à enlever toute responsabilité quant aux choix des personnes qui s'engagent dans des minorités spirituelles. Le statut de victime étant plus intéressant juridiquement et médiatiquement, le fond de commerce de ces sycophantes modernes est protégé. M. Cossu : "Il y a des comportements qui sont annonciateurs d'une personne devenue adepte ou du moins d'une personne captée par ce type de mouvance. Par exemple quelqu'un qui, du jour au lendemain ou presque, change sa façon de vivre, sa façon de s'exprimer ou sa façon de se présenter. Si cette personne est alors obnubilée par une idée fixe et qu'elle vous parle sans arrêt du même sujet, on peut se dire "attention, là, il y a quelque chose qui cloche".Il y a un changement de comportement évident mais un changement de mode de vie aussi. Celui qui buvait va arrêter de boire (…)" " Celui qui buvait va arrêter de boire ". En tête de la liste des horreurs commises par " les sectes ", celle-ci sera appréciée à sa juste valeur… M. Cossu : "Cela fait sept ans que je fais de la prévention en France et dans le monde entier et je n'ai jamais vu qui que ce soit sortir du mouvement dans lequel il était engrainé." Encore une " information " originale de M. Cossu. Il semblait jusque-là que les " antisectes " étaient assez fiers de leur campagne d'intoxication. Ce constat d'échec est surprenant à cet égard. Ceci dit, des gens quittent leur mouvement tous les jours, quel qu'il soit et cela dans une proportion très élevée des adhésions. Mais peut-être M. Cossu et ses collaborateurs devraient-ils remettre leurs méthodes en question. Il est vrai que si l'on veut vraiment aider quelqu'un, il vaut mieux éviter d'entrer dans son temple avec des gros sabots. M. Cossu : "La seule chose à faire, c'est de tenter de raccrocher la personne à son passé, lui rappeler tout ce qu'il y avait de bon avant la secte." Voilà une méthode qui devrait avoir beaucoup de succès : " raccrocher la personne à son passé ". M. Cossu s'est sans doute laissé un peu dépasser, la mode est à " l'instant présent " ou à " aller de l'avant ", aujourd'hui, et la plupart des gens ne souhaitent pas " être raccrochés à leur passé ", même pour la " bonne cause " de l'antisectarisme (et à fortiori si la personne a voulu le délaisser en changeant de vie, ce qui est un acte tout à fait " légal " et légitime pour un citoyen français adulte). M. Cossu : "(…) la grande machination, très bien huilée, des groupes sectaires se met en place. J'ai même vu un responsable militaire très haut placé se faire entraîner, sans qu'il ne se doute de rien, par les adeptes de la scientologie. Et autant vous dire que lorsqu'ils vous tiennent, ils ne vous lâchent plus. D'ailleurs, à mon sens, personne n'est à l'abri, ni vous, ni moi. A un moment donné, nous sommes tous vulnérables." M. Cossu cherche à faire trembler le bon peuple dans les chaumières. La situation est plus grave qu'ils ne l'imaginent : ils se croyaient protégés par leur bon sens, mais (quelle révélation !) " personne n'est à l'abri, ni vous, ni moi ". Comment ? Même lui, héros parmi les héros de la lutte antisectes, pourrait céder à leurs " charmes " ? Il faut redoubler de vigilance mais surtout, (n'est-ce pas plus précisément encore l'intention d'une telle mise en garde ?), il faut détruire " les sectes " avant qu'elles nous " tiennent ". Il y a quelques temps, seules les sectes étaient accusées d'avoir un discours apocalyptique. Aujourd'hui, sans doute à cause de mauvaises lectures, même les antisectes s'y mettent. Quelle époque ! Note : M. Cossu a, plus tard, après avoir eu accès à notre commentaire, souhaité corriger son affirmation au sujet des "sortants de sectes". Il déclare avoir voulu dire : "Je n'ai jamais rencontré qui que ce soit capable de sortir un adepte de son groupe". Une correction tardive qui ne change pas grand chose à notre commentaire. Il nous est même arrivé de souligner l'absurdité d'un combat qui consiste à vouloir sortir des adultes d'un endroit dont ils ne veulent pas sortir. D'ailleurs, nous ne tentons même pas de le faire nous-mêmes avec les "adeptes" de l'antisectarisme. |
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