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Suicides chez Peugeot-Citroën et Renault

Il est impossible pour une minorité spirituelle de dénoncer l'amalgame sans cesse établi par la plupart des médias, des tribunaux et des pouvoirs publics entre spiritualité et criminalité de façon générale, et entre suicide et appartenance à "une secte" en particulier. Aucun journal aujourd'hui, et Le Monde moins que d'autres, n'accepterait de publier un article où une minorité spirituelle tiendrait les propos tenus ici par le PDG de Peugeot-Citroën. Pourtant, les membres des groupes spirituels se plaignent beaucoup moins des conditions de vie à l'intérieur de leur groupe que ne le font les ouvriers des grandes usines. Il n'existe pas de syndicats de membres de sectes tentant de faire entendre leur voix à leur dirigeant. Alors d'où vient cette différence de traitement, nettement discriminatoire envers les nouvelles spiritualités ?

Juin 2009 Suicides à France Telecom (voir en bas de page)

Le PDG de Peugeot-Citroën dénonce l'amalgame entre suicide et conditions de travail

LEMONDE.FR avec AFP | 25.07.07 | 16h18 o Mis à jour le 25.07.07 | 16h30

Après le suicide de six salariés des sites de PSA Peugeot Citroën depuis le début de l'année, le PDG Christian Streiff s'est insurgé, mercredi 25 juillet, contre "l'amalgame" fait par ceux qui établissent un lien entre cette série de suicides et les conditions de travail dans les usines du groupe automobile.

"Je dénonce formellement ceux qui font l'amalgame", a-t-il déclaré devant la presse, en marge de la présentation des résultats semestriels, avant d'ajouter que "le travail n'est pas, en tout cas pas à lui seul, la cause d'un suicide". "Les médias et beaucoup d'intervenants sollicités par la presse, tels que les syndicats, les médecins, les psychologues, ont voulu établir un lien étroit entre le travail et le suicide, relève M. Streiff. (...) Je m'insurge contre l'amalgame qui est fait pour dire que 'le travail tue', je pense que cela n'a pas de sens. C'est un manque d'humilité face à un fait que personne ne comprend."

"COMMENTAIRES ACCUSATEURS"

"Tous ces commentaires sont en général accusateurs vis-à-vis de l'entreprise et de la hiérarchie, et pèsent aujourd'hui très, très lourd sur le climat de nos sites et sur celui de Mulhouse en particulier", a souligné M. Streiff, qui a indiqué avoir dit aux cadres du groupe qu'"il faut absolument combattre cette idée et ne pas culpabiliser", tout en estimant : "Il est de notre rôle de continuer à améliorer nos conditions de travail et la qualité de notre management."

Depuis le début de l'année, cinq salariés du site de Mulhouse (Haut-Rhin) et un salarié du site PSA de Charleville-Mézières (Ardennes) ont mis fin à leurs jours. Une cellule d'assistance psychologique a été mise en place après le dernier suicide survenu le 16 juillet, qui aurait "une cause d'ordre privé", selon les conclusions de l'enquête de gendarmerie.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-939153@51-935606,0.html


Suicides chez Renault : Que se passe-t-il donc à Guyancourt ?

La question qui se pose à la lecture de l'article qui suit concerne tous les groupes sociaux dans leur ensemble : peut-on pénaliser un groupe ou son dirigeant pour le suicide de l'un de ses membres ? A plus forte raison 3 suicides en 4 mois…

Un seul suicide a conduit le responsable du groupe Néophare, à Nantes, à être condamné à 3 ans de prison avec sursis. Il a également sonné le glas de ce mouvement spirituel. Pourquoi ? Parce que des associations anti-sectes financées par l'Etat se sont emparées de l'affaire afin de justifier leur existence et leurs subventions, tandis que deux députés ambitieux avaient réussi à faire voter une loi portant leurs noms.

Avec la loi About-Picard, qui condamne les minorités spirituelles accusées d'abus de faiblesse sur leurs adeptes pouvant conduire ceux-ci au suicide, le Parlement a jugé utile de voter une loi d'exception en stigmatisant un groupe particulier. Mais en quoi un suicide dans une minorité spirituelle serait-il plus le fait du groupe ou de son dirigeant qu'un suicide dans n'importe quel autre groupe humain ?

