Le Sénat propose des mesures pour sauver la presse quotidienne
Le Sénat, et les médias, ne semblent pas réaliser que
le problème majeur de la presse d'information est qu'elle
n'informe pas assez bien.
LE MONDE | 10.10.07 | 15h27 o Mis à jour le 10.10.07 | 15h27 Louis De Broissia, sénateur de Côte-d'Or (UMP), a présenté un rapport, mercredi 10 octobre, dont le titre - "Presse quotidienne d'information : chronique d'une mort annoncée" - traduit le malaise du secteur. Créé par la commission des affaires culturelles du Sénat, le 23 janvier, un groupe de travail a auditionné une vingtaine d'acteurs de la profession. "La presse quotidienne d'information politique et générale traverse une période difficile marquée par la désaffection de son lectorat, la baisse continue de ses recettes publicitaires et le maintien de coûts de production élevés", soulignent les sénateurs. Au terme de ses travaux, le groupe de travail propose "cinq pistes de réflexion tendant à favoriser la reconquête du lectorat, à faciliter la prise en main du produit presse par les jeunes générations, à accélérer l'entrée des entreprises de presse dans l'univers numérique et à conforter le statut des journalistes". (...) ...Autre enjeu, renouveler l'offre éditoriale. Les interlocuteurs de ce groupe de travail reprochent "à une presse quotidienne hexagonale de confondre trop souvent qualité avec élitisme, catastrophisme, partialité, voire impersonnalité". Il est aussi impératif de sensibiliser les jeunes générations. La commission propose aux classes des collèges l'accès aux quotidiens, aux élèves de seconde un abonnement à un titre de PQN de leur choix, et l'installation de points de vente dans les lycées. (...) LA PROFESSION SE PRÉCARISE Point névralgique, le groupe de travail préconise de "restaurer l'efficacité d'un réseau de diffusion littéralement sacrifié au cours des dix dernières années". Le Sénat propose de "redynamiser le portage" et de développer de points de vente spécialisés ou complémentaires. Mesures déjà initiées par les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP). Enfin, les marchands de journaux devraient être mieux rémunérés. Autre mesure de poids, le Sénat propose de changer la loi Bichet, qui date de 1947, et qui stipule que "le groupage et la distribution de plusieurs journaux et publications périodiques ne peuvent être assurés que par des sociétés coopératives de messageries de presse". Il convient enfin de conforter le statut du journaliste, profession qui se précarise, en intégrant les chartes éthiques et de déontologie dans les textes régissant la profession et d'inscrire la protection des sources dans le droit positif français, mesure annoncée par le garde des sceaux Pascal Clément, en 2006, mais qui n'a toujours pas été inscrite à l'ordre du jour parlementaire. Pascale Santi Article paru dans l'édition du 11.10.07. http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3236,36-965256@51-628863,0.html |
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