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Assises : quinze ans de prison pour le meurtre de son épouse

Une nouvelle affaire de conflit conjugal où la défense tente d'excuser le geste du meurtrier ou tout au moins d'atténuer sa responsabilité en invoquant l'appartenance de la victime à un mouvement spirituel minoritaire, les Témoins de Jéhovah.

Il la frappait, elle voulait le quitter après s'être convertie aux Témoins de Jéhovah. Un coup de fusil et cinq ou six coups de sabre ont valu quinze ans de réclusion criminelle à Michel Mereatu.

Si Julia Aramoto, épouse Mereatu, n'avait pas embrassé la religion des Témoins de Jéhovah, son meurtre, commis le 16 octobre 2005 à la tribu de Tchamba à Ponérihouen, aurait été rajouté à la longue liste des violences dont sont victimes les femmes de Brousse. Et le procès d'assises de son mari n'aurait été qu'une page de plus dans la chronique des femmes martyrisées dans ce pays.

Pourtant, c'est bien l'appartenance de la victime à cette religion considérée comme très contraignante, voire sectaire, qui a occupé une bonne partie des débats hier aux assises à Nouméa.

(...)

" Dépressif et coléreux "

" Mon père était dépressif et coléreux ", est venue expliquer Christine, une des filles du couple, elle aussi témoin de Jéhovah. Elle refuse de faire un lien direct entre cette religion et le drame. Mais reconnaît tout de même que sa mère était " devenue plus intransigeante. Il buvait. Il était donc dans le péché, et on ne doit pas avoir de relations sexuelles avec un mari en état de péché ".

Pour son frère Johnny qui lui, n'est pas témoin de Jéhovah, pas de doute : " Toutes leurs disputes, c'était à cause de la religion. Le pasteur montait la tête de ma mère. " Bref, Johnny en veut à son père, mais lui reconnaît des excuses.

(...)

Face aux jurés

o Hervé Ansquer, accusation : " Il l'a tuée parce qu'elle ne voulait plus plier "

" Dans ce dossier, on a vu des témoins reprocher deux choses à la victime : le fait que Julia se soit engagée chez les Témoins de Jéhovah, et sa volonté de quitter son mari. Mais il n'y a là aucune faute. On peut penser ce qu'on veut des Témoins de Jéhovah, qualifiés de secte par certaine commission, mais ils prônent la sobriété, la fidélité conjugale et assurent le contrôle social étroit de leurs membres. Leur succès en tribu vient aussi de l'écoute attentive et de l'aide qu'ils portent aux femmes battues.

" Et c'est exactement ce qu'était Julia. Une femme battue qui a trouvé refuge et protection dans une religion. Quand Michel Mereatu a compris que son épouse allait lui échapper, qu'elle ne se plierait plus à sa volonté, il l'a tuée. Je requiers vingt années de réclusion criminelle à son encontre. "

o Jean-Jacques Deswarte, défense : " Religion en rupture avec les tribus "

" Vingt ans, c'est la peine pour un tueur à gage, ou un meurtre commis de sang-froid. Michel Mereatu, lui, a réagi avec sa culture, son peu d'intelligence, à une situation totalement contraire à sa culture.

(...) Michel Mereatu a commis l'irréparable. Il doit être condamné pour ça. Mais pour ce qu'il est, dans le contexte de sa tribu. Pas comme un tueur de sang-froid. "

Ph.F.

http://www.info.lnc.nc/caledonie/20070328.LNC5503.html

Lire un autre cas de caution implicite du meurtre de la part des médias : Affaire n°2 sur http://www.cicns.net/ADFI2.htm

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