Les syndicats de travailleurs chez Renault font état de conditions de travail harassantes, justifiant la création d'un " observatoire du stress ". En contraste, les minorités spirituelles semblent souvent jouir d'un quotient élevé de membres satisfaits et décidés à maintenir leur présence au sein du groupe qui les aide à retrouver un sens à leur vie. Les quelques rares témoignages d'apostats ne pèsent pas lourd dans la balance et ne suffisent pas à justifier la campagne de diffamation dont ces mouvements sont la cible depuis plus de 20 ans.

Voyons si le Tribunal, au contraire des affaires de "sectes", approuve les arguments de la direction de Renault pour qui "Ce n'est pas parce que nous vivons cette crise de mal vivre avec trois suicides qu'il faut tirer à boulets rouges sur toute la politique sociale de Renault ", ou si c'est la plainte des travailleurs disant subir des conditions de travail inhumaines qui est reçue.

Un vrai débat de société, dont l'issue devrait mettre les affaires similaires dans les minorités spirituelles en perspective. Qui est responsable d'un suicide ? Son auteur ? Son entourage ? Des facteurs qui ne peuvent pas être contrôlés ? Un peu de tout cela ? Et dans ce cas, doit-on condamner quelqu'un pour cela ?

Ce sujet, comme d'autres rattachés à la question des minorités spirituelles, devrait permettre à notre société de sortir du traitement superficiel et grossier des grandes questions humaines.


21 février - PARIS (AFP) - Longtemps cité comme modèle social, Renault se voit aujourd'hui montré du doigt après le troisième suicide d'un salarié de son Technocentre de Guyancourt (Yvelines), qui a conduit le Parquet de Versailles à ouvrir une "enquête pénale" sur les conditions de travail.

Le "troisième suicide" en quatre mois d'un salarié du Technocentre "nous pose beaucoup d'interrogations et renvoie chacun à sa part de responsabilité" a déclaré mardi à l'AFP la direction du groupe.

Raymond D., 38 ans, a été découvert pendu, vendredi à son domicile de Saint-Cyr-l'Ecole (Yvelines) où a été retrouvée une lettre dans laquelle il évoquait ses difficultés au travail. Son décès est intervenu trois semaines après la marche silencieuse de salariés de ce technocentre, en hommage à deux de leurs collègues qui se sont suicidés en octobre et janvier derniers sur le site même de Guyancourt.

Le Parquet de Versailles a ouvert "une enquête pénale pour vérifier les conditions de travail" au vu de la lettre laissée par le suicidé, a indiqué une source judiciaire.

L'enquête entend rechercher d'éventuelles infractions (comme le harcèlement moral) liées à la mort du salarié, a précisé le Parquet.

Les trois victimes avaient en commun de travailler, dans "la Ruche", bâtiment principal ultra moderne du Technocentre, sur les projets de conception de nouveaux modèles Renault, a indiqué le syndicat CGT.

(...) Un "plan" pour doper les ventes qui consiste à lancer 26 modèles, dont 13 nouveautés, d'ici 2009 comme annoncé en février 2006 par le PDG, Carlos Ghosn.

D'où des conditions de travail entraînant un certain "mal vivre" dans l'entreprise comme l'a affirmé à l'AFP, Jean Hotebourg, membre CGT au Conseil supérieur de prévention des risques professionnels.

Selon lui, ces suicides "doivent être considérés au même titre que des accidents du travail", les trois victimes ayant fait l'objet de critiques pour leur travail, devant des collègues. Les deux premiers employés se sont donné la mort dans l'entreprise, l'un en se jetant du 5ème étage, le second s'est noyé dans un étang proche du bâtiment (La Ruche).

Ce salarié avait quitté son poste de travail "en laissant ostensiblement sur son écran d'ordinateur le résumé de son entretien avec la hiérarchie", a précisé M. Hotebourg.

Pour le syndicaliste, le "harcèlement" de la hiérarchie serait "la goutte d'eau" qui a fait basculer les trois victimes, d'autant a-t-il affirmé qu'une nouvelle méthode "a cours dans l'entreprise qui consiste à faire des observations au salarié en présence de ses collègues".

(…) "Ce n'est pas parce que nous vivons cette crise de mal vivre au Technocentre avec 3 suicides qu'il faut tirer à boulets rouges sur toute la politique sociale de Renault" a conclu la direction.

La CFDT Renault a dénoncé, elle, le "décalage entre le discours de la direction et la réalité vécue des salariés".

Source : http://actualite.aol.fr/

Suicides à France Télécom - Déjà 17 cas en 2009

Isabelle Horlans, le lundi 18 mai 2009 à 04:00

L’Observatoire du stress s’inquiète des conditions de travail à France Télécom où l’on recense 17 suicides ou tentatives depuis quinze mois.

Il y a quinze jours, Sophie (*), 42 ans, s’est tuée à son domicile en Ile-de-France. La jeune femme, cadre à France Télécom, ne supportait plus ses conditions de travail. Sa famille est certaine qu’elle n’avait aucun autre souci. Sa hiérarchie préfère parler de « drame personnel », sans cependant minimiser la tragédie car c’est une de plus, une de trop. En l’espace de quinze mois, dix-sept salariés de l’entreprise ont tenté de mourir, commettant un geste désespéré qui a été fatal à huit d’entre eux. Dans l’interview qu’il nous a accordée, Laurent Zylberberg, directeur des relations sociales, admet que « c’est un signal », que l’entreprise a « nécessairement un sentiment d’implication ».

A l’Observatoire du stress de France Télécom (FT), créé en 2007 pour analyser les causes de la souffrance au travail, et y remédier, Jacques juge le phénomène « inquiétant » : « Nous en avons assez de compter les personnes décédées et d’entendre toujours le même discours à FT, du style “est-ce qu’il n’était pas alcoolique”, “malade”, ou “en instance de divorce” ? La direction cherche sans cesse un motif personnel pour fuir ses responsabilités. Certes, il peut y avoir débat. Même si nous étions juges, nous aurions du mal à statuer : les causes d’un suicide s’entremêlent parfois. Mais certains gestes sont indéniablement liés au boulot, et la hiérarchie le sait ! »

http://www.francesoir.fr/enquete/2009/05/18/suicides-france-telecom.html   

Extrait du 20 h sur TF1 - 20 mai 2009 :

« Que se passe-t-il chez France Telecom ? Le nombre de suicides ne cesse d'augmenter au sein du personnel. Les syndicats dénoncent des conditions qui se dégradent depuis la privatisation de l'entreprise publique. »

 « On voit que les suicides touchent une population particulière, des techniciens de 50 ans, en gros, qui ont subi une mobilité professionnelle. Ces changements professionnels aussi brutaux ont des conséquences psychosociales importantes et qui conduisent les gens à la dépression. »

« Seuls quelques employés passent à l'acte, la plupart sont poussés à la démission. »

Reprise de l'émission @arrêt sur images (extraits) l'émission "@arrêt sur image")es conditions de plus en plus dangereuses pour la santé mentale et physique des individus. de

Patrick Ackermann : « L'Observatoire du Stress de France Telecom existe depuis juin 2007. (...) Nous n'avons jamais titré sur une hécatombe à France Telecom, comme j'ai pu le voir dans les commentaires des articles de France-Soir sur Internet. Il y a un niveau de suicides que nous jugeons préoccupant »

Virginie Rolls : « Dans l'enquête que nous avons menée, nous nous rendions compte que non seulement l'entreprise mettait ça sur le dos de problèmes personnels, alors qu'aujourd'hui il y a quand même une série de facteurs qui permettent de définir le suicide dû à une souffrance au travail et non pas à une complication personnelle, mais l'entreprise envoyait aussi un certain nombre de mails, et je me demandais si c'était le cas aussi chez vous, pour dire : « Surtout, respecter l'intimité de ses personnes, n'en parlez pas, par respect pour la famille », ce qui est odieux et pousse évidemment les salariés à se sentir fautifs si tout d'un coup ils abordent un sujet qui, évidemment, relève de l'intime, et cela les prive de sortir du bois. »

Virginie Roëls : « C'est vrai qu'il est très compliqué d'identifier les vraies raisons et toutes les raisons d'un suicide, mais souvent, il y a aussi un facteur qui permet de les identifier, c'est quand les suicides ont lieu sur le lieu du travail et que les personnes ont laissé un mot par le salarié C'est souvent le cas, et on ne le dit pas. »

Danièle Linhart : « Il faut savoir quand même que France Telecom est probablement une des entreprises où le nombre de réformes, de restructurations (...) a été un des plus élevé. (…) On parle, en tant que sociologues, de désapprentissages massifs. Les gens perdent tous leurs repères professionnels, ils ne savent plus qui fait quoi, à qui on peut demander des conseils, ils ne connaissent plus leur hiérarchie, le réseau de collègues et tout est sans arrêt à recommencer. Cela crée un sentiment d'insécurité générale. Il faut toujours faire ses preuves, réapprendre, se réinsérer. Donc évidemment, pour les gens qui travaillent une heure périodes difficile dans leur vie... Et c'est le cas de tout le monde. le suicide est un cas extrême, ou des gens qui ont par ailleurs des épreuves sont acculés au travail à une telle situation qu'ils en arrivent... Mais qui n'est pas acculé dans sa vie à ce genre de situation ? France Telecom est un excellent exemple de situation à sécurisante. »

Reportage sur les centres d'appel (où un journaliste s'est fait employer et a filmé avec une caméra cachée) : « Une étude médicale récente nous apprend que dans les centres d'appels, un salarié sur trois est en état de détresse psychologique. En juillet 2007, la presse rapporte une tentative de suicide (chez SFR). »

« Avant de faire une caméra cachée, l'équipe a attendu un an et demi. On a demandé dans toutes les plates-formes téléphoniques à pouvoir y aller, on a fait toutes les démarches officielles au net, pour essayer d'avoir un intervenant, que ce soit dans les plates-formes téléphoniques ou les banques. les banques aussi, un refus de tournage total. »

 « La Direction de Pôle Emploi n'a rien à dire sur ce sujet. Pour eux, c'est toujours la même réponse : ces suicides sont liés à des contextes personnels. Cette réponse n'est pas totalement fausse puisqu'à partir du moment où il y a suicide, il y a évidemment une conjonction de causes. Ce n'est pas l'entreprise qui pousse les gens au suicide, ce sont les méthodes de travail. »

 « Les gens de France Telecom pouvaient aller sur un site pour remplir un dossier, on a eu la faiblesse de contacter la direction pour dire : « On aimerait bien que vous assuriez l'ouverture des connexions Internet depuis France Telecom vers ce site-là pour l'enquête ». Une heure après, c'était terminé. Cela fait un an et demi que, maintenant, le site de l'observatoire du stress est interdit d'accès pour les gens de France Telecom. Les gens, depuis leur position de travail, ne peuvent pas accéder au site de l'Observatoire. Ils peuvent y aller de chez eux, et c'est pour ça qu'on a eu quand même des réponses, mais c'est pour vous dire à quel point il y a une volonté de refuser de concert un peu thermomètre d'avoir des chiffres fiables. »

Danièle Linhart : « Selon Christophe Dejour, ceux qui se suicident sont ceux qui sont le plus investi dans leur travail, ce qui cherche à faire bien leur travail et qui s'investissent énormément. Sinon, ce qui frappe dans les entreprises (...) est que les gens sont extrêmement isolés dans leur travail. Depuis 25 ans, les entreprises et le management moderniste a systématiquement individualisé et atomisé la relation de chaque salarié à son travail. »

Suivent des témoignages sur les nouvelles conditions de travail où tout est fait pour que le salarié ne soit jamais sûr de rien. Il faut toujours faire preuve de ses capacités pour garder sa place. Les open spaces font qu’il n’y a plus aucune intimité, tout le monde est toujours sous le regard de tout le monde.

Pour être bon, il faut toujours être sur la brèche. « Regardez Sarkozy, il court tout le temps ! »

Virginie Roëls : « Deux sujets ne sont jamais abordés. C’est la responsabilité de l’entreprise, d’un point de vue juridique. Dans un CHSCT, à partir du moment au il y a mis en danger d’un salarié, même d’un point de vue est issu de ce psychique, c’est l’entreprise irresponsable. La Commissions lancée l’an dernier sur la question par le Ministère de la santé n’a jamais abordé la responsabilité de l’entreprise.

Aujourd’hui, toutes les personnes en souffrance, c’est la sécurité sociale qui paye, ce n’est pas l’entreprise. C’est pour ça que ne s’en préoccupe pas. Il s’agit vraiment d’une question de société dont l’État doit se saisir. »

Ils mentionnent également la dureté de l’opinion publique à l’égard des drames dus à la souffrance au travail, et l’imputent à l’individualisation.

Danièle Linhart : « Les directions considèrent que c’est gravissime d’avoir des suicides d’entreprise, dont elles prennent très au sérieux. Cela peut aller jusqu’à demander au CHSCT de faire la traque pour voir quels sont les personnes en fragilité ou en difficulté, qui seraient susceptibles de se suicider. Et d’aller les repérer pour les sortir, soit les mettre dans des postes moins stressants quand il y en a, soit de les accompagner or de l’entreprise. C’est le réel danger de faire une sélection de ceux qu’on pense capables de résister à des conditions de plus en plus dangereuses pour la santé mentale et physique des individus. »

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1978 (sur abonnement) 

